Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Gabrielle Delacour

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Gabrielle Delacour
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Age et liens familiaux: 31 ans, soeur de Fleur Weasley, belle-soeur de Bill Weasley, tante de Victoire, et tant d'autres...
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MessageSujet: Gabrielle Delacour   Dim 2 Déc - 18:25

Carte d'Identité

Nom :Delacour.
Prénom(s) : Gabrielle Louise.
Âge :31 ans.
Jour et mois de naissance : : 17 juillet.
Etat civil : Célibataire, qui voudrait d'une femme belle, certes, mais à moitié folle ?
Adresse : Depuis peu, elle loue une chambre au Chaudron Baveur, mais ce n'est bien sûr pas définitif.
Profession :Elle vient d'arriver en Angleterre et ne s'est pas encore installée. Elle n'a, pour l'instant, pas de profession. Mais elle compte trouver un emploi, sur le Chemin de Traverse ou au Ministère.

Famille

Famille :Sang-mêlé, une branche de la famille maternelle comporte des vélanes.
Père : Mathieu Delacour, 65 ans, retraité.
Mère : Apolline Delacour, 62 ans, en partie vélane, est aussi belle que ses deux filles.
Frères et sœurs : Fleur Delacour, 40 ans. Gabrielle a toujours adoré sa soeur, et toutes deux faisaient la paire dans leur enfance. Elles se sont un peu perdues de vues, au point que Gabrielle décide de déménager en Angleterre pour se rapprocher de Fleur.
Autres membres de la famille : Victoire Weasley, sa nièce. Comment résister à une petite fille aussi adorable que Victoire ? Et, maintenant qu'elle est devenue jeune fille, Gabrielle compte bien jouer la tante complice.

Bill Weasley, son beau frère. Elle ne l'a vu que rarement, et n'a entretenu que des relations polies mais chaleureuses avec lui. Il est son "sauveur" mais ils n'en ont jamais reparlé.

Elle a des liens très inexistants avec le reste de la famille qu'a acquis Fleur. Après tout, elle n'existe pas à leurs yeux, et ils ne sont dans sa famille que par alliance. Cela ne l'empêchera pas d'aller les saluer. Parce que la famille, c'est sacré.

Ethnologie

Particularité : Elle est en partie Vélane.

Description physique : Certes moins belle que sa mère et sa soeur, Gabrielle n'en reste pas moins d'une beauté époustouflante. Son petit visage la fait paraître cinq ans plus jeune. Son nez retroussé est constellé de tâches de rousseurs, ainsi que ses joues un peu rondes. Sa bouche, longue et pulpeuse, est souvent plissée en une moue boudeuse, classique des petites filles exigeantes. Ses yeux, d'un bleu océan exactement identique à celui de sa soeur, sont surmontés par d'épais sourcils dorés comme les blés. Elle a hérité des Vélanes les cheveux clairs et le teint délicat. Mais sa chevelure est plus dorée que celle, aux reflets blancs, de Fleur, et sa peau plus bronzée. Elle a l'air plus réelle, moins surnaturelle. La beauté de Fleur est distante, tandis que celle de Gabrielle, bien qu'elle soit toujours plus belle que le commun des mortels, est plus celle à laquelle on s'attend.

Elle n'est pas bien grande, voire même plutôt petite, si on la compare à sa soeur. Ce qu'elle fait souvent. Tout aurait été parfait si elle avait eu le maintient assortit à sa beauté : un port de reine. Malheureusement, elle semble porter toute la misère du monde sur son dos, un poids si lourd qu'il courbe son dos. Sa grâce innée de Vélane s'est transformée au fil des années en une sorte de lassitude et de nonchalance. Les évènements ont effacé le port que lui avait légué sa grand-mère, et le poids des années n'a fait que l'atténuer encore. On s'attendrait presque à voir ses bras toucher le sol. En fait, sa position et la moue de son visage ressemblent beaucoup à l'attitude d'une adolescente gâtée.
Sa silhouette n'est ni plus fine que la moyenne ni trop grosse. Elle n'est pas très plantureuse, au contraire, encore une fois, de Fleur. Elle n'est pas sportive, et peut passer des heures dans son lit ; on se demande comment elle fait pour ne pas prendre quelques kilos. C'est sûrement un secret dû à son ascendance Vélane…


Description morale et caractère : « folle », « dérangée », « différente », « dingue », « une araignée au plafond » ; la langue est si riche pour qualifier Gabrielle ! Mais elle a toutes les raisons du monde pour l'être. Lorsque, à l'âge d'onze ans, on est torturé, il en subsiste généralement des séquelles. Bien qu'elle n'ait eu aucun dommage et qu'elle fut sauvée à temps, Gabrielle, du moins on le suppose, a été traumatisée par l'attaque au mariage de sa soeur. Elle est donc d'un tempérament pour le moins spécial. Ses réactions sont inopportunes, elle ne fera jamais ce que vous attendiez. Il lui arrive de parler seule, ou à des amis imaginaires. Elle a un comportement étrange, aussi. Vous pouvez être en pleine conversation avec elle, lorsqu'il lui prendra l'envie de danser, de chanter, de crier, ou quoi que ce soit d'autre. Ne vous étonnez pas, elle met toujours ses désirs à exécution. Il lui arrive aussi parfois de se prendre pour une duchesse du Moyen-Age. Elle peut alors parler en ancien français, utiliser un langage archaïque et donner des ordres hautains.
Enfant, elle était bien trop gâtée, et ces habitudes ont déteint sur sa personnalité. A trente et un ans, elle est encore une gamine, si puérile et immature ! Si on lui refuse quelque chose, elle se mettra à hurler et à pleurer, à vous frapper de petits poings d'enfants. Si par bonheur une balançoire lui tombe sous les yeux, laissez la et revenez au soir : elle y sera encore. Peut-être est-elle trop enfant elle-même pour songer à en avoir, ou même à se marier...

Gabrielle a toujours vécu dans le cocon familial, dans un cercle protégé, bien loin du monde réel. Elle n'a quitté le manoir de ses parents que tard, au contraire de Fleur. Elle a donc acquis un esprit de famille bien ancré. Elle serait prête à donner sa vie pour un membre de sa famille ou l'un de ses amis. Elle a volé vers sa soeur lorsque son absence s'est révélée trop cruelle. Elle peut parfois être si protectrice qu'elle étouffe tout le monde, les protégés autant que leur entourage.
Un autre trait de son caractère, très lié au précédent, est sa paranoïa, et son inquiétude pour ses proches. Elle fait, régulièrement, des cauchemars dans lesquels les gens qu'elle connaît subissent des souffrances atroces, souvent par sa faute. Elle vit presque par procuration, à travers les événements divers qui se produisent dans la famille. Depuis toute petite déjà, elle vit dans la peur qu'il arrive quelque chose à ses proches. Peut-être craint-elle la solitude.
Elle a aussi très peur qu'on dise du mal d'elle. Ce qui, malheureusement, est souvent le cas. Dès qu'elle entendra son prénom, elle prendra peur, s'imaginera tous les scénarios possibles. Elle est persuadée que, après son passage, tous se retournent pour discuter. C'est ce qui fait qu'elle ne peut marcher sans se retourner à chaque mètre franchi.

Gabrielle a toujours vécu dans l'ombre de sa soeur, à qui elle voue une admiration sans bornes. Mais cette admiration s'est peu à peu teintée de jalousie. Enfant, elle la suivait aveuglément. Puis, après la scène du mariage, Gabrielle commença à complexer. Fleur était tout ce qu'elle-même n'était pas. Et cela empirait au fil des années. Son affection pour sa soeur resta inchangée, mais Gaby se délaissa de plus en plus, se disant qu'après tout, les gens ne verraient que Fleur. Elle s'est un peu reprise en main ces dernières années, mais garde toujours une grande amertume, loin, au plus profond de son coeur peut-être moins fou que ce que l'on croit...



Scolarité & Informations Pratiques


Ecole : Elle n'alla pas à l'école moldue, sa mère préférant lui donner des leçons dans leur manoir. A l'âge habituel, elle fut admise à Beauxbâtons, où se déroula toute sa scolarité.
Baguette : Lors de la confection de la baguette de sa soeur (Fleur reçut sa baguette à 15 ans), Gabrielle était là. Alors que sa grand-mère offrait de bonne volonté un de ses cheveux à Fleur, la plus jeune en a dérobé un sur la brosse de son ancêtre, sans vraiment savoir pourquoi. Le jour de ses onze ans, elle se fit confectionner en cachette une baguette par un fabriquant des plus douteux. Elle est donc de bois d'orme, contient un cheveu de vélane et mesure 32,2 centimètres.
Relations particulières : Venant d’arriver en Angleterre, Gabrielle ne connaît pas grand monde, en dehors de la famille de Fleur qui, à elle seule, pourrait repeupler le pays. Entre les Weasleys, les Potter, et la dernière génération...

Hors Jeu

Vous, derrière votre PC :
Pseudo ou prénom : Alexiane, peut-être ?
Âge réel : ben vous allez peut-être finir par le connaître ^^
Temps consacré sur le net par jour : Tout mon temps xD
Comment avez-vous connu LeviCorpus ? Oula ! Tour de Jeu, si je me rappelle bien Razz
Ce qui vous a poussé à vous inscrire : Pas forcément le contexte, parce que j'ai été déçue par Harry Potter 7, mais la présence du staff, la sympathie des joueurs, la qualité du RP, le design, tout le boulot mis en oeuvre pour que ce forum marche. Apparemment, c'est efficace Very Happy
Autre chose à rajouter ? Continuez comme ça !

[Je n'avais pas envie de jouer le plat personnage de la jolie Gabrielle, alors j'ai préféré la tourner à ma sauce, quitte à m'éloigner un peu des livres. Vous reconnaitrez tout de même qu'elle apparait tellement peu que je peux détourner son caractère ! J'ai, par contre, essayé d'être fidèle au livre par rapport à l'histoire]
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Gabrielle Delacour
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MessageSujet: Re: Gabrielle Delacour   Dim 2 Déc - 18:27

Passé

Votre histoire : Il faisait beau, en ce jour de juillet. Un soleil doré comme les cheveux de la petite fille, penchée sur le berceau ; un ciel bleu comme ses yeux, un jour lumineux comme son sourire. Quel enfant de neuf ans n'est pas mignon ? Mais Fleur n'était pas adorable comme toutes ces petites têtes blondes, Fleur était différente. A neuf ans, elle avait la beauté d'une femme, la grâce d'une femme comme plaquée sur son petit corps maladroit. Mais, pour l'heure, ses parents ne se préoccupaient pas d'elle. Ils observaient, avec le sourire béat et stupide qu'arborent parfois les parents, une petite chose perdue dans les couvertures de l'immense couffin. Gabrielle Louise Delacour faisait une entrée spectaculaire dans un petit monde molletonné, une entrée peu impressionnante dans un tout autre monde, plus vaste, plus varié, regroupant continents et océans, sorciers et moldus.
Elle vécut une enfance protégée dans le petit cercle familial, en admiration perpétuelle pour sa soeur. La petite famille française, aisée, vivait dans un manoir en banlieue parisienne, au beau milieu de la forêt de Fontaineblau. Ses journées étaient occupées par des rires et des jeux dans le jardin, en compagnie de sa soeur, tandis que ses nuits s'agitaient au rythme de cauchemars effroyables. Fleur, gisant au sol, dans une pièce qu'elle ne connaissait pas, au beau milieu d'une marre de sang. Apolline, sa mère, pendue suite à une dispute. La petite Gabrielle de cinq ans ne savait plus quoi faire, comment échapper à ces rêves. Elle avait tellement peur de confondre réalité et fiction, tellement peur que ce soit vrai ! Elle ne pouvait s'empêcher de courir dans la chambre de sa mère, ou de sa soeur, vérifier qu'elles étaient bien vivantes. Et aux questions qu'on lui posait, elle ne répondait pas. Une moue triste, un regard qui se voudrait rassurant. Que dire, lorsqu'à cinq ans, on est déjà terrifié par la mort, par l'absence de ses proches ?

Gabrielle était une enfant comme les autres le jour, joyeuse, vive. On la voyait souvent courir après sa soeur, sur ses petites jambes. Bien sûr, Fleur, qui avait quatorze ans, se laissait rattraper. Elles s'entendaient si bien ! Plusieurs fois, Gabrielle aurait voulu lui parler de ses nuits, de ses rêves. Mais elle ne trouvait pas le bon moment, la bonne formulation. Et le sourire de Fleur lui faisait oublier, bien vite. Le jour, elle n'y pensait pas. La nuit, elle le vivait.

Un an passa. Les mauvais rêves persistaient. Sa grand mère prit la décision soudaine de faire fabriquer une baguette à sa petite fille aînée. C'était si soudain, si inattendu... Peut-être avait-elle lu dans l'avenir. Une sorte de petite cérémonie se déroula dans la chambre de la vieille dame, qui, émue, laissait couler ses larmes. La petite fille jalouse, au fond déjà lors de ses six ans, qu'était Gabrielle observait l'évènement de tous ses yeux. Avant de sortir, prétextant devoir aller aux toilettes, elle enferma l'un des cheveux blancs traînant sur une brosse dans une boîte qui ne revit le lumière du jour qu'au bout de cinq ans.
Moins d'un mois plus tard, Isabelle Delacour quitta ce monde. Elle avait fait son dernier cadeau à ses deux petites filles, l'un officiel, l'autre clandestin. D'autres cauchemars s'ajoutèrent aux anciens. Gabrielle était tourmentée par son geste, par la mort de cette femme si douce. Désormais, même le jour elle était poursuivie par des images abominables, ou tout simplement des remords. Elle pouvait être en train de jouer, de courir, de sauter, de parler, de manger lorsque se matérialisait le visage de sa grand-mère, réprobateur. Ou son père ensanglanté.
Parfois, on la voyait s'arrêter en plein jeu et hurler, se mettre à pleurer toutes les larmes de son corps. On avait beau lui poser des questions, elle se refusait à y répondre. Au bout d'un moment, elle arrêtait, et reprenait son jeu, tranquille, comme si rien ne s'était passé.

Au fil des ans, ces scènes s'espacèrent. Elle ne disparurent pas, mais Gabrielle parvenait mieux à cacher ses cauchemars, et ne réagissait plus aux images qui la traquaient. Ses parents, qui avaient sérieusement pensé à la faire consulter un psychologue, abandonnèrent l'idée. Elle atteignit ses huit ans, plus sereine. Elle se sentait normale. Cette année, Fleur était surexcitée, bien qu'elle ne le montrait pas. La coupe des sorciers devait avoir lieu, et elle comptait bien y participer ! Un peu déçue de ne pas pouvoir y assister, Gabrielle la regarda partir. Elle agita vaguement la main, les yeux ailleurs, plus loin sur la route. L'image d'un carrosse gisant sur le sol, détruit, s'imposa à son esprit, mais elle la chassa, distraite. Elle était devenue maîtresse de ses craintes, et réussissait désormais à les repousser, de manière à ce que l'on ne remarque rien. C'était devenu si habituel qu'il n'y avait plus rien de notable lorsqu'elle se réveillait en sueur la nuit. Elle se retournait et se rendormait, simplement, le pouce dans la bouche.

Plus de quatre mois plus tard. L'absence de Fleur à la maison commençait à se faire sentir. Gabrielle était de plus en plus irritable, et ses parents, agacés par son comportement, la laissaient seule de plus en plus souvent. Elle errait dans les pièces vides du manoir, désoeuvrée, traînant un ours déchiré derrière elle. Déchiré, il l'était : c'était son seul compagnon durant ses cauchemars, son souffre douleur, aussi, son anti-stress. La nuit, elle le serait si fort qu'elle lui avait arraché une oreille.

Le jour où le parchemin arriva au manoir, Gabrielle était assise dans une pièce dont les meubles étaient recouverts de draps blancs. Le château était trop grand pour quatre personnes, aussi ne vivaient-ils que dans les deux étages du bas. La petite fille passait beaucoup de temps dans les pièces vides, inhabitées. Perchée sur un rebord de fenêtre, elle était à l'intérieur de la tour nord et voyait s'étendre à ses pieds la forêt aux arbres enneigés. Elle mordillait l'oreille restante de son ours lorsque sa mère poussa la porte, une enveloppe à la main. Frissonnant, Apolline se dépêcha de fermer la fenêtre, la réprimandant d'être restée pieds nus dans le froid.
Gabrielle ouvrit l'enveloppe, curieuse. Le sceau de Beauxbâtons ne mentait pas, c'était une lettre officielle de l'école. Mais pourquoi était-elle convoquée ? Qu'avait-elle fait ? Etait-ce à propos de Fleur, là-bas, en Angleterre, dans ce pays barbare ?

Elle portait toujours sa peluche lorsque sa mère la poussa dans la cheminée, au milieu des flammes vertes qui lui léchaient les pieds à travers ses chaussures. Ni son père ni sa mère ne l'accompagnaient, ils étaient « trop occupés ». Trop occupés pour leur propre fille ? Non. Il était précisé qu'elle devait venir seule, elle allait seule.
La petite Gabrielle et son ours se retrouvèrent dans un bureau si large qu'on avait l'impression de traverser une rue en parcourant la distance entre la cheminée et la table. Des bibliothèques ornaient les murs, ornés de tentures turquoises. Les chaussures de la petite fille couinaient sur le parquet ciré alors qu'elle parcourait l'impressionnante distance jusqu'à l'imposant bureau derrière lequel se tenait un homme qui, assis, la dépassait de plus de la moitié de son corps. Elle fixa ses yeux dans ceux de l'homme, le sous-directeur de Beauxbâtons – Madame Maxime était en Angleterre, rappelons le. Elle le fixa. Et ce fut tout.

Elle se réveilla au contact de quelque chose de froid. De liquide. De l'eau. Un lac ? La petite fille apeurée observa les deux jeunes hommes qui barbotaient à côté d'elle. Ils parlaient anglais, semblaient se disputer. Ne se rendaient-ils pas compte qu'elle ne savait pas nager ? Elle se débattit, agitant bras et jambe. Ah, ils parlaient d'elle, elle sentait leurs regard sur elle. Enfin, ils l'empoignèrent chacun par un bras, et le brun et le rouquin la soutinrent jusqu'à la rive.

Aussitôt, une voix suraiguë parlant mi-anglais mi-français se mit à hurler depuis le rivage. Fleur, emmitouflée dans une couverture, voulait courir vers sa soeur, mais fut vite retenue par Mme Maxime. Gabrielle essaya d'esquisser un sourire, mais sa soeur ne le vit pas. Elle fut bientôt étouffée par l'étreinte de Fleur, qui parlait. Gabrielle, encore sonnée, ne comprenait pas. Peut-être parlait-elle anglais, ou français, elle ne savait pas trop...

Elle fut bientôt renvoyée chez elle, où elle reçut des explications. Le tournoi, encore le tournoi, toujours le tournoi ! Elle avait été utilisée ! Elle en avait marre de ce fichu tournoi qui éloignait sa sœur ! C’était la seule excuse, le seul mot qu’ils avaient à la bouche. Quel honneur pour Fleur, si elle gagnait le tournoi ! Quel bonne idée d’avoir restitué ce tournoi ! Etaient-ils fous de faire participer un gamin à ce tournoi ?

Gabrielle s’isola de plus en plus après cela. Cela ne l’empêcha pas d’aller rendre visite à Fleur à Potelard lorsqu’elle en eut l’occasion, peu avant la troisième tache. Alors qu’elle discutait avec sa sœur, elle remarqua que Fleur ne lâchait pas du regard un rouquin qui venait visiter Harry Potter. Avec sa boucle d’oreille et ses longs cheveux, elle était certaine que sa mère lui trouverait un « mauvais genre », mais Gabrielle le trouvait plutôt sympathique. Enfin. Il ne fallait pas qu’elle le trouve sympathique ! Ce serait l’une de ces personnes qui le séparerait de sa sœur. Elle avait beau avoir huit ans, elle était parfaitement consciente des relations tortueuses des plus grands.

Cette brève entrevue avec sa sœur la laissa sur sa faim. Elle fut renvoyée en France avant la troisième tache, et ne fut prévenue qu’au retour de Fleur de tous les évènements. Elle ne s’était pas inquiétée plus que ça pour l’épreuve. Elle aurait dû, pourtant. Et si sa sœur avait gagné... Des cauchemars revinrent, hantés d’une Fleur massacrée par un jet de lumière verte, par une face de serpent, par des yeux rouges. Si elle savait que, loin de là, un jeune garçon brun marqué d’une cicatrice faisait les mêmes rêves ! Fleur était remplacé par un garçon bel et bien mort, mais, au fond, où était la différence ?
Fleur revint, et finit ses études. Puis, comme Gabrielle s’y attendait, sa sœur les quitta de nouveau. Elle reçut quelques lettres distantes. Des mots, ces mots qui ne voulaient rien dire, cette feuille qui lui disait que sa sœur l’ « embrassait », qu’elle lui « manquait ». Elle n’aimait pas les mots. Elle admirait la formidable invention des Moldus, ce fêlétone, ou quelque chose comme ça.
D’après les fragments de nouvelles que lui envoyait sa sœur, Gabrielle reconstruisait la vie qu’elle avait là bas. Elle vivait d’amour et d’eau fraîche, de disputes avec sa (future) belle-mère.

Gabrielle vécut par procuration, suivant tout ce que son aînée faisait. Toute son enfance avait tourné autour de sa sœur. Il en irait de même toute sa vie, et elle le savait. Fleur n’eut même pas besoin de lui demander si elle voulait bien être demoiselle d’honneur. Cela aurait utilisé des mots, encore des mots. Quelle question stupide ! Bien sûr qu’elle voulait voir sa sœur heureuse, voir toute cette famille nouvelle dont elle allait hériter, être habillée d’une belle robe.
Le jour vint pour elle de quitter leur manoir de France pour aller séjourner quelques jours chez la belle-famille de Fleur. Ils étaient à peine arrivés dans le jardin, accompagnés par le beau-père de Fleur, que des gens se précipitaient vers eux. La petite assista aux échanges de politesse d'un air amusé, fit la bise à Mrs Weasley et adressa un sourire à Harry, notant au passage que cela faisait enrager la rouquine. Gabrielle, peu désireuse pour l’instant de se mêler aux autres, finit par s’éclipser. Elle abandonna ses parents aux mains de la belle famille, qui voulait leur faire visiter la maison, et partit dans le jardin explorer cette terre. Elle trouva une jeune fille, aux cheveux bruns hirsutes, occupée à installer le couvert sur deux tables bancales. Gabrielle l’observa, de loin. Elle se demandait à quoi elle ressemblerait, dans six ans, lorsqu’elle aurait le même âge qu'Hermione. Celle-ci finit par lever les yeux, lui sourit et s’essuya les mains contre son tablier. Elle s’avança vers elle, la prit par la main, et lui fit visiter la maison, en silence. Ce fut l’un des seuls contacts qu’elle eut avec la maisonnée, en dehors des repas et des sourires timides. Ce n’était pas son genre d’être timide. Elle ne l’était d’ailleurs pas. C’était la mélancolie qui l’assaillait. Ce que ces gens allaient célébrer était le mariage de sa sœur, son prétexte pour couper les liens avec elle.
Les quelques jours passèrent à une vitesse fulgurante. Elle était invisible, personne ne la remarquait. Elle n’appartenait pas à ce monde, qui était pourtant devenu celui de sa sœur. Le jour du mariage arriva, et tout se déroula si rapidement qu’elle n’eut pas le temps de réaliser. Gabrielle défilait dans sa jolie robe dorée, fière derrière la beauté de sa sœur qui étouffait tout. Elle observa Bill, et fut à la fois heureuse que Fleur l’épouse plutôt que quelqu’un qui en voudrait à sa beauté, et prise de l’envie de lui hurler de la lui laisser. La fête se déroula tranquillement. Gabrielle, assise à sa table, y resta, martelant le bois de ses doigts potelés.


Dernière édition par le Dim 2 Déc - 23:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Gabrielle Delacour   Dim 2 Déc - 18:31

Soudain, la foule s’agita. Tous autour d’elle disparaissaient, sans qu’elle en sache la cause. Elle n’avait pas vu le patronus. Elle ne savait pas. Elle ne voyait pas ses parents, elle ne voyait pas Fleur. Affolée, elle regarda de tous côtés. Tous ces gens qu’elle ne connaissait pas, hurlant et trébuchant, ne faisaient qu’accroître son impression de perdition. Elle avait beau tourner son regard dans toutes les directions, elle ne trouvait personne. Une main agrippa son bras, elle se débattit. Le beau-père de Fleur, Mr Weasley, la regardait d’un air bienveillant. Elle gémit après ses parents. Un mouvement de foule les sépara.

Ce fut une autre main, plus froide, à la manche noire, qui l’agrippa ensuite. Elle sentit tout de suite que cela n’annonçait rien de bon. Elle essaya de frapper, mais ses petits poings semblaient désespérément inutiles. Ils se perdaient dans une grande cape noire, comme ses yeux étaient happés par un visage froid. Un sortilège fut prononcé. Ses pensées s'embrumèrent. Elle se souvint d’une douleur, intense. Tous ses cauchemars se réalisaient soudain devant ses yeux. Harry Potter. C’était Potter qu’ils cherchaient. Mais elle ne savait pas où il était. Que cela cesse ! Bon Dieu, faites que cela cesse !

Quelqu’un apparut, une robe de soirée tourbillonna près de ses yeux. Elle ne se souvenait pas s’être jetée au sol, mais elle s’aperçut qu’elle avait le nez contre le parquet. Un combat s'engagea, la cape noire finit par s'effondrer. La robe de soirée avait triomphé ! Pour la troisième fois de la soirée, son poignet fut saisit, et, alors que sa tête résonnait encore des échos de la douleur, ils disparurent, son sauveur et elle. Une fois arrivée en sûreté, elle ne leva pas les yeux vers celui qui l'avait sauvée. Ce fut lorsqu'il disparut à nouveau, sans doute pour replonger dans la bataille, qu'elle le regarda et le reconnut. Bill Weasley. Mais elle ne réfléchit pas. Pas maintenant.
Assise sur ses talons, elle se balançait d'avant en arrière. A travers ses lèvres fermées s'élevait une chanson, ou plutôt des notes, sans queue ni tête. Elle serrait son corps de ses bras, comme pour se protéger. Inconsciente de ce qu'il se passait, elle fredonna des heures durant, au rythme du doux balancement de son corps. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, le jour s'était de nouveau levé. C'était l'été, et un soleil brillant la narguait. C'était l'été, et le vert de l'herbe, le bleu du ciel, le blanc des nuages lui rappelaient que la vie continuait. Au fond d'elle se répercutait la douleur, mais elle voulait l'ignorer. Elle arrêta de chanter, son balancement cessa brusquement. Elle s'effondra par terre, tombant instinctivement dans une position foetale, les bras repliés contre sa poitrine, les jambes repliées.
Son sommeil fut paisible, pour l'une des premières fois de sa vie. Sa respiration régulière et ses yeux à peine froncés. Ses mains détendues, elle dormait comme n'importe quel enfant de son âge. Pour la première fois.

Un bruit de pas, des voix qui murmurent, des marches qui grincent. Toujours allongée sur le parquet, Gabrielle ouvrit les yeux. Par la fenêtre, les rayons du soleil lui faisaient face, et elle se détourna, les yeux plissés. La porte s'ouvrit en grand dans un bruit impressionnant, sans lui arracher un sursaut. Elle avait trop souffert cette nuit pour que son corps réagisse. Son esprit, encore occupé à apaiser la douleur et la peur, ne put pas prévenir les membres, que déjà elle se retrouvait enfouie dans une masse de cheveux blonds. Fleur était secouée de sanglots, alors qu'elle même était trop touchée pour pleurer. Lorsque sa soeur la relâcha, Gabrielle regarda autour d'elle avec des yeux étonnés, comme si elle redécouvrait le monde. Elle baissa les yeux sur son propre corps, et vit sa belle robe dorée, tâchée de sang et déchirée. Ce fut à ce moment là que les larmes voulurent bien sortir. Et tandis que sa soeur tentait de lui expliquer ce qui s'était passé, elle se contenta de serrer le tissu contre elle, se lamentant. Fleur lui parlait des Mangemorts, de la fuite, de la maison dans laquelle ils étaient – Shell Cotage – du sauvetage de Bill. Et Gabrielle ne fit que déplorer le sort de sa pauvre robe abîmée, tâchée. Et quand l'aînée tentait de la secouer pour la faire réagir, la petite se contentait de hurler des mots indistincts, parmis lesquels on comprenait « robe » et « sang ».

La scène se déroulait sous les yeux bienveillants de Bill, adossé au chambranle de la porte.

Gabrielle resta plusieurs jours à Shell Cottage, sa soeur essayait de la faire redevenir la petite fille joyeuse qu'elle était avant. Mais, quand on lui adressait la parole, elle avait pour seul réponse un marmonnement au sujet de sa robe. Bill et Fleur la surprenaient souvent dans la même position que le soir fatidique, assise sur ses talons. Parfois, ils l'entendaient fredonner une mélodie sans queue ni tête. Après plus d'une semaine, Fleur capitula. Elle renvoya Gabrielle en France, où elle retrouva ses parents. Les ponts furent peu à peu coupés entre les deux soeurs. La plus jeune avait parfaitement conscience que ses parents échangeaient des lettres inquiètes avec leur fille aînée. Il arrivait qu'elle entre dans une pièce du manoir où ses parents étaient déjà ; en l'apercevant ils s'arrêtaient de parler et rangeaient des papiers parsemés de l'écriture de Fleur.
Contrairement à lorsqu'elle avait huit ans et qu'elle errait dans le domaine, Gabrielle restait confinée dans une pièce, au dernier étage, là où personne n'allait jamais. Elle avait « emprunté » tous les coussins et édredons de la maison et en avait rempli la chambre. Accompagnée de son ours abîmé, elle plongeait dans la marre de coussins et y passait ses journées. Elle avait gardé précieusement le bout de tissu qui avait été un jour une robe de bal. Elle le serrait contre son coeur, en fredonnant toujours sa mélodie qui n'en était pas une.

En septembre, elle prit le train pour Beauxbâtons. Fleur lui avait assuré que ce serait une seconde maison pour elle, que la magie était incroyable et Madame Maxime « A-do-rable ». Désabusée, Gabrielle y avait passé sept ans sans y trouver aucun intérêt. Une seconde maison ? Elle n'en avait pas de première, à quoi bon ! Lorsqu'elle tenait sa baguette, confectionnée par un homme des plus louches, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle commettait un crime. Elle avait tué sa grand-mère, en prenant ce cheveu. Les cauchemars revinrent, et ce fut en partie à cause d'eux qu'elle fut martyrisée. On se moquait d'elle, disait qu'elle appelait au secours dans la nuit. Puis on finit par la laisser tranquille, voyant son caractère, sa folie. Durant toute sa scolarité, elle fut la dingue, la cinglée, celle à éviter, mais à battre, aussi. Elle passait après Fleur, si brillante, illustre, qui avait participé au Tournoi des Trois Sorciers, qui avait connu le grand Potter, qui était une réussite. Elle passait après Fleur, la belle, la populaire. Elle était tout aussi belle, mais bien moins appréciée. Les professeurs avaient beau murmurer qu'il fallait la laisser tranquille, qu'elle était traumatisée, leur attitude condescendante n'était pas si loin de celle des élèves.

Sept ans de sa vie filèrent dans cette futilité. Elle poursuivit ses études pour une raison qu'elle même ne connaissait pas. Peut-être espérait-elle, au fond, que ses parents la reconnaissent comme raisonnable, et aussi capable que sa soeur. Ses résultats étaient médiocres, ses examens pas catastrophiques. A ses dix-sept ans, elle revint chez ses parents. Elle n'avait pas de but, pas d'autre envie que de s'enfouir de nouveau sous les coussins. Elle s'aperçut que son ancienne robe de demoiselle d'honneur avait-été jetée. Elle ne dit rien. Elle traîna. Ses parents l'encourageaient à chercher un travail, à se lancer dans la vie. Regarde ta soeur, Fleur réussit, Fleur est heureuse. En réponse, elle se balançait, assise sur ses talons, et fredonnait doucement.

Plus de trois ans passèrent, et il lui sembla qu'elle ne vécut que de coussins et d'eau fraîche. Elle ne sortait pas du manoir, et ne rejoignait plus ses parents pour déjeuner. Nul ne savait ce qu'elle faisait réellement dans cette pièce, au sommet de la tour du manoir des Delacour. Elle approcha de ses vingt et un ans, et le poids de la « folie » se faisait sentir sur son physique. Enfin, un jour, il faisait gris et il pleuvait. Pour un jour de juin, c'était plutôt démoralisant, pourtant Mathieu et Apolline entendirent un bruit de cavalcade, et virent leur fille débouler. Eux qui ne l'avaient vue que pendant de brèves minutes eurent tout le temps de voir à quel point elle s'était laissée dériver, négligée. Mais il ne réfléchirent pas, lorsqu'elle leur annonça, criant, heureuse, qu'elle allait se reprendre en main. Ils l'emmenèrent dans la boutique de l'un de leurs amis, non loin de chez eux, et la firent engager comme vendeuse. Ils ne cherchèrent pas quelle mouche l'avait piqué. Elle allait avoir vingt-et un ans, il était temps qu'elle réalise, qu'elle sorte de sa chambre d'enfant de onze ans. Brusquement, comme si ses parents l'avaient prévenue - et c'est sûrement ce qui était arrivée - Gabrielle reçut une lettre de Fleur. Les liens reprirent entre les deux soeur. Fleur appréciait que sa cadette se montre plus stable et plus raisonnable, loin de se douter que ce n'était qu'une façade. En apparence, elle était la digne soeur de Fleur, mais, au fond, elle faisait cela pour leur faire plaisir...


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Gabrielle Delacour
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MessageSujet: Re: Gabrielle Delacour   Dim 2 Déc - 18:31

Quatre ans passèrent encore. Depuis ce satané mariage, sa vie lui filait entre les doigts ! A l'approche de ses vingt-cinq ans, elle vivait encore chez ses parents, et travaillait toujours dans le même magasin. Les cauchemars avaient disparu, puis étaient revenus moins de six mois après sa "reprise en main". Elle avait peur de quitter le cocon familial, de travailler et de vivre seule. Elle avait peur d'être seule face à ses rêves, à ses craintes, à son traumatisme (comme l'appelaient tous ceux qui parlaient d'elle à voix basse). La salle la plus haute du manoir était restée intacte, uniquement meublée de coussins, comme quatorze ans plus tôt. Sa mère l'avait laissée à son intention, et Gabrielle s'y rendait dès qu'elle en avait envie. Mais elle avait prit une décision. Elle avait, après de nombreuses hésitations, décidé qu'il était de son devoir de laisser ses parents vivre leur vieillesse en paix, tandis qu'elle explorerait les joies de la jeunesse. Elle loua un appartement à part, dans Paris, et partit à la recherche d'un travail. Sa vie prit un court auquel elle ne s'attendait pas. Elle vécut ses premières relations amoureuses, qui ne se finirent pas si bien qu'elle le pensait. Elle refusait l'argent que voulaient lui verser ses parents, et se rendit vite compte qu'il n'était pas si simple de payer son loyer. Elle voulait enfin être indépendante et laisser ses parents en paix, cesser de leur causer du souci. Mais elle avait du mal à joindre les deux bouts, et finit par cumuler les jobs. Il y avait celui à la poste, celui de vendeuse dans un magasin magique, son poste de surveillante dans un collège moldu, ses cours du soir qu'elle donnait. Elle s'était inventée professeur sans vraiment savoir ce qu'elle allait enseigner. Mais elle n'y était pas restée longtemps, après s'être montrée sous sa personnalité de duchesse du moyen-âge. Elle n'avait pas réussi à garder un emploi plus d'un mois. Son appartement au coeur de Paris devint trop cher, elle émigra en banlieue. Un an passa, puis deux. Son compagnon du moment, un sorcier, déménagea à Toulouse et lui posa un ultimatum : elle venait vivre avec lui ou il s'arrangeait pour la faire expulser de son appartement. A contre-coeur, elle s'installa donc à Toulouse. Mais ce fut lui qui finit par la laisser, et non pas le contraire. Au bout de six mois de cohabitation, il la jeta à la porte. Elle se retrouva à errer dans Toulouse. Sans savoir vraiment quoi faire, elle finit par entamer des études moldues, à vingt-sept ans. Elle s'installa en collocation avec trois moldus qui avaient cinq ans de moins qu'elle. Claire, Thomas et Danièle étaient sympathiques et ne la jugeaient pas, c'était tout ce qu'elle demandait. Elle avait du mal à s'habituer au monde moldu, et laissait parfois échapper des bourdes. Plus d'une fois, ses amis la surprirent une baguette magique à la main, murmurant un sort. Mais, c'était connu, elle était « bizarre », il ne s'en inquiétèrent pas.
Comme tout ce qu'elle avait fait jusqu'à présent, ses études ne durèrent pas. Elle avait de l'expérience en temps que vendeuse, et se fit engager dans un magasin. Une boutique de sorciers, car elle ne pouvait pas se permettre de risquer de se faire découvrir dans le monde Moldu. Elle resta dans leur appartement universitaire, mais se mit à travailler tandis qu'ils étudiaient encore. C'était mieux ainsi. Ils posaient trop de questions, s'étonnaient qu'avec cinq ans de plus qu'eux, elle commence ses études maintenant. Elle n'avait pas d'explication plausible.
Sa vie s'améliora un peu. L'ambiance à la maison était détendue, son employeur la garda, elle écrivait régulièrement à sa soeur et à ses parents pour prendre des nouvelles. Ses vingt-neuf ans la trouvèrent presque heureuse. Mais elle déchanta vite. Ses amis partirent dans des voies différentes et elle se retrouva seule dans leur grand appartement. Une nouvelle fournée d'étudiants arriva. Ils étaient jeunes, ils jugeaient. Ils la jetèrent dehors. Elle travaillait toujours dans le même magasin, mais personne ne répondit à son appel. Son employeur ne pouvait pas lui fournir de logement, pas plus que quiconque dans la clientèle. Elle finit par rejoindre l'une de ses anciennes colocataires. Claire s'était installée avec son petit-ami du moment, et Gabrielle dormait sur le canapé du salon. Elle sentait bien que sa présence plombait l'ambiance, mais lorsqu'elle parlait de partir, son amie la retenait. Elle argumentait que Gabrielle n'avait nul par où aller. La vraie raison, Gabrielle la devina bien vite : la jeune moldue ne voulait pas se retrouver seule avec son compagnon.

Un an passa, et les deux amies habitaient toujours ensemble. Par contre, le petit-ami avait été jeté bien vite de la maison. Gabrielle culpabilisait, persuadée que c'était à cause de sa présence. Sa "folie" persistait, mais sa colocataire n'en tenait pas compte. Ce n'était, d'après elle, qu'un peu de fantaisie dans un monde qui en avait bien besoin. Toutes deux reçurent un faire-part de Thomas, leur ex-colocataire. Pour fêter cela, elle sortirent, firent une tournée des bars, s'amusèrent. Ce fut lorsqu'elles rentrèrent que cela leur tomba dessus. Deux lettres, posées sur le perron. L'une, stricte, officielle, glissée dans une enveloppe blanche leur annonçait leur expulsion, pour une raison vague et quelconque. La seconde était parsemée d'une écriture bouleversée, tâchée ci et là de larmes qui avaient fait couler l'encre. La même écriture que celle qu'elles avaient pu lire sur le faire-part reçu plus tôt. Celle à laquelle elles étaient habituées, celle qu'elles avaient observée deux ans durant. A lire la date en en-tête, elle avait été écrite le même jour que le faire-part. A juger de l'absence d'enveloppe, il était venu la déposer sur leur perron, en personne. A voir le contenu, il leur annonçait une mort. "Je viens d'apprendre... Danièle morte... une vie, une mort... je culpabilise... et si mon fils avait prit la vie de Danièle ?"
Les trois amis se rendirent à l'enterrement. Thomas accueillit les deux autres chez lui, quelques temps. Sa femme, compréhensive, faisait ce qu'elle pouvait pour eux. Durant les deux ans où ils avaient vécu ensemble, ils s'étaient finalement plus liés qu'il ne le croyaient. Danièle, qui avait été si forte. Ils ne pouvaient accepter qu'une simple voiture eut put faire changer la donne, et ils avaient besoin de leur soutien mutuel. Durant cette période, Gabrielle fut plus lucide. Ce chagrin lui rappelait celui de ses onze ans. Elle retrouva la position qu'elle avait adoptée alors. Dans la maison de Thomas et sa femme, on la trouvait souvent assise sur ses talons, plongée dans ses souvenirs. Puis Claire et Gabrielle décidèrent de laisser ce nouveau couple tranquille. Les parents de Gabrielle leur proposèrent de vivre au manoir, à Paris. Ils voulaient être près de leur fille dans son chagrin, mais aussi surveiller qu'elle ne rechutait pas. Depuis cinq ans, ils n'avaient pas pu surveiller leur fille, et avaient eu peur que son état empire. C'est avec surprise qu'ils retrouvèrent une Gabrielle qui avait certes besoin de s'appuyer sur Claire et Thomas pour rebondir, mais qui n'en était pas moins lucide. Rebondir. Ils eurent tous les trois du mal. Ils ne pensaient pas s'être tant attachés les uns aux autres. Le chagrin les rapprochèrent encore. Ce fut seulement plusieurs mois après que Danièle les ait quittés que les conséquences des larmes se firent sentir sur Gabrielle. La folie d'après le drame du mariage revint. Les cauchemars inclurent Danièle, Claire et Thomas. Elle n'avait plus de robe à chérir, elle sortit son ours en peluche des placards. A trente ans, elle retombait en enfance, sous les regards inquiets de ses amis et parents. Elle arrêta d'écrire à Fleur, de peur de la décevoir. Tout ce chagrin était aussi lié à l'absence de sa soeur, qui avait été l'essentiel de sa vie durant son enfance. Tout ce qu'elle avait accumulé se déversa. Elle devint agressive, et si tendue qu'elle fondait en larmes au milieu d'un repas. Elle passait beaucoup de temps assise sur le rebord de la fenêtre de la salle la plus haute du manoir, celle qui avait autrefois contenu un nombre incroyable de coussins. Parfois la présence muette de Claire ou de Thomas - qui faisait parfois le voyage jusqu'à la capitale - l'accompagnait. Mais, bientôt, ses deux amis retournèrent à leur propre vie. Ils restaient présent par écrit ; des mots, des mots, encore des mots. Gabrielle aurait déchiré ces lettres si elle ne les avait pas tant chérit. Elle recevait de temps en temps d'autres mots, inquiets, de Fleur.

L'ambiance au manoir était tellement tendue ! Mais il en était de même lorsqu'elle se rendait chez ses amis, qui, elle le sentait bien, auraient voulu s'éloigner un peu d'elle. Un jour, elle quitta la maison. Un jour, elle claqua la porte, avec pour tout bagage un ours déchiré et une collection de lettres. Seule dans la capitale, elle erra. Elle avait quitté son job, pourtant si confortable. Ca avait été le seul emploi qu'elle avait gardé et aimé, et elle avait tout quitté pour vivre avec ses parents. Elle vécut quelque part, cessa de donner des nouvelles. Nul n'entendit parler d'elle pendant six mois. Puis, lorsqu'elle refit surface, elle n'eut pas de temps pour les retrouvailles et les embrassades. Un jour, elle poussa la porte de chez les Delacour, fit sa valise, et annonça : "Je veux Fleur, elle ne vient pas alors j'y vais". Elle eut à peine le temps d'entendre les protestations, les nouvelles de la famille. Elle ne sut pas que Claire était retournée à Toulouse. Elle partit, glissant au passage sa vieille peluche dans son sac.

Elle est arrivée en Angleterre. Mais chut. Il ne faut pas le dire à Fleur. C'est un secret.
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MessageSujet: Re: Gabrielle Delacour   Dim 2 Déc - 23:25

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MessageSujet: Re: Gabrielle Delacour   Mer 5 Déc - 21:57

FICHE VALIDEE,
MLLE DELACOUR

Puissiez vous trouver le bonheur dans cette belle ville de Londres...
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