Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Sean Moriarty

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MessageSujet: Sean Moriarty   Dim 2 Déc - 21:33

Carte d'Identité

Nom : Moriarty
Prénom(s) : Sean
Âge : 29 ans
Jour et mois de naissance : 28 Mars
Etat civil :(Célibataire, marié, divorcé, veuf...) Célibataire
Adresse : Angleterre, Liverpool, 11 Wellon Street. ( Misérable deux pièces )
Profession : le poste que vous souhaitez occuper Il en trouvera un très bientôt, les entretiens d'embôches doivent être très sympa à jouer, surtout vu son CV.

Famille

Famille : Sang-mêlé
Père : Scott Moriarty, bureaucrate du ministère, gratte-papier.
Mère : Melinda Spiglott, Scott ne l'a jamais connu, il parrait qu'elle était artiste.
Frères et sœurs : [i] Fils unique

Autres membres de la famille : Chad, un très proche ami, père de substitution.

Ethnologie :

( J'ai pris la liberté de regrouper physique et caractère, ce n'est aps vraiment une descriptionmais sadonne une idée du personnage, remanier la répart dans sa totalité aurait été un calvers... )


Que restait-t'il de l'élégant jeune homme que je fus autrefois ? Que restait-t'il de ce type cool au look aussi banché que déjanté ?

Indéniablement je savais m'être laissé aller, imperceptiblement les années s'étaient envolées, emportant avec elles chaque fois une petite partie de mon être, un grain de folie, un souffle de vie. Esclave d'une routine casanière je m'empâtais un peu plus de jour en jour, ne sortant de mon sanctuaire seulement pour acheter quelques babioles, de quoi satisfaire mon appétit. Il m'arrivait, quand l'humeur m'en était grè, de passer mon temps dans les bars et autres pubs de Liverpool. Ce fut d'ailleurs au cours d'une de ces après midi pluvieuses, passée entre alcool et tabac, dans mon établissement favori " The Cellar ", que je pris conscience de la gravité de la situation. Confortablement assis sur un haut tabouret, accoudé au comptoir, je fus confronté au plus impartial des juges. Des coups j'en ai pris un paquet au long de ma vie, mais ce jour là, l'image de la personne que je vis au dela du comptoir, dans le vaste miroir qui tapissait le fond de la salle, manqua de me mettre K.O. Comme suite à une giffle des plus magistrales j'avais les idées troubles et à la fois si claires. Telle une punition j'affrontais mon reflet.

Une expression désabusée avait, semblait-il, chassé toute joie d'un visage que je reconnaissais à peine et qui pourtant était, et ce depuis toujours, le mien. Comme si je rencontrais un étranger je m'attardais et découvrais mon propre faciès. Un teint livide, blafard, faisait apparaître des traits figés dans un masque bien peu affable, ces derniers créaient même, à bien y regarder, l'illusion de quelques rides naissantes. Je n'étais pourtant pas vieux, pas encore merde ! Mon regard, d'ordinaire si éveillé, semblait comme éteint, habité d'une pâle lueur aux reflets bleutés. Qu'était-il advenu des deux perles couleur océan qui illuminaient jadis ce regard sinon deux points sombres où se lisaient les abysses. Interloqué je clignais des yeux à plusieurs reprises mais rien n'y fit, rien ne pouvait y faire... Du grand Sean Moriarty ne semblait demeurer plus qu'un fantôme.

Tout n'avait pourtant pas changé. Sous quelques aspects je reconnaissais le gamin révolté que je fus autrefois. Sur ma tête se dressaient encore, farouches et indisciplinés, de nombreux épis. A la belle époque il m'arrivait de décoiffer encore un peu plus le tout, depuis combien de temps n'avais-je pas coiffé mes cheveux ? Acheté un pot de gel ? Loin d'être rasé de près je percevais malgrè les années les vestiges du gosse rebelle qui m'accompagna si longtemps. Fort de ce constat je me levai, redressai la tête pour mieux me découvrir dans la glace. De nombreuses années de flânerie n'avait pas tout changé. Agréablement surpris je constatais le caractère toujours aussi svelte et athlétique de ma silouhette. Certes je n'en n'avais jamais imposé par ma carrure, pas très haut, pas très costaud, mais la nonchalance qui m'avait assistée dans le moindre de mes actes ces dernières années n'avait apparemment rien altéré de mon corps, Merlin merci. Pour la première fois depuis peut être deux ans je me vis et me sentis sourire.

Le barman éclata de rire. Ah ce vieux Chad, lui non plus ne devait pas m'avoir vu ainsi depuis longtemps. Mais si seulement il m'avait vu de mes yeux ! Un présentiment, une intuition me saisit ce jour, un nouveau départ s'offrait à moi, une autre chance. J'écartai mon Whysky du comptoir, j'en avais tant bu que je m'étonnais de ne pas en être écoeuré. Un regard empli d'amour vers ma clope encore fumante, une dernière taffe, déterminé je l'écrasai dans un cendrier déjà rempli par mes soins. Arrêter serait dur mais constituait un mal nécessaire, j'avais conscience de cela et au combien de l'importance de ce geste symbolique.

Longtemps esclave de diverses addictions je devais briser cette dangereuse routine, sortir, cesser de rester enfermé au milieu des vestiges d'un passé glorieux et lointain. Récompenses, disques, posters, tout cela appartenait désormais au passé. Qu'ai je fait de ma vieille guitare ? Depuis quand n'a t'elle pas reçu la caresse de mes doigts ?

J'ai si honte...

Bien sûr tout ne serait pas comme avant, j'avais pourtant l'intime conviction qu'il me restait quelques fidèles, refaire surface ne m'apparaissait pas impossible, seulement difficile. Des images, des sensations, loin de moi les souvenirs de cet âge d'or...

Qu'il était bon d'entendre son nom scandé à l'unisson, le moindre de ses mots repris et chanté en coeur par une foule toujours plus ennivrante, entêtante et qui donnait à quiconque l'envie, la rage de chanter, crier et hurler des heures durantes. Mais moi, étais-je encore capable de transcender les corps ? De faire palpiter les coeurs ? Et une fois n'était pas coutûme ces deux dernières années je doutais... Moi qui avait eu un jour la réputation ne pas avoir froid aux yeux, ni au reste d'ailleurs, moi qui selon les critiques avait été un provocateur né, glorifié par le titre de, je cite, " gamin hirsute et complétement détraqué ", qui aurait pu deviner que j'allais sombrer si bas. Prétentieux, peut être trop fier et toujours plus avide je n'avais su guider ma carrière correctement, trop longtemps j'avais menti, trop longtemps je m'étais menti, méritais-je de renaitre de mes cendres pour à nouveau enflammer la pop sorcière ? J'en avais l'ardent désir et sentais déjà en mes entrailles naître un volcan, qui bientôt, je l'espérais , embraserait ma gorge et éveillerait en moi cette flamme moribonde mais bel et bien tenace qui avait le secret d'embraser les foules.

Je trouvai enfin le courage d'ôter mes yeux du miroir, un regard vers Chad, un soupir, volte face, je partis et espérais, au fond de mon être, revenir bien vite et voir, dans ce même miroir, un autre homme que celui que je vis aujourd'hui.

Je poussai la porte de mon triste appartement, jamais je n'avais réalisé à quel point il paraissait vide, aucune fantaisie, trois pièces d'une fadeur à écoeurer le plus enthousiaste des hommes, j'aimais pourtant tant les couleurs. Je n'avais pas le droit de m'apitoyer sur mon sort, jamais je ne l'aurais...


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MessageSujet: Re: Sean Moriarty   Dim 2 Déc - 21:37

Passé :

Comment ne pas être fier du chemin accompli, certes la gloire n'avait barété qu'éphémére, oui et puis ? Qu'est ce que cela peut bien vous foutre ? Aujourd'hui, à l'image d'un vieux meuble poussièreux, caché au fond d'une échoppe où tout semblait flambant neuf, je n'attirais plus le regard, n'éveillais plus la curiosité, j'étais devenu un pauvre type, peut être mon père. D'où je viens nous étions tous des pauvres types, paumés, déconnectés de la réalité ou tout simplement dans la galère. Des outs, que l'on avait pris soin de rejeter dans ces quelques bâtisses miteuses de la banlieue Ouest de Liverpool. Moldus et sorciers s'y côtoyaient, vivaient dans une harmonie des plus chaotique. L'image des brigadiers du ministère me chatouillais parfois encore l'esprit, les Oubliators connaissaient le quartier aussi bien que moi, les débordements magiques faisaient là bas partie intégrante du quotidien. Je grandis dans cette jungle clochardesque déchirée entre deux mondes, fils d'un métissage pour le moins banal mais tant enrichissant et qui aujourd'hui encore contribue à cette passion que j'entretiens depuis l'enfance pour nos voisins privés de pouvoirs. Ce faible équilibre m'est toujours apparu comme nécessaire, je ne commence qu'à peine à en saisir les nombreux mécanismes. Tous à égalité, moldus comme sorciers, les préoccupations de nos vieux étaient les mêmes, trouver ou garder un emploi, survivre.

Je ne connus pas ma mère, elle avait fuit la maison bien vite, m'abandonnant aux bras d'un père certes aimant mais bien trop occupé. De temps à autre il me parlait d'elle, à mots couverts, jamais il ne m'aurait dresser le tableau que je peint d'elle aujourd'hui : Une femme ambitieuse et égoïste. Je n'étais qu'un enfant et ce fut sans doutes pourquoi il resta à propos d'elle si longtemps dans le vague, me plongeant par la même, dans un trouble dont j'étais inquiet. La plus part des gosses du quartier avait encore leur mère, rarement leurs deux parents, enfin, rarement les deux mêmes... Les couples se faisaient et se défaisaient, pourtant, je n'ai pas le souvenir que mon vieux ait eu un jour quelques aventures. Scott Moriarty, mon père se nommait ainsi, je l'admirait et l'admire encore aujourd'hui, un brave type, comme son père. La famille, d'origine Écossaise, était au fil des siècles passée du grand large, ah la belle terre d'Amérique et ses promesses, à notre bien aimée terre d'Angleterre. La fortune ne nous sourit pas plus ici qu'elle ne l'avait fait là bas, sorcier accompli mon père avait été longtemps réduit à bosser dans un garage moldu, comme mécano... Un boulot épuisant, formé sur le tas il était hélas payé à la mesure de son talent, inutile de vous compter à quel point les premières années furent difficiles à vivre pour nous deux, enfin, plus pénible pour lui que pour moi, je n'étais qu'un gosse après tout. Un gamin inconscient qui comme s'il était invisible ne voyait qu'à peine le monde dans lequel il vivait. Je grandis dans le quartier, élevé par la rue et un père trop souvent absent, ce qui à l'époque m'avait parfois peiné. Mais aujourd'hui, comment lui en vouloir ? Non il ne m'avait pas abandonné, il s'était tout simplement usé jusqu'à l'os et même la moelle pour moi, trimant comme un chien sous quelques carcasses rouillées. Chaque année il me répétait que c'était la dernière, qu'il allait trouver mieux, qu'il allait nous sortir de là, de ce taudis... Je lui en voulais, ce taudis, ce trou à rats, c'était chez moi. J'avais mes habitudes, mes amis, un rien nous amusait. Avec émotion je me remémore parfois les interminables parties de football que l'on faisait sous les fenêtres de la mère Pillgrim, de toutes les conneries dont je fus l'auteur ou le commanditaire, le spectateur parfois, de toutes ces emmerdes par mon inconscience créées. Le quartier se prêtait à merveille à tout ces jeux de gosses livrés à eux même, attirer des ennuis à mon pauvre père n'était pas une finalité, hélas à l'époque cela s'était souvent avéré une fatalité...

Onze années de ma vie s'écoulèrent au fil de mes rires et de mes incessantes pitreries. Je n'allais que très peu à l'école, à vrai dire, mes potes et moi n'y allons que quand l'ennui nous saisissait au point de n'avoir rien d'autre à faire que d'apprendre. Mon vieux n'aimait pas ça, plus je grandissais et plus je me rendais compte de sa passion pour l'éducation, il ne cessait de me dire que j'étais brillant, intelligent, que je devais aller à l'école, lui n'avait aps eu cette chance. J'acquiessais d'un signe de tête, j'y retournais quelques temps, j'aimais lui faire plaisir, mais l'appel de la rue était plus fort. J'aimais apprendre, j'étais un petit gars curieux, mais les discours de mes professeurs ne me correspondaient pas, fine bouche je n'étais pas friand de ce genre de connaissances et regrette aujourd'hui de m'être payé ce luxe auquel personne n'avait droit. A l'âge de dix ans je reçut de mon père sa vieille guitare, je n'avais pas idée à quel point ce geste de sa part allait changer ma vie. Certains soirs, quand il n'était pas ivre ou exténué, il lui arrivait d'en jouer, quelques airs paisibles quand la lune était pleine, des morceaux endiablés quand il contemplait les nombreuses étoiles. Je rejoue parfois la douce mélodie qu'il m'apprit, j'aimais ces moments...

Par une chaude journée d'été arriva une lettre du ministère, différente de celles des services sociaux moldus. Je me souviens d'ailleurs, et c'est étrange, que ce fut un drôle d'hiboux qui l'apporta sur notre table. A l'époque je n'avais conscience d'être " vraiment " différent que depuis quelques années, j'étais un sorcier, mais en ce qui me concernait, j'étais comme les autres gosses de mon quartier, un gamin : point barre. Je ne dis pourtant jamais rien, les interventions de la brigade du ministère m'amusaient beaucoup. Un jour me semble-t'il je m'étais même promis de faire ce métier, quel con ! Mon père avait de son air le plus sérieux pris connaissance de la missive, il s'en doutait surement, je devais être scolarisé, et si pour l'Etat moldu je n'étais qu'un gosse de la rue, les sorciers eux entendaient bien m'arracher de la médiocrité dans laquelle je m'épanouissais depuis toujours. Je fus envoyé à Poudlard au plus grand bonheur de mon vieux, moi, je m'en foutais. L'internat fut une expérience horrible, l'autorité des adultes et les règles trop strictes de l'établissement m'exaspéraient, je ne comprenais pas, j'étais là bas perdu. A l'image un oiseau dans une vaste cage les premières semaines, les premiers mois, se découpèrent en une succesion de journées tristes et merveilleuses, je découvrais mon nouveau domaine, apprenais la magie. Mais bien vite cette cage me parut trop petite et s'il m'était arrivé de chanter entre les épais murs du collège je n'en avais souvent eu plus le coeur. Ma guitare m'accompagna dans mon périple, comment tuer le temps sans elle ? Je n'attendais rien de mes professeurs, je les écoutais, il m'écoutait, l'essentiel était là. L'un comme l'autre nous savions que les études ne se prêtaient pas à mon tempérament, pour certains j'étais un idiot fini, pour d'autres un poète, moi je me voyais faire n'importe quoi, n'importe où, ailleurs, loin d'ici. Je restais à Poudlard les petites vacances, l'école se nommait ainsi. Mon père n'avait pas les moyens de me payer un billet de train à chacunes d'elles, tampis, je fis avec. Ce fut ainsi les trois premières années, long, pénible, douloureux parfois, je n'attendais que le jour où, diplômes en main, je quitterai ce lieu damné, cette prison. A l'âge de 15 ans j'écrivis une ébauche de chanson, elle parlait de moi, quelques paroles me reviennent de temps à autre avec émotion. Je serai artiste, j'en étais désormais certains et ne me trompais pas...

Une année de plus s'était écoulée au son des cordes de ma gratte et de quelques paroles chantonnées. Je muais, avait l'impression de ne plus rien contrôler, ça sonnait mal, ça sonnait faux et pourtant, cette mélodie nasillarde aux accents barbares me captivait. Une lettre était arrivée une semaine auparavant, mon vieux avait enfin quitté le garage, un poste s'était libéré au ministère, maintenant il classait des dossiers, toute la journée. Une chaude soirée de printemps, je me souviens m'être hissé au sommet de la colline surplombant le parc et la forêt, elle surplombait le parc, les plaines, le lac proche du château scintillait sous les rayons de la lune. Plus que jamais j'étais inspiré, je jouais, jouais et jouais encore, seul j'étais bien. Au dela du lac scintillant, c'était la nuit et au dela de la nuit, c'était le continent, la ville, Londres ! Il fallait que je parte. Je partis.

Un sac sur le dos, ma guitare sous le coude, je me fis la malle. J'y avais songé tant et tant de fois, tant et tant de nuit, que ce soir là mes jambes me portèrent en dehors de l'enceinte de l'école comme si elles avaient fait le chemin des milliers de fois déjà. Libre, j'étais libre, et dans la nuit je souriais. J'échappai aux Aspics, dans quelques mois je serais majeur, je me fouttais de tout. En stop je rejoins Leeds, puis Liverpool. Un sourire me revient parfois quand je repense à tout ça. De retour au quartier je poussai la porte de l'appart', il était là, assis près de la table de la cuisine, si ma mémoire ne me trompe pas je crois même qu'il épluchait quelques patates. Il se leva, je posai mon sac, il m'en colla une. Je m'en frotte encore la joue. Souvenirs, souvenirs...

Je ne fus pas obligé retourner à Poudlard, je ne voulais de toute façon pas y aller, je n'avais rien à faire là bas. Cette fin d'année fut peut être l'un des moments les plus heureux de ma vie, je retrouvais les potes du quartier, on parlait, riait, je commençais à m'intéresser aux filles, il était temps. Mon vieux avait arrêté de boire, il était devenu quelqu'un, il le disait souvent. Ce poste au ministère le changea, il était plus présent, le soir on parlait, la guitare passant d'une main à l'autre, c'était sympa. On déménagea à la fin de l'été, deux pâtés d'immeubles plus loin, un quartier plus fréquentable selon mon père, je m'en foutais toujours, mes potes je les revoyaient quand même. Deux annèes passèrent sans que je ne foute rien sinon glander. Je jouais de la gratte et chantait à longueur de journée, mon père aimait ça, j'aimais ça, les filles aimaient ça. Tout allait pour le mieux. Ce fut à cette époque que je fis la connaissance de Sal et Stephen Paradise, deux frères jumeaux qui depuis Manchester avaient roulé leur bosse jusqu'ici, ils avaient mon âge, je les aimais bien, ils étaient cools. On traina longtemps ensemble, ils louaient un petit studio en ville et gagnaient leur croûte en bossant dans les bars. On aimait la musique, ils avaient longtemps joué dans leur collège, Sal était doué au piano et Stephen se disait habile à la batterie, on rêvait souvent, un jour on formerait un groupe, un jour on quitterait notre trou pourri, un jour le monde serait à nos pieds. On était jeune, on était fou et on rêvait peut être, mais qui n'avait jamais rêvé ? Les rêves étaient le début de toute chose, l'avenir en fut la preuve.


Sal décrocha un soir une opportunité dans le Ritzy's Bar, au lieu d'essuyer la vaisselle ce soir il serait au piano, son frangin aurait une batterie et moi, moi j'aurais ma fidèle guitare et devrait chanter. Un groupe s'était décommandé, la soirée était importante, la salle serait comble, et le gérant n'avait trouver personne pour faire la première partie des célèbres Iron Maiden. Dans ce qui à l'époque nous parut un éclair de folie Sal avait certifié au vieux Sean Ritzy qu'il était membre d'un groupe, qu'on était dispo, l'autre n'avait pas le choix, il nous prit. Sal est un génie. On se pointa aux alentours de vingt et une heure, il y avait du monde, on récuppéra Stephen en cuisine, il fallait qu'on se prépare un minimum, quelle folie, on allait devoir tenir trente minutes, improviser. Les deux paradise n'avaient pas touché à leurs instruments souvent ces derniers mois, de temps en temps, après le service, avant la fermeture. On était paniqué, j'en rit peut être aujourd'hui mais à l'époque j'en menais pas large, pourtant je tirais les deux autres, on se montait tout trois le bourrichon, on allait mettre le feu, Yeah ! Sean arriva dégoulinant de sueur, c'était à nous, on montait les quelques marches de l'estrade, prêt à bondir sur scène, il me retint par le bras. Il devait nous annoncer, il me demanda le nom de notre groupe, je restais con, on avait pas de groupe, on avait pas de nom, on en avait jamais parlé. De nombreuses idées toutes plus stupides les unes que les autres fusaient en mon esprit surexcité. Sal me faisait signe de me grouiller, baguette sur la gorge, prêt à hurler ce que je lui dirai, la voix amplifiée par une formule, Sean me suppliait du regard. Stephen me jeta un coup d'oeil anxieux, on flippait, il avait cuit des poulets toute la soirée, j'empoignai la baguette de Ritzy comme s'il s'agissait d'un micro et hurlait : " Et maintenant, les Atomics Chickens ! " Un murmure impatient et quelques cris saluèrent mon annonce, il ne restait plus qu'à assurer.


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MessageSujet: Re: Sean Moriarty   Dim 2 Déc - 21:39

On eut raison d'y croire, de rêver, car à partir de ce jour tout se passa comme dans un rêve. Nous nous accordâmes parfaitement, déversant une pluie de note incessante, le tout accompagné d'une mélodie obsédante, pardonnez-moi l'expression mais, il fallait le dire, on ne se sentait plus. Je me sentis pousser des ailes, j'étais grand, j'étais haut, j'aimais ce que je faisais, j'étais moi, simplement. Cette soirée là j'avais tant hurlé, je m'étais tant époumonné, répétant parfois pendant de longues minutes les mêmes paroles incensées mais si ennivrantes ! Notre carrière décolla, le public avait apprécié la prestation, les Iron Maiden aussi, ils nous amenèrent à Londres. Moins d'une semaine après cette soirée dont les moindres détails demeurent encore en mon esprit, nous étions des rois. J'avais bien vite troqué mes habits bon marchés contre quelques tenues chics et branchées, des trucs bizarres, bariolés, Sal et Stephen en firent de même, on aimait ce genre de look. La presse disait à notre propos qu'on était tarès, un groupe de déjantés, et que, pour le plus grand bonheur de la pop sorcière, notre état était contagieux. Le soir je me baladais dans les rues de la capitale, une blonde bien fringuée et mignonne au bras, on parlait de moi, de nous, les Atomics Chickens se faisaient leur place sur le devant de la scène, on avait à peine dix neuf ans et on voyait Londres déjà à nos pieds. De bars en bars, de pubs en pubs, en passant par de nombreux cabarets on rassemblait les foules, trois mois après notre arrivée en ville nous nous dégotions un agent, Mr Krowley. Je n'aimais pas trop ce genre de type, déterminé, ambitieux, parfois cachotier, je pense qu'il a pas mal magouillé dans notre dos, tout était comme ça dans le milieu, louche mais merveilleux, il suffisait de ne pas prêter attention à l'envers du décor. Ce gugus nous promettait la gloire, nous décrivait dans les moindres détails ce à quoi ressemblerait nos premiers concerts. Nous remplissant les yeux d'étoiles il s'immissait cependant dans notre monde, bons ou mauvais conseils on buvait ses paroles. Tout était allé si vite, nous surfions sur la vague de notre popularité, toujours plus grande, toujours plus haute, on se sentait bien. Sal troqua le piano contre un synthétiseur dont les sons étaient altérés par magie, un bijou d'instrument, Stephen garda la batterie, les sons seraient eux aussi amplifiés par magie, et moi, moi j'abandonnais ma vieille gratte pour une magnifique guitare. Ainsi nous fûmes à même d'envoyer un florilège de notes capable d'hypnotiser tout public dès les premières minutes. Notre musique s'inspirait du rock moldu, nous avions grandi au son des plus grands, des gars géniaux qu'écoutaient nos parents... Mais nous y ajoutions notre fureur de vivre, notre joie, notre envie, les rythmes étaient plus déjantés, désordonnés. J'adorais les dissonnances, bien placées dans un refrain, habilement glissées en fin de couplet elle donnait un souffle nouveau à notre art, notre originalité, ce qui, à mon sens, avait fait en sorte à l'époque que nous sortîmes du lot. A l'âge de vingt ans nous remplissions nos premières salles, tout semblait encore relever du domaine du rêve, nous en avions dumoins l'illusion...

Trois années s'écoulèrent, nous n'avions pas arrêté, deux tournées sur le royaume Uni, une brève escapade sur les terres d'Amérique, nous étions désormais riches, célèbres et... de plus en plus cons. Au cours de cette période j'avais même rencontré les Bizards Sisters, un autre groupe magique de ces années bénies, on se partageait amicalement la vedette, ils étaient cools, on s'aimait bien. Notre dernier album s'était écoulé à presque cent-trentre milliers d'exemplaires de par les pays anglophones, un succés dont nous réalisions à peine l'étendue, de notre petit nuage rien semblait pouvoir nous arriver, nous atteindre. De concert nous décidames alors de faire une pause, on l'avait bien mérité non ? Je ne regrette pas cette décision, un peu de recul ne pouvait qu'être bénéfique aux Chickens, cinq ans après l'effervessence de nos premiers succés nous étions encore tels des gosses, émerveillés, surexcités, naïfs et crédules, si crédules...

Ce fut l'hiver de mes vingt-quatre ans que je fit la connaissance de Marylou, une blondinette de Leeds dont je m'était amouraché bien vite. Comme beaucoup d'autres avant elle je la trouvais belle, elle m'était agréable mais, elle avait ce petit quelque chose de plus, comme une part de moi. Si elle ne me le dit jamais je découvris plus tard qu'elle avait grandi dans un bled à la faune hostile et étrange, un quartier comme le mien, une explication à ce coup de foudre ? On se comprenait, je lui offrait le monde, elle m'offrait le plaisir. Le plaisir de vivre, le plaisir d'aimer, le plaisir des choses simples. Avec émotion je ressens encore, quand je croise une jeunette qui lui resemble, le bien être d'un café partagé, d'une viennoiserie amoureusement croquée le long des Docks. Elle me rappela même l'existence de mon père, j'avais oublié que j'avais une famille, d'où je venais, qui j'étais...

Nous reprîmes la route, les concerts, les studios, partout où j'allais elle m'accompagnait, elle faisait au même titre que Krowley partie du groupe, je lui dédiai bien vite une chanson, la seule qui rencontra un réel succés pour ce troisième opus que nous réalisions. Un bide, loin de réaliser un carton on se planta, un poil en dessous, un poil en retard, la foule étouffait, nous avions oublié d'évoluer, de changer. Si nous avions un jour surfé sur la vague, dominant un vaste océan de fans, nous nous écrasâmes cette année là sur les récifs de nos erreurs. La première grosse claque que je pris dans ma carrière, la première...

Nous finîmes tant bien que mal la tournée, on annula pas mal de dates, limiter les dégats était devenu la priorité. Stephen commença à picoler, vite rejoins par Sal et moi même. Marylou elle me convertit à la cloppe, je fume encore aujourd'hui, quelle garce ! Je l'aimai. Semblable à une épave, à la dérive, les Atomics Chickens hibernèrent, ne sortant plus de leur confort. Les soirées branchées s'enchainaient, on faisait la fête, laissions les autres chanter pour nous. Un soir nous nous engueulions, le lendemain, nous nous retrouvions, soudés dans la misère comme dans la fortune, j'avais vraiment trouvé deux mecs sur qui je pouvais compter. Krowley sentit le vent tourner, cet espèce d'enfoiré nous lâcha juste avant les fêtes de Noël, un autre coup dur. Marylou tomba dans le piège de la drogue, cette saloperie la bouffa peu à peu, je ne m'en rendais qu'à peine compte, en y réfléchissant bien je me souviens ne pas avoir vallu mieux qu'elle. Déplumés, le bec dans la boue, nous sombrions peu à peu dans les affres de la basse cour...

Je ne me souviens plus ce qui provoca le déclic, il y avait eu un truc, une anecdote, quelque chose mais... Les jumeaux venaient de fêter leur vingt-six piges, qu'est ce qu'on avait pu se foutre sur la gueule ce jour là... Ce fut d'ailleurs peut être ce taux d'alcoolémie record qui nous fit réaliser à quel point nous étions con, tout n'était pas encore perdu. Nous réunimes les quelques fonds qui nous restait, on bossa dur, un nouvel album pour un nouveau départ, un nouveau genre aussi. Soft, plus mélodieux, plus doux, étrangement nous avions murît. Sal revint à son simple piano, Stephen dépoussièra une vieille batterie moldue, je réaccordai la guitare de mes débuts, aucuns sons ne seraient amplifiés, aucuns amplis, aucuns coups de baguette. Nous voulions marquer notre retour, le placer sous le signe de la classe, on avait l'air fin en costard. Nous créions une ambiance sereine, des prestations basées sur le respect, l'acoustique, de petites salles la plupart du temps. La clope n'avait pas encore bouffé le timbre de ma voix, j'adorais chanter ces ballades que nous avions composés, certains morceaux parlaient de la difficile période que nous avions traversée, une rédemption. Le succés se fit prudent, il finit par nous sourire à nouveau. J'étais heureux, la machine soulevait ses poussièreux rouages, on resurgissait des profondeurs de nos abymes et pourtant...

Si nous nous étions tous sortis de nos merdes Marylou resta à la traine, j'avais beau eu y faire, le jour où je pris réellement conscience du problème il était trop tard, je songe aujourd'hui à la possibilité qu'elle ait commencé avant notre rencontre, cela n'en reste pas moins douloureux. Elle était devenue agressive, parfois violente, on se promettait de s'aider, je l'aimais encore, elle aussi mais ne pouvait s'empêcher de mentir, de me partager avec sa saloperie. Deux mois après qu'elle m'eut promis de chasser ses problèmes, de les abandonner, je la retrouvait étendue sur notre lit, une seringue dans le bras. Putin quel gâchis ! Je ne m'en remis jamais, on l'enterra elle et par la même le groupe, je n'avais plus le coeur à chanter, je fuyais la foule, je me souviens même avoir tabassé un de ces charognards de journaliste, je les hait encore aujourd'hui.

A peine âgé de vingt-sept ans le rêve s'était finit, commençait désormais un long cauchemard. Les Paradises retournèrent au pays, les rues de Manchester leur manquaient, eux aussi avaient été marqués par la mort de ma ptite blonde, puis sans chanteur qu'auraient-ils fait ? Moi, de mon côté, je sombrais, et sans cesse quand je croyais avoir toucher le fond je m'appercevais que dans les tourments de ma descente aux enfers je pouvais m'enfoncer encore plus profond dans le néant. Une longue année de dépression s'en suivit, je me sentais responsable, responsable de l'avoir foutu en l'air, de tout avoir foutu en l'air. Cette pensée refait parfois surface encore aujourd'hui, je suis fragile, la plaie ne se refermera sans doutes jamais. Peu à peu je me remettais, je m'étais fait deux nouveaux amis, la bouteille et la cigarette ne laissaient tomber personne dans les coups durs, j'hibernais, deux longues années de somnolence, de regret et de remords, trop longtemps je m'étais appitoyé, j'étais vivant mais ne vivait plus, j'en arrivais à m'effrayer moi même tant je désespérais en des jours maussades. Potasser des bouquins, apprendre, posséder quelques rares ouvrages et les contempler avaient occupé de longues journées toutes aussi pauvres en couleurs les unes que les autres. Je ne revis pas mon père depuis l'accident de ma compagne. Je l'avais remplacé, Chad le barman de mon pub favori me faisait penser à mon vieux, et pourtant, ce con, il me manquait...

Voilà mon histoire, tantôt sous des airs de contes de fée, tantôt sur un ton plus dramatique, je vous en ai comté les détails, seul dans mon appart' pourri, assis dans le noir et tout juste rentré du Cellar. J'avais changé, je le devais. La nuit avalait la faible auréole de lumière que dispensait l'ampoule de la cuisine, j'avançais jusqu'à la fenêtre, il pleuvait encore. L'image du type que j'avais vu dans le miroir me revint, je crachai dans le vide, balançai mon paquet de cloppe en bas, dans la rue, j'en avais plein les tiroirs. Le regard perdu sur la ville j'inspirai un bon coup. Au-delà de la rue scintillante, c'était la nuit et au-delà de la nuit, c'était le jour, la vie, je restais toute la nuit penché à ma fenêtre, le soleil se léverait bientôt. Je partirais alors...


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MessageSujet: Re: Sean Moriarty   Dim 2 Déc - 21:44

Scolarité & Informations Pratiques

Ecole : Sean est allé à Poudlard, mais ce dernier n'a jamais trop aimé l'ambiance des salles de classe. Il n'a aucun diplomes mis à part quelques piètres résultats à ses Buses.
Baguette : 27.8 cm, bois de saule-pleureur, animé par un cheveux de Banshee.
Animal de compagnie : Aucun
Relations particulières : Niet !

Hors Jeu

Vous, derrière votre PC :
Pseudo ou prénom :(au choix) Magrat inside Wink
Âge réel : Rolling Eyes
Temps consacré sur le net par jour : Comme Magrat, illimité le WE !
Comment avez-vous connu LeviCorpus ? Par Magrat !
Ce qui vous a poussé à vous inscrire : La génialement génialissime Magrat était là ! What else ?
Autre chose à rajouter ? Je ne souffre pas de schyzophrénie promis !

Non, sérieusement, Prisma, je t'avais contacté à propos du personnage, n'ayant reçu aucun refus de ta part je tente ma chance...


Dernière édition par le Lun 3 Déc - 16:11, édité 1 fois
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Scott Hawkins
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Nombre de messages : 225
Age : 30
Date d'inscription : 15/08/2007

Feuille de personnage
Age et liens familiaux: 25 ans - Orphelin ?
Année d'étude ou Emploi: Professeur de Vol et Affiliés
Gallions:
2000/100000  (2000/100000)
MessageSujet: Re: Sean Moriarty   Lun 3 Déc - 0:02

Fiche à l'étude
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Choixpeau
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Nombre de messages : 120
Date d'inscription : 26/07/2007

Feuille de personnage
Age et liens familiaux: HiHiHi
Année d'étude ou Emploi: HaHaHa
Gallions:
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MessageSujet: Re: Sean Moriarty   Dim 9 Déc - 20:35

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