Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Angoisse et souvenirs

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Gabrielle Delacour
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Age et liens familiaux: 31 ans, soeur de Fleur Weasley, belle-soeur de Bill Weasley, tante de Victoire, et tant d'autres...
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MessageSujet: Angoisse et souvenirs   Mar 15 Jan - 21:45

[ Arrow Nous venons d'ici, Fleur s'est dirigée par et nous voici tous les deux ^^]

Gabrielle les avait fait transplaner devant Purge & Pionce Ltd, face à un mannequin déglingé qui devait être là pour faire fuir les clients. La rue n'était pas pleine, mais quelques Moldus se baladaient là, et les trois sorciers venaient d'apparaître de nulle part. Dangereux, ça... Très vite, Bill prit les choses en mains, lui qui connaissait le procédé de Ste Mangouste : il les fit passer par la vitrine, si rapidement que si quelqu'un avait vu quelque chose, il devait être en train de se convaincre qu'il avait rêvé. Lorsque la jeune française vit Ste Mangouste, pour la première fois depuis vingt ans, elle en fut autant émerveillée qu'à l'époque. Nulle trace de la rue, de la vitrine poisseuse, du mannequin affublé de frusques. Partout, des médicomages et des infirmières courraient. Les patients faisaient une longue queue qui devait se terminer sur un accueil, que Gabrielle ne pouvait pas voir. A sa gauche, quelques chaises étaient disposées pour les proches.
Fleur, qui jusque là s'était appuyée sur Bill, voulut se redresser. Elle se dirigea d'un pas sûr vers un comptoir derrière lequel s'agitaient des infirmières, qui l'emmenèrent aussitôt. Gabrielle se dressa sur la pointe des pieds pour la voir disparaître dans la foule, et, lorsqu'elle ne put plus apercevoir ne serait-ce qu'un éclat argenté, elle se tourna vers Bill. Après un sourire et un signe de tête en direction des chaises, elle alla s'asseoir, en vue d'une longue attente. Avisant une pile de magasines, qui trônait sur une table basse, comme dans une salle d'attente chez le dentiste, Gabrielle s'empara de Sorcière Hebdo et entama sa lecture. Après avoir tourné quelques pages, parcouru en travers divers articles, elle le rejeta là où elle l'avait pris, avec un soupir. Ses mains tremblaient d'angoisse. Quelques larmes séchées s'enracinaient sur ses joues, vestiges de son cauchemars, témoins de son passé turbulent. Et tout ce qu'elle trouva à dire pour briser le silence fut :

- Pfff ! Quelles futilités ! Je me demande qui peut bien lire ça...


Ces phrases, vides de sens, n'attendaient aucune réponse, et la jeune femme se plongea dans la contemplation de ces petites fourmis qui s'agitaient. Tantôt, une tâche blanche emmenait un patient ; de nouveaux flots de malades se déversaient par la vitrine. Ce spectacle qui, en temps ordinaire, aurait pu l'occuper des heures ne faisait que l'agacer. Combien de temps cela faisait-il que Fleur avait été emmenée ? Etait-ce grave ? Avait-elle vraiment la dragoncelle, comme elle l'avait supposé ? Et qu'était-ce, au juste, que cette maladie ?

Milles questions hantaient son esprit. Puis, spontannément, elle se tourna de nouveau vers Bill, et, prenant sa respiration, dit dans un souffle :

- Au fait... Je voulais vous remercier, Fleur et toi pour... Pour tout ce que vous avez fait pour moi.

Elle baissa la tête, avec l'expression d'un enfant penaud. Jugeant utile de s'expliquer, elle ajouta, relevant le visage et le regardant, de ses yeux parsemés d'étincelles d'or :

- Je veux dire... J'ai débarqué comme cela, sans prévenir, en vous demandant de m'héberger, et vous avez accepté sans hésitation, vous avez été compréhensifs et aimables...

Sa phrase se brisa. Elle ne savait plus exactement ce qu'elle voulait dire, où elle voulait en venir. Toujours est-il qu'elle avait voulu remercier Bill, et, même si ses paroles n'étaient peut-être pas très claires, c'était ce qu'elle avait fait. Mais elle sentait que son esprit voulait ajouter quelque chose, et sa bouche s'ouvrit pour parler.
Mais elle empêcha ses cordes vocales de fonctionner. La bouche encore entrouverte, à mi-chemin entre un poisson hors de l'eau et une moue de femme fatale, elle s'empêchait de parler. C'était un peu de honte, de colère envers elle-même, envers le monde extérieur. Un peu d'envie de tout enfouir, aussi, d'envoyer bouler le passer au fond de ses talons, et de l'y faire rester. Il n'y avait rien à tourmenter, dans ses pieds, alors que son coeur était si vulnérable...

Mais, d'un autre côté, elle aurait tant voulu, maintenant qu'elle avait enfin accepté son passé, le crier au monde, le confier à Bill. La rancoeur qui restait, tachant son âme, partirait petit à petit. Cela prendrait longtemps. Mais ce voyage en Angleterre, qui n'avait aucun but, aucune origine, avait fini par tourner en pèlerinage. Cette fameuse rancoeur, enfin, s'estompait. Bill en avait été la principale victime, et peut-être, sûrement, s'en était il rendu compte.

Mais comment formuler ça ? "Je t'en voulais de m'avoir sauvé la vie, mais, au fond, tu m'as rendu un fier service. J'te revaudrai ça". Pas très glorieux, n'est-ce pas ? Elle se tortilla sur sa chaise un instant. Sa crainte pour Fleur s'était un peu estompée, laissant place à de la gêne, mais aussi à une sensation agréable, qui ressemblait à du confort. Comme lorsqu'on est chez soi, heureux avec sa famille, au coin de la cheminée. Une chose que Gabrielle avait rarement connu, et un sentiment qu'elle n'aurait pu décrire.

Sa soif de faire éclater la vérité l'emporta sur sa honte, et c'est dans un murmure à peine audible qu'elle ajouta :

- Et merci aussi pour... Des choses plus anciennes...


Ses yeux se rivèrent dans ceux de son beau-frère. Son combat intérieur s'y était sûrement reflété, et son regard valait mieux que tous les aveux et les excuses du monde.

[Désolée, j't'ai fait intervenir au début pour faire avancer l'intro... Gabrielle ne se rappelant rien de Ste Mangouste, elle peut pas y entrer Razz]
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MessageSujet: Re: Angoisse et souvenirs   Mar 29 Jan - 17:00

Le dîner brulé et maintenant Fleur qui semblait victime de la Dragoncelle… Mais comment aurait-elle pu attraper cela ? Une question à laquelle Bill n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps puisque voila que Gabrielle les avait agrippés et les avait fait transplaner devant le magasin de Purge & Pionce Ltd. Malheureusement pour eux, la rue n’était pas déserte et quelques Moldus qui passaient par là avaient pu voir trois personnes débarquant de nulle part… En réflexe, Bill s’affaira à faire passer Fleur, Gabrielle et lui-même à travers la vitrine de sorte que si quelqu’un les avait vu, ce ne serait pour lui qu’une impression, rien de plus…

Après la rue, il n’y eut que l’atmosphère désinfectée de l’hôpital. Il y avait apparemment beaucoup de monde et Fleur ne semblait pas la seule victime de cette « dragoncelle »… Sa femme prit d’ailleurs les devants en se redressant pour se diriger vers le comptoir et finalement disparaître dans la foule, emmenée par les infirmières. Nul doute qu’ils n’auraient pas de nouvelles avant un petit moment, surtout si l’on considérait le nombre impressionnant de patients… Bill n’était pas allé souvent à Sainte Mangouste, et à dire vrai, ce n’était pas plus mal. Son regard croisa celui de Gabrielle et étant entendu qu’ils n’avaient rien d’autre à faire ici, ils se dirigèrent vers la salle d’attente pour prendre leur mal en patience.

Regardant Gabrielle s’installer sur une chaise et se saisir d’un journal avant de le feuilleter et finalement le reposer à son endroit d’origine en grommelant après ceux qui pouvaient lire ce genre de torchons…Bill, qui s’était adossé au mur, à côté de Gabrielle eut léger sourire mais ne dit rien, après tout sa belle-sœur n’attendait surement aucune réponse et William était légèrement anxieux… La maladie de sa femme était tout aussi subite qu’inattendue et il se demandait bien ce qui avait pu arriver… Lui aussi fixait le couloir où fourmillaient infirmières et médecins, slalomant entre les patients, avec l’espoir de revoir revenir Fleur, venir leur annoncer que cela n’était rien de grave et qu’ils pouvaient rentrer tranquillement à la maison pour dîner tranquillement en famille. Pourtant quelque chose lui intimait que cela ne se passerait pas comme ça et qu’il faudrait surement attendre bien longtemps avant d’avoir une quelconque réponse.

Puis soudain, alors qu’il avait le regard perdu dans le vague et les pensées ailleurs, Gabrielle se tourna vers lui et les remercia, Fleur et lui de ce qu’ils avaient fait pour elle. William tourna son regard vers elle et lui répondit avec un sourire, alors qu’elle s’expliquait, jugeant utile de les remercier pour l’avoir accueillie, avoir été compréhensifs et aimable. Bill répondit d’une voix douce, suffisamment fort pour que Gabrielle puisse entendre malgré le brouhaha constant :


« - Ce n’est rien… Après tout, tu es la sœur de Fleur et un peu la mienne aussi, enfin, disons que je te considère vraiment comme ma sœur, et c’est bien normal de t’accueillir quelque soit la situation. Je n’allais pas mettre un membre de ma famille à la porte tout de même ! »

Il avait finit sa phrase dans un deuxième sourire. Que ce soit pour Fleur, pour Ginny ou bien pour Gabrielle ou tout autre membre de la famille, William avait toujours un sourire, quelque soit ses états d’âmes ou la situation. Un sourire apportait toujours quelque chose, quelque soit l’instant, et faire la tête n’était pas dans les attributions de Bill, donc… Mais finalement, alors qu’il pensait en avoir fini avec les remerciements, Gabrielle rajouta un merci pour « des choses plus anciennes ». William fit immédiatement le lien et rien qu’à voir le regard de sa belle-sœur elle ne pouvait qu’être extrêmement sincère. William s’agenouilla alors pour se retrouver au niveau de Gabrielle et lui répondit :

« - Tu sais que tu vas finir par me faire rougir ? »

Il eut un sourire amusé et reprit plus sérieusement :

« - Je sais que ces années n’ont pas été facile pour toi et je m’en sens en grande partie coupable… J’aurai du venir plus tôt, mais on ne peut pas revenir sur le passé… Tu n’as pas à me remercier, comme je te l’ai dit, tu es ma sœur, et comme un frère je veille sur toi, c’est mon devoir. »

Son regard plongé dans le sien, il n’y avait rien d’autre dans la salle d’attente qu’elle et lui…
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Gabrielle Delacour
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MessageSujet: Re: Angoisse et souvenirs   Mer 30 Jan - 18:45

Gabrielle percevait bien l'anxiété de Bill, qui faisait écho à la sienne. Mais ils ne pouvaient rien faire plutôt qu'attendre, et scruter la foule en quête d'une chevelure d'argent. Après sa tentative vaine de le combler, le silence s'installa de nouveau. Elle se demanda si toutes ces personnes avaient la même maladie que Fleur, si c'était grave. Son regard erra le long des murs, détaillant les portraits affichés plutôt que les visages souffrants.

Tout d'abord émerveillée comme à l'époque par ce lieu enchanteur qu'était Ste Mangouste, elle se rappela qu'après tout, c'était un hôpital. Et comme tous les lieux de ce genre, cela faisait froid dans le dos. C'était un de ses endroits qui laisse une mauvaise impression derrière une façade prestigieuse ; du moins c'était ainsi que le percevait Gabrielle. On sentait qu'ici, on côtoyait la mort de près et que, lorsqu'on avait le malheur d'être allongé sur un de ces lits blancs, c'était un long flirt avec les ténèbres. Lorsque l'amour morbide l'emportait, un autre malade le remplaçait, et l'histoire recommençait. Sinon, on pouvait s'estimer heureux de revoir cette rue Moldue et cet affreux mannequin.

Peut-être ses pensées étaient elle altérées par son vécu. Avec un frisson, elle se revit à onze ans, alors qu'on voulait la soigner d'un mal qu'elle ne se reconnaissait pas. Le sourire de Bill la ramena à la réalité, l'arrachant à ce souvenir qu'elle aurait voulu ne pas avoir. Non, décidément, Ste Mangouste, malgré la magie du lieu, n'était pas un endroit pour elle.
Elle scruta le visage de son beau frère alors qu'il lui répondait, aimable et doux. Bien que les cicatrices aient disparu depuis longtemps grâce aux traitement magique qu'on lui avait fait subir, Gabrielle se surprit à imaginer qu'elles étaient toujours là. Si le visage de Bill avait été encore marqué... Cela lui aurait rappelé le passé. Voulait-elle vraiment de ces souvenirs ? Après tout, non, mieux valait un Bill rafistolé et souriant.
Elle essaya de se rappeler les traits qu'il avait, longtemps auparavant. Il était alors un jeune homme aux cheveux longs, et arborait la même boucle d'oreille qu'aujourd'hui. Elle avait neuf ans, et Fleur le dévorait des yeux. Qu'avait-elle pensé, à l'époque ? En avait-elle fait un ennemi dès le premier instant, épiant le regard de sa soeur ?

Elle ne parvenait plus à se rappeler. Tant mieux. Gabrielle haïssait les souvenirs.

Toujours était-il que cet ancien "coupable", celui qui avait enlevé sa soeur, celui qui avait ruiné sa vie, l'appelait « sa soeur ». Un sourire fleurit sur les lèvres de la jeune folle. C'était un ancien ennemi. Aujourd'hui, en cette heure, il était son frère. Peut-être était-ce l'angoisse qui les liait qui la poussait aux aveux et à la sentimentalité. Elle ne répondit rien, se contenta de le fixer, la tête levée vers lui qui était resté debout.

Elle eut un léger sursaut lorsqu'il s'agenouilla devant elle.
« - Tu sais que tu vas finir par me faire rougir ? »

Une phrase toute simple, si bête ! Il avait plongé son regard gris dans celui d'un bleu profond de Gabrielle. Et, plus que son sourire, plus que le fait qu'il la traite comme quelqu'un de sa famille, ce furent ces paroles qui lui firent détourner les yeux. Son regard se perdit dans l'immensité blanche de Ste Mangouste, ambué un instant. Prétextant de replacer derrière son oreille une mèche rebelle, elle s'essuya rapidement les yeux. Pourquoi pleurait-elle en cet instant ? En quoi cette phrase l'émouvait-elle ?

Lorsque, plus sérieux, il reprit, elle reporta lentement son attention sur lui. Comme il l'avait fait auparavant, elle replongea dans ses yeux, avec l'impression de tomber dans un trou sans fond. Etrangement, ce trou avait un nom. Il s'appelait souvenir, et elle tentait vainement de lui échapper.

Alors qu'il s'accusait, avouait ses remords, Gabrielle ouvrit la bouche, prête à l'interrompre. Mais déjà, il continuait. Lorsqu'enfin, elle eut l'impression qu'il avait terminé, elle s'autorisa à répondre, avec son éternel accent français.


- Oh, Bill... commença-t-elle dans un souffle, Tu n'as aucune raison de te sentir coupable, aucune. Si tu... si tu n'avais pas été là, je... Nous n'aurions pas cette conversation.

Elle reprit sa respiration, sans quitter son regard :

- Et si tu étais venu plus tôt, qu'est-ce que cela aurait changé ? Non, si quelqu'un doit avoir des remords, c'est moi. Moi, oui, je devrais avoir honte pour les vingts années que je t'ai fait subir. J'ai trente et un ans, Bill, trente et un, plus onze.

Elle reconnaissait s'être comportée comme une enfant. Comme l'enfant qu'elle avait été, sans doute. Mais, comme elle venait de le dire, ou plutôt de le penser à haute voix, elle avait trente et un ans, et il était temps, enfin, d'être mature.

- Il aura fallu vingt ans pour que je pardonne une faute qui n'a jamais existé. J'en suis désolée...

Elle ajouta, dans un souffle si bas qu'elle ne savait pas si elle l'avait prononcé ou seulement pensé, et si, dans le premier cas, Bill l'avait entendue.


- ... mon frère.


Dernière édition par le Sam 16 Fév - 16:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Angoisse et souvenirs   Lun 11 Fév - 20:17

Comment ne pas se sentir coupable lorsque vous savez qu’une jeune fille aurait pu vivre plus heureuse si vous étiez arrivé ne serait-ce que quelques secondes plus tôt ? Comment ne pas se maudire jour et nuit de ne pas avoir été plus prompt à réagir devant l’absence d’une jeune fille aux cheveux blonds ? Fleur lui avait souvent fait part de la situation de sa sœur et les remords le rongeaient souvent… Parfois ils l’empêchaient de dormir la nuit mais cela Fleur ne le savait pas. A vrai dire personne ne le savait, à part lui. C’était une sorte de punition qu’il s’infligeait à lui-même… Porter seul le fardeau de la culpabilité, l’idée d’avoir gâché l’enfance d’une jeune fille adorable.

Il y avait tant de choses à dire, tant de choses à rattraper… De l’eau avait coulé sous les ponts depuis mais tout était encore fort dans l’esprit de Bill, tout comme cela devait l’être dans celui de Gabrielle. Il était clair que le fait qu’ils soient tous les deux solidaires dans la situation actuelle était un moteur évident de leurs confessions et c’était pourquoi il avait enfin avoué combien il se sentait mal vis-à-vis d’elle, pourquoi aussi, implicitement, il faisait tout ce qu’il pouvait pour être un frère pour elle : simplement parce qu’il avait de nombreuses choses à rattraper et qu’elle était réellement une sœur pour lui, il ne manquait plus qu’une complicité qui, on pouvait l’espérer, viendrait peut-être…

Alors qu’il s’était agenouillé devant elle, s’essayant à un léger trait d’humour en lui disant qu’elle allait le faire rougir, leurs regards se plongèrent l’un dans l’autre. Finalement elle détourna les yeux… Avait-il dit quelque chose de travers ? Ou simplement de trop ? Il la regarda remettre une mèche en place et, à nouveau, leurs regards se croisèrent. Il lui avouait tout, son sentiment de culpabilité, celui de fraternité qu’il avait à son égard, tout… Il déballait son sac parce qu’il était venu le temps de parler. C’était à Gabrielle de décider de pardonner ou non, et il aurait très bien comprit qu’elle ne le fasse pas… Après tout, après lui avoir volé sa sœur, il lui avait volé sa vie…

Pourtant, pourtant… Pourtant ce n’est pas ce qu’il se passa… Non… Pas du tout. Contrairement à ce quoi il s’attendait, la réponse de Gabrielle, même si elle était parcourue de son logique, mais néanmoins typique, accent français, se voulait réconfortante. Lui expliquant qu’il n’avait pas à se sentir coupable car sans lui elle ne serait plus là pour parler avec lui. Un léger sourire apparut sur le visage de William… Ce qu’elle disait était vrai mais… Mais elle ne lui laissa pas le temps de la contredire, elle continua, lui expliquant que venir plus tôt n’aurait rien changé et que c’était à elle d’avoir des remords pour lui avoir infligé ces vingt années, de s’être comportée comme une enfant… Mais après tout ne l’était-elle pas à l’époque ? Il est vrai qu’ils avaient maintenant tous les deux grandis… Après tout, finalement, peut-être que tout cela n’était peut-être du qu’à eux deux, un manque de dialogue…

Et alors qu’elle rajoutait qu’elle était désolée d’avoir attendu vingt ans avant de s’en rendre compte, alors qu’elle souffla dans un murmure « mon frère »… Il l’a prit dans ses bras, la serrant doucement contre lui. Il n’y avait plus rien à dire, plus rien à entendre. Par ce geste il lui pardonnait tout, tout sans exception. A partir de ce jour ils arriveraient peut-être à vivre sans le poids des souvenirs passés… Et il la serra longuement dans ses bras. Se laissant aller à quelques larmes lui aussi, après tout, il n’y avait pas de mal à cela… Pleurer faisait du bien, et dans ce cas présent il s’agissait plus de larmes de joie qu’autre chose… Il desserra finalement son étreinte et lui offrit un grand et large sourire.


« - La seule chose que je regrette de ces vingt années, c’est de ne pas les avoir passées à plus te connaitre… »


[ C'est un peu court mais bon ^^" ]
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Gabrielle Delacour
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MessageSujet: Re: Angoisse et souvenirs   Sam 16 Fév - 23:26

C'étaient ses ennemis, mais ils avaient grandi avec elle. C'étaient ses adversaires mais ses compagnons d'infortune. C'étaient les lames qui sciaient son coeur et son âme, mais aussi ses meilleurs amis, son amour de toujours. Elle les haïssait, mais ils l'aimaient à la folie.
Aujourd'hui, Gabrielle combattait ses souvenirs. Ou plutôt non. Toute sa vie, elle les avait combattus. Aujourd'hui, elle les apprivoisait, pour enfin aller de concert avec eux. Elle pleurait, mais elle avait toujours pleuré. Ses larmes étaient les mêmes, filant sur sa joue, se perdant au coin de ses lèvres. Mais avec elles le temps avait passé et Gabrielle, intemporelle, était restée la même. Une enfant dans un corps grandissant, une enfant aux souvenirs trop lourds, ces souvenirs là qui se libéraient, enfin, aujourd'hui.

Il y avait eu, aussi, un certain ressentiment. Dirigé contre le monde entier, il s'était finalement focalisé sur Bill. Qui, à part arriver juste à temps pour la sauver alors que personne ne pensait à elle, n'avait absolument rien fait de mal. Qui, à cause d'elle, vivait sous le poids des reproches. Et le sourire qu'elle esquissait, ce sourire à la fois enfantin et rempli d'une sagesse vieille comme le monde, ce sourire qui venait égayer ses pleurs prouvait ce changement qui la bouleversait.

Car, après avoir prononcé les dernières paroles, Gabrielle s'était mise à pleurer sans retenue. Rien de nouveau jusqu'à présent. Seulement, elle se sentait libérée, enfin délivrée des chaînes de ces souvenirs. Ses yeux n'avaient pas quitté ceux de Bill. Son beau-frère, son frère. Au fond, y avait il réellement un ennemi caché derrière ce visage ? Les adversaires n'étaient ils pas ceux qui avaient feint de la réconforter, ceux qui l'accompagnaient depuis cette fameuse scène, ceux qui, chaque jour, ajoutaient un peu de leur poids sur ses épaules voûtées ? N'était-ce pas cette mémoire, la traîtresse, plutôt que cet homme, agenouillé devant elle avec son air bienveillant ?

Lorsqu'il la prit dans ses bras, Gabrielle, agitée de sanglots, se blottit contre lui. Attention aux mauvaises langues, elle cherchait juste un peu de réconfort et ce frère pouvait le lui offrir. Elle-même ne savait pas pourquoi elle pleurait. Cela pouvait être des larmes de bonheur, de délivrance, de... En fait, les larmes coulaient toutes seules tandis que tout ce qu'elle souhaitait était de sourire. Et, alors qu'elle se disait cela, le flot s'arrêta brusquement ; la dernière larme vint se perdre dans son cou, et, après la tempête, le calme s'installa.

La tête appuyée contre l'épaule de Bill, Gabrielle murmura, en français
"Merci", entre deux hoquets. Ce qu'elle remerciait, elle n'était pas sûre de le savoir. Elle était émue par cette scène, qui ne se serait sûrement pas déroulée s'ils n'avaient pas partagé la même angoisse. Elle voulait certainement le remercier pour lui avoir pardonné, ou pour lui accorder, aujourd'hui, ce réconfort fraternel. Elle répéta le même mot plusieurs fois, dans un murmure inaudible, sans même prendre la peine de traduire. Après tout, c'était universel, et si il ne comprenait pas le mot français, il en saisirait l'intention.

Puis, lorsque l'étreinte se desserra, Gabrielle, une main sur le bras de Bill, lui fit un pauvre sourire. Leurs regards se retrouvèrent, et de nouveau ne se quittèrent plus. Oui, après tout, ils ne se connaissaient pas vraiment. Et c'était en grande partie de sa faute. Cela avait certainement été volontaire, au fond, puisqu'elle l'accusait de lui avoir arraché sa soeur, gâché sa vie. Maintenant qu'elle pensait en toute liberté, libérée de l'entrave de ses souvenirs, elle se rendait compte à quel point ces accusations étaient futiles. Un reste de larme perlait toujours au coin de son oeil, et menaçait de dévaler la colline de sa joue.

- Oublions cela, alors, et disons-nous plutôt qu'il nous reste encore plusieurs années pour apprendre à se connaître...

Et Gabrielle détacha son regard bleu de celui de Bill, et reporta son attention sur ce qui l'entourait, comme si elle réalisait enfin qu'ils n'étaient pas seuls. Alors qu'une sorte de moue étirait ses lèvres, très proche d'un sourire serein et heureux, son regard se perdit dans la marée humaine.

Après tout, maintenant qu'elle y repensait, Bill n'avait à s'accuser de rien. Elle avait sûrement été prédestinée à être comme ça. Par "ça", elle entendait cette folie qu'on lui attribuait et qu'elle ne se reconnaissait pas. Mais il y avait des choses qu'elle savait...
Avant même de connaître Bill, avant même cet incident qui l'avait soi-disant transformée, on la disait "étrange". Déjà à cette époque elle était angoissée, terriblement inquiète et cela lui avait attribué un comportement étrange. Son imagination était si développée qu'on ne pouvait la laisser seule. Lorsqu'elle avait huit ans, par exemple, elle avait passé les vacances accrochées aux jupes de sa mère, ayant refusé d'aller chez sa grand-mère. Elle avait eu peur que quelque chose arrive à ses parents et sa soeur durant son absence. Elle ne pouvait aller seule quelque part, ou s'imaginait tout le long du trajet divers accidents, assassins cachés dans les coins d'ombre, voitures prêtes à l'écraser...
Mais ses peurs étaient moins pour elle-même que pour ses proches. Aujourd'hui encore, cela continuait. Cela pouvait la surprendre n'importe où, n'importe quand. Depuis toutes ces années, elle avait appris à maîtriser un peu ces horribles visions. Mais il n'empêchait qu'elle était vulnérable, encore, toujours.

Alors, peut-être était-ce cela, sa "folie" ? Peut-être l'accident l'avait-elle accentuée, affinée, encore.

Le problème étant que Gabrielle entendait les mots qu'on disait sur son passage, mais ne voyait rien de spécial dans son comportement. Elle voyait que, à la réaction de Bill, il pensait que le mariage l'avait changée. Mais elle ne voyait rien. Alors comment accepter et vivre avec cette folie si on ne la remarque pas ?

Elle s'ébroua soudainement, comme le ferait un chien, et son regard de nouveau plongea dans celui de Bill. Elle se posait trop de questions.
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