Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Retrouvailles ! [Roy]

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Madurei Wrytten
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MessageSujet: Retrouvailles ! [Roy]   Mar 6 Mai - 0:11

Il régnait une obscurité profonde en cette nuit sans lune, la cabane hurlante n’était même plus perceptible dans le décor, les formes noires se mariant aux ténèbres dans la plus pure harmonie. Un sort Lumos aurait trahi sa présence en un battement de cils, aussi Madurei se fia-t-elle aux sens aiguisés de Siegfried, son corbeau, et ange gardien à ses heures.
La foi de la jeune fille ne vacilla pas quand son nez heurta le premier mur, elle garda confiance aussi lorsque son crâne rencontra une poutre, et lorsqu’elle rata la marche d’un petit escalier par contre ses mains fusèrent pour agripper le cou de son guide et le serrer comme on tord une serviette de bain humide. Le croassement strident de Siegfried déchira la nuit pendant quelques secondes.

Mais que faisait ce petit chaperon noir à une heure si indue ? Les vacances avaient fini par arriver, après cette Saint Valentin rocambolesque, et si certains élèves demeuraient à Poudlard, et si d’autres en profitaient pour regagner leur doux foyer, Madurei ne faisait ni l’un, ni l’autre. Elle faisait mine de rentrer chez elle, et partait en vadrouilles. Ce n’était pas la première fois qu’elle opérait ainsi : ses parents n’auraient jamais levé le petit doigt pour la rechercher, ils étaient tellement contents de ne pas la voir passer le pas de leur porte. Madurei n’éprouvait aucunement le désir de se retrouver face à des figures détestées, qu’elle jugeait sans intelligence et sans dignité. Parfois, elle se contentait de repasser par chez elle pour quérir des affaires. Ses parents restaient alors debout, dans le vestibule, guettant sa silhouette sombre disparaître dans un escalier en colimaçon, et ils attendaient : si Madurei réapparaissait dix minutes après avec un baluchon sur les épaules, c’était du pain béni, elle repartait immédiatement ! Par contre si elle s’attardait au-delà, c’était qu’elle les gratifierait de sa présence au moins quelques jours. Le plus souvent, la jeune Madurei redescendait les marches quatre à quatre, et avant de disparaître définitivement par la grande porte, elle avait le temps d’apercevoir l’ombre timide de ses deux jeunes sœurs qui n’avaient pas osé la saluer, et qu’elle haïssait.
Rester enfermée à Poudlard lui aurait tout autant pesé, même si cette école lui avait donné une nouvelle vie, elle s’apparentait de plus en plus dans son esprit à une magnifique prison certes dorée mais prison quand même. Elle n’avait donc pas hésité une fois encore à s’offrir des vacances de totale liberté, en toute description.

Elle n’était cependant pas partie bien loin cette fois : elle avait entendu des ragots comme quoi du monde s’aventurait près de la cabane hurlante à des heures tardives, le bruit le plus fort supposait qu’une salle de jeux plus ou moins clandestine se cachait dans la cave de la masure. Le mystère alliait à l’illicite avait suscité la curiosité de Madurei. Peut-être serait-elle déçue en fin de compte, et que l’univers qu’elle allait découvrit s’avérerait gentillet et sans la saveur exquise de l’idée que l’on se faisait de ce genre d’endroit, mais elle ne perdait rien à y jeter un coup d’œil.

Elle se faufilait donc au cœur de la cabane hurlante, son corbeau haletant sur l’épaule gauche, elle portait un sac à dos noir avec le sigle de l’Ordre du Bourbier cousue dessus, en rouge sang, et un jean surmonté d’un débardeur foncé parait ses jambes : elle n’avait pas opté pour une de ces robes gothiques qu’elle portait habituellement. Maintenant qu’elle était à l’intérieur, elle avait ôté la capuche de son noir gilet. Ses cheveux étaient rassemblés en une queue de cheval pour ne pas la gêner, mais quelques mèches folles s’échappaient du nœud.

Elle commençait à se demander si elle n’avait pas choisi la mauvaise nuit pour sa tentative : peut-être que le gérant des lieux étaient en congés : elle n’entendait aucun bruit, et nul client potentiel n’était à l’horizon. Le silence pouvait s’expliquer par une insonorisation accrue de la pièce, mais la désertion de toute âme qui vive incombait soit au hasard, soit à un jour de congés. Bah, quoiqu’il en soit, cela lui faisait une petite promenade de santé.

Mais voilà qu’un son s’immisce dans l’immense silence ! Madurei eut un léger sursaut, et fusilla son corbeau du regard : il n’avait même pas réagi ! N’était-il pas censé être l’animal à l’intuition féroce. Déterminée à ne pas utiliser de lumière, elle n’arrivait pas à se situer, elle pesta intérieurement, elle s’était coincée dans un cul de sac, et non content de cela, elle avait buté contre un pan surélevé : elle n’était pas tombée, mais elle avait dû poser un genou à terre tout en lenteur car elle n’aurait pas pu garder son équilibre. Elle demeura ainsi, essayant de repérer le bruit, et espérant que l’invité surprise ne lui rentre pas dedans si jamais il venait vers elle…
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Roy Kinnàn
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Mer 7 Mai - 23:11

Dans cette pénombre opaque, une silhouette avançait, semblant suivre la jeune fille en silence. Etait-ce un fantôme ? Il ne semblait pas avoir de visage, étant complètement noyée dans cet océan obscur. On entendait même pas son souffle, aucun son de pas ne résonnait sur les planches de bois de la cabane, pourtant assez vieille pour craquer sinistrement au gré du vent. Un courant d’air, voilà ce qu’aurait pu être cette présence qui marchait sur les traces de Madurei. Oui, tout juste une présence sans consistance, sans vie, élevée dans la pesanteur lourde de la Cabane. On la remarquait à peine, elle se noyait dans ce manque total de lumière. Invisible dans le noir, indétectable en plein jour…

Et la jeune fille avait poursuivi son chemin, ne semblant pas l’avoir remarqué alors qu’elle lui était passée à côté. Un rayon de lune s’était infiltré, projetant une lumière assez faible. On aurait dit la lampe faiblissant dans la chambre des morts, ou encore un projecteur solitaire éclairant une scène abandonnée, poussiéreuse, qui, après avoir reçu pendant des années des tragédies, finissait par vivre elle-même sa tragique décadence. L’ombre avançait toujours et deux yeux vifs brillèrent un instant dans l’obscurité. Ce Fantôme de l’Opéra était-il mué de bonnes intentions ? S’agissait-il d’un être de chair et de sang, éloigné du monde des hommes et sans aucune conscience morale, tout comme Erik, le fameux fantôme du roman ? Ou bien s’agissait-il bien d’un esprit, un poltergheist à la Peeves ?

Lorsque la Serpentard se retrouva acculée, coincée dans un cul-de-sac, la présence se stoppa. Au début, on aurait pu croire qu’elle était partie. Mais au bout de quelques secondes, une respiration régulière se fit entendre. Un fantôme qui respire ? Puis elle se mit à avancer vers Madurei et cette fois-ci, on entendait très distinctement le bruit sourd de chaussures qui retombent sur le sol. Son pas semblait léger, presque musical, comme s’il s’amusait avant de se dévoiler à la jeune fille. Il se faisait de plus en plus proche et Madurei pourrait le voir dans quelques secondes, à peine… Un pas de plus, et…

Ce fut sur cette entrée savamment préparée que Roy apparut. Tout d’abord, on ne distingua que sa silhouette qui se découpait sur le mur derrière et qu’un rayon de lune égaré peinait à éclairer. Son visage était encore plongé dans l’ombre, tout juste pouvait-on discerner quelques mèches flamboyantes mais qui donnait plus l’impression d’être des flammes sombres et lugubres. Il s’arrêta face à Madurei et un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Mais dans une telle obscurité, il était bien difficile de le deviner. L’homme – la carrure de ses épaules ne laissait aucun doute sur ce point – se tenait bien droit face à elle, comme un père s’apprêtant à gronder sa fille, un maître d’école s’apprêtant à envoyer un élève au coin, ou bien Mr Tout le Monde s’apprêtant à envoyer Medor bouler parce qu’il a fait pipi sur la moquette. Pourtant, il n’avait rien de bien effrayant. Tout au juste pouvait-on s’attendre à ce qu’un flot de réprimandes soit déversé d’une voix froide et dure. Il n’avait pas encore ouvert la bouche, mais cela ne saurait tarder. Et il savait qu’à l’instant où il commencerait à parler, sa nièce le reconnaîtrait.

Madurei ignorait encore que son oncle s’était installé – du moins pour un temps – à Londres. Il ne l’avait pas prévenue, voulant lui faire une petite surprise. D’ailleurs, il n’avait pas non plus répondu à sa dernière lettre, se doutant que cela mettrait la jeune fille en colère. Mais à croire qu’il aimait ça… Il avait juste espéré qu’elle ne débarque pas à l’improviste chez lui. Car elle aurait sûrement trouvé que du vide. Il avait emporté une très grande partie de ses affaires à Londres, dans l’appartement qu’il louait pour quelques mois.


« C’est un corbeau, Rei, pas un chien pisteur que je t’ai offert… »

Sa voix s’était élevée d’un coup, dans la pièce. Elle ne se répercuta pas sur les murs, il n’y eut aucun écho. Pourtant, elle n’était pas forte, ni trop grave. Elle était nimbée d’une certaine douceur et d’une éternelle note de raillerie. Il fit un pas vers elle et son visage apparut, encore que toujours à moitié noyé dans l’obscurité.


Dernière édition par Roy Kinnàn le Jeu 8 Mai - 0:41, édité 1 fois
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Madurei Wrytten
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Jeu 8 Mai - 0:37


Le meilleur film d’horreur est celui qui oublie les effets spéciaux, et sui se focalisent sur le noir, le silence, et les détails si menus qu’ils en deviennent troublants. C’est au cœur du vide que le battement d’un cœur prend des allures de tambour au rythme infernal. Le genre de Madurei était bien de garder son sang-froid, mais ses yeux s’étaient ouverts en grand, dans un réflexe presque félin. Si d’abord la présence d’un individu lambda l’avait que peu surprise, son esprit se laissait gagner par les torpeurs de l’attente et de la nuit. Elle se doutait à présent qu’elle était repérée, ce n’était plus une ombre qu’elle aurait pu voir se faufiler et disparaître, c’était un inconnu, l’inconnu presque, attaché à ses pas : on l’avait suivie, on était là, non loin d’elle, on respirait tantôt, et tantôt on avançait. Et qui était ce « on » ?
De la position où elle se trouvait, l’homme lui parut un géant, et le jeu des ténèbres et des rayons de lunes éphémères révélaient des traits et des couleurs sans réelle consistance dans sa pensée : son imagination les retravaillait pour les rendre menaçants, et étrangers, elle ne reconnaissait pas l’éclat roux de la chevelure de son oncle, car elle était à cent lieux de croire qu’il était près de Poudlard, et elle faisait de ce rouge le chatoiement infernal d’une âme hostile.
Et c’était le fait que cet instant trouvait un malin plaisir à s’éterniser qui commençait à la faire lentement gamberger, on ne pouvait pas parler de peur, mais il y avait dans sa personne une tension, un mélange saisissant entre le doute, où tout reste possible, et la volonté de rester ferme, le tout surmonté d’un vertige croissant.
Sa main s’était juste refermée sur sa baguette, dans sa poche, tandis qu’elle sentait bien que celui qui menait la danse demeurait ce monstre d’ombres, sans identité, presque mythique.

Siegfried se mordillait les plumes, sans hâte ni agitation aucune, si Madurei avait bien voulu lui prêter l’attention nécessaire, plutôt que de lui jeter des regard torves à tord et à travers, elle aurait pu comprendre que la silhouette massive devant elle faisait partie de son cercle de connaissance, puisque l’oiseau ne semblait pas inquiet. Mais elle n’en fit rien, parce que son esprit était accaparé par ce qu’elle voyait, ou plutôt ce qu’elle ne pouvait pas voir. En outre, elle ne rêvait pas, elle sentait une menace sous-jacente… Etrangement, pas suffisamment pour qu’elle eut l’impression que sa vie était en jeu, mais quelque chose clochait, et sonnait un glas sinistre dans le fourmillement inquiet de ses entrailles.

Et ce fut l’alarme incendie qui retentit dans sa tête quand la voix s’éleva enfin, brisant l’obscurité : ça y était ! Les sombres miroitements de lumière, à peine perceptibles, prirent corps, car Madurei savait à présent : c’était Roy, c’était son oncle ; et tout s’illumina à ses yeux, bien qu’il fit toujours nuit, sa vision était modelée par sa subjectivité, et elle reconnut les épaules, le visage, les cheveux de son oncle.


« Mon oncle ?! » s’étonna-t-elle, la voix chancelante, ce qui trahit superbement les émotions diverses auxquelles elle venait d’être soumise… Mais elle voulut se rattraper immédiatement : son orgueil supportait mal d’être ainsi balayé, elle se redressa, se recomposant une figure, ses yeux reprirent leur regard coutumier. Seul son cœur cognait fortement dans sa poitrine, et elle craignit un instant que cela ne rende sa voix encore plus fébrile, mais elle maîtrisa sa tonalité :

« Que fais-tu ici ? Je ne m’attendais pas du tout à te voir…»

Murmura-t-elle. Elle avait posé une question à laquelle elle aurait dû elle-même répondre, et en se justifiant.
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Roy Kinnàn
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Jeu 8 Mai - 14:59

« Je pourrai te poser la même question… » répondit Roy.

Mais il n’aurait pu dire qu’il ne s’attendait pas à la voir… Il la suivait depuis un long moment déjà…

Il fit un nouveau pas vers sa nièce et son sourire en coin se dessina plus nettement. Les mains dans les poches, il abordait ce petit air décontracté qu’il s’attachait très souvent. Il était vêtu avec beaucoup de simplicité : pantalon noir, chemise blanche et veste assortie au bas. Il avait un air de gentleman mais légèrement débraillé. Son col n’était pas droit mais légèrement entrouvert, sa chemise dépassait un peu de son pantalon. Et pourtant, il avait beaucoup d’élégance. La tenue ne collait que trop bien au personnage. Roy était de ces gens qui savent porter avec eux une certaine classe sans faire grand-chose. Tout était dans l’attitude. Dans l’aura, certains diraient. C’était presque naturel chez lui, un prolongement de son être. Son caractère ne se reflétait que trop dans sa façon de se comporter, encore qu’il laissait souvent quelques personnes pantoises et suspicieuses à son sujet. Agissait-il avec sincérité ? Disait-il vraiment ce qu’il pensait lorsqu’il ouvrait la bouche ? Il paraissait tellement ambigu aux yeux des autres…

Cependant, il ne faisait rien, absolument rien, pour dissiper les doutes. A croire que cela l’amusait, il restait toujours dans cette zone d’ambigüité que même sa nièce n’aurait su déchiffrer par instant. Et pourtant, il était toujours franc. Peut-être un tantinet manipulateur mais il aurait pu se défendre avec la plus grande honnêteté de ne pas mentir. C’était quelqu’un qui ne trichait pas… Il avançait au pas que la vie lui inculquait, sans chercher à s’en défaire. Adepte du « Carpe Diem », son tempérament, extrêmement posé de surcroit, était un héritage direct de sa mère. Il ne s’embarrassait pas du surplus dont les Hommes – l’Humanité – étaient toujours en train de rechercher. Surplus d’amour, d’affection, mais aussi d’argent, de biens, de plaisirs… Il n’était pas de ceux-là. Un être à la fois simple et complexe. On aurait presque pu en faire un roman. Car comme le déclaire Milan Kundera, « l’esprit du roman, c’est l’esprit de la complexité ». Une chose simple peut se révéler bien plus complexe et étudiée.

Pour en revenir à ces retrouvailles, Roy se tenait toujours face à Madurei avec ce petit sourire indéchiffrable. Mélange de tendresse, de moquerie et de fierté. Puis il sortit sa baguette et l’alluma par un « Lumos », éclairant ainsi plus nettement les deux protagonistes de cette scène. N’attendant pas que Madurei se justifie sur sa présence en ces lieux, il prit les devants et reprit la parole :


« Si tu comptes jouer ton argent dans les machines à sous, je crains que tu ne te sois trompée de jour… Les sous-sols sont vides ce soir… »

Il observa un instant le visage de Madurei et il eut un sourire en voyant Siegfried :

« Alors mon grand, comment vas-tu ? » demanda t il avec un sourire.

Il tendit le bras, invitant ainsi le corbeau à venir s’y percher. Pendant ce temps, Roy poursuivit :


« Quel hasard tout de même… Je passais par Pré-au-Lard pour faire quelques courses quand je vous ai vu, Siegfried et toi, en train de vous balader et vous diriger vers la Cabane… Mon sang n’a fait qu’un tour, je me suis dit : « Il faut que je dise un petit bonjour à ma nièce préférée ! » »

Bon, d’accord ce n’était pas tout à fait vrai, Roy avait légèrement modifié la vérité. Encore que c’était sensiblement ce qu’il s’était passé à l’exception du « petit bonjour à sa nièce préférée ». Et puis nièce préférée… c’était la seule qu’il avait à vrai dire…

Mais sa petite entourloupe n’était pas dite sans une légère note d’ironie dans la voix, ce qui faisait comprendre que, vraisemblablement, cette rencontre n’était peut-être pas si fortuite. On incombe toujours beaucoup au Destin et au Hasard… mais parfois ils ont besoin d’un petit coup de pouce…
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Madurei Wrytten
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Ven 9 Mai - 1:46

Après les instants de doute aux accents de douce frayeur, Madurei pouvait arborer une mine perplexe devant le phénomène qui lui servait d’oncle. Elle ne se souvenait pas de l’avoir déjà croisé dans une telle tenu, semi négligée, et pourtant nantie d’une grâce parfaitement équilibrée. C’était l’aura de sa personne même qui baignait jusqu’à chaque fibre de tissu. Les lèvres pincées un instant, elle jalousa presque l’élégance de son oncle, qu’elle ne pouvait certainement pas hérité de lui puisqu’ils n’étaient pas liés par le sang. Mmmh, scrogneugneu, comme dirait l’autre !

Fiat lux ! Roy avait illuminé l’espace d’un coup de baguette, et le sourire légèrement moqueur, si caractéristique de cet homme, apparut avec davantage de netteté. La clarté se mariait bien aux traits de ce visage familier et pourtant un brin dissident. Madurei n’avait réellement connu son oncle que tardivement, au moment où sa sœur aînée avait déjà gagné le royaume des Ombres dans son linceul de mort. Leur relation était mal partie, sur une colère de la fillette qui refusait catégoriquement tout lien avec le monde de la Magie, et ce n’est que lorsqu’elle avait rejoint les rangs des élèves de Poudlard qu’elle se fit de cet homme une icône, un modèle à suivre dans ce nouvel univers. Il lui fallait bien une lueur, elle n’avait été qu’un bateau ivre jusque là, et tout connaisseur de Rimbaud sait que le poème du même nom se termine sur un véritable naufrage, un échec, et si Madurei ne voulait pas que sa vie se base sur l’exemple du titanic, il avait bien fallu qu’elle laisse tomber quelques barrières pour accueillir une présence de plus au sein de ce cœur de glace qui avait cessé de battre pour l’amour, la joie et le bonheur depuis que la vie lui avait joué un tour si cruel.


« Fermé ? Au moment où je suis en vacances… C’est bien dommage, j’aurais du mal à m’y faufiler durant le courant de l’année classique… »

soupira-t-elle, déçue d’avoir traîné dans les parages pour rien. Elle n’avoua pas que dans le cas où elle se serait heurtée à des verrous, elle avait pensé tout faire sauter, histoire de satisfaire sa curiosité. Il y avait des moments où Madurei pouvait se montrer impulsive.
Mais Roy avait rassasié son curieux instinct : machine à sous, la rumeur était donc fondée.


Et comme elle regardait Siegfried lui échappait, elle put constater que ce n’était pas la seule chose qui n’était pas sous son entier contrôle : les paroles de Roy lui démontrèrent à quel point on ne pouvait être sur de rien avec lui. Elle pourrait s’en vexer : était-elle prévisible ? Elle nota en outre l’emploi de « mon sang n’a fait qu’un tour », une tournure habituellement employé pour signifier la colère ou une action flamboyante : il se payait gentiment sa tête, non ?


« Qu’est-ce qui t’a donc empêchée de m’interpeller avant que je n’entre ici ? J’ai… »

… trouvé la situation un peu embarrassante, allait-elle dire, mais son orgueil claqua dans son esprit tel un coup de fouet.

« Mais ! Tu viens faire des courses dans le coin, et tu ne me préviens pas ? »

s’exclama-t-elle mais en contenant sa voix, afin de ne pas non plus sembler une poissonnière en faillit. Elle fit la moue : en plus, il n’avait pas répondu à sa dernière lettre.

« Tu as sans doute des choses plus importantes dans la tête que ta nièce préférée ? Mmh ? »

Elle avait croisé les bras, et plissé ses yeux verts, pareilles à des cendres d’émeraudes prêtes à s’embraser.
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Roy Kinnàn
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Sam 10 Mai - 1:55

Roy laissa échapper un rire à la remarque de sa nièce. Ce genre de petit rire un tantinet moqueur et amusé, très spontané et… diantre, même son rire était élégant ! Ce n’était pas un rire gras de gars bourrin, de gros ours mal léché et mal élevé. C’était un rire chantant, plaisant à entendre. On ne pouvait pas totalement se vexer d’un tel rire ; c’était le genre de rire qui nous disait : « Pardonne moi, personne n’est parfait ».

Il s’accouda à un mur, ne faisant pas attention à la poussière qui grisait déjà le noir de sa veste. Il considéra la jeune fille pendant un instant, un sourire au coin des lèvres, un air passablement agaçant sur le visage et les yeux pétillants de malice. Il continuait de jouer sur cette impression d’insaisissable, pleinement conscience qu’à force… ça énerve… Mais il s’en amusait. D’ailleurs, il donnait l’impression de s’amuser de tout, comme si la vie n’avait rien de tragique. Il aurait pu se moquer ouvertement de l’Ordre des Secrets, par exemple, sans aucune peur dans les yeux et dans le cœur. S’il lui arrivait malheur et bien, c’est la vie qui l’aurait voulu. Il n’avait plus de femme, pas d’enfant… aucune attache nulle part, tout juste sa nièce. Ou sa mère. Encore qu’il savait qu’il ne lui laisserait aucun chagrin s’il disparaissait. Elle comprendrait et le regarderait s’éloigner avec un sourire. Mais sa nièce, comprendrait-elle, elle ? Accepterait-elle facilement qu’il disparaisse, ou se jette lui-même dans la gueule du loup sans se soucier de ce qu’il se passerait ensuite ? Il était le radeau dans la tempête pour elle. L’épave où s’accrocher dans la tourmente. Il savait qu’elle n’accordait aucune importance à ses liens de parenté, autre que les leurs. L’accepterait-elle, alors ? Sans doute pas… Sans doute lui en voudrait-elle de son égoïsme…

Ceci dit, il aurait été injuste de dire que Roy n’aurait ressenti aucun remord à la laisser en arrière. Il semblait égoïste, c’est vrai. Il ne s’attachait à personne en particulier. Il était un peu « un ami de passage » comme l’avait appelé Amaranth Ravenheart un fois. Un jour ici, près de vous, le lendemain à des milliers de kilomètres, sans plus se soucier de votre personne que de la reproduction des ouistitis en Forêt Equatoriale. Mais cela n’était qu’en apparence.

Bien sûr qu’il s’attachait aux gens, que leur devenir lui importait. Bien sûr qu’il se souciait de ses proches. Même s’il n’était pas toujours là et qu’il ne le montrait pas toujours. Il vous attendait au moment où vous ne vous y attendiez pas, comme ce soir-là avec Madurei.


« Je voulais te faire la surprise… » répondit il enfin à sa question.

Il quitta son mur et commença à arpenter les quelques mètres entre lui et sa cousine, observant le décor autour de lui comme s’il visitait une maison à vendre. Il passa ses doigts sur quelques planches poussiéreuses, essuya la poussière qui s’était déposée sur ses doigts en les frottant les uns contre les autres. Il donnait l’air de vouloir faire une estimation de la maison.


« En fait, j’ai une grande nouvelle à t’annoncer… enfin une autre grande nouvelle si on ajoute ma présence ici… »

Ses yeux prirent un air malicieux. Il n’y avait aucune prétention dans sa voix, tout juste un soupçon d’arrogance mais qui nuançait uniquement la moquerie de son ton. Derrière, on percevait une note de tendresse à l’égard de Madurei. L’attitude de Roy aurait pu se décomposer à la manière d’une partition de musique. Une succession de notes différentes qui donnait un résultat somme toute très étonnant mais non pas discordant. C’était ainsi qu’il composait sa vie. Une succession de faits et gestes très caractéristiques de sa personnalité. Mais il n’était ni plus ni moins que lui-même, il ne cherchait pas à jouer à être quelqu’un d’autre. Quand on lui posait la question : « Mais qui es-tu vraiment ? », il répondait : « Je suis moi-même, et c’est déjà pas mal. ». De quoi susciter un peu plus la curiosité des gens. Car les gens avaient tendance à vouloir aller chercher plus loin que cette simple réponse. Pour eux, ce n’en était pas une. Mais vraisemblablement, Roy répondait de manière on ne peut plus clair à cette question. Tout était dans l’énoncé…
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Madurei Wrytten
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Sam 10 Mai - 21:28


Ses bras se croisèrent, tout naturellement, c’était la pose qu’elle prenait le plus souvent. Elle n’allait pas cependant jusqu’à jouer du pied sur le sol en mimant la réplique célèbre de l’encore plus célèbre Sonic, le hérisson, et qui demeurait : « J’ai failli attendre… » Parce que si elle était impatiente, elle tâchait de le cacher du mieux qu’elle le pouvait. Tout élan d’humeur était un signe de faiblesse, et Madurei n’aimait pas en faire montre. Cet état de fait de son orgueil souverain s’accommodait donc mal de son tempérament colérique et ironique. C’était un cercle vicieux, elle s’énervait de s’énerver, et ainsi de suite jusqu’à ce que ses nerfs ne défaillent. Mais dans ma majorité des cas tous s’arrêtaient dans un mouvement soudain, comme au bord d’un précipice, et elle relevait la tête : tout était terminé.

Elle releva la tête, cela ne faisait que commencer, elle observait son oncle, comme si de son regard elle allait pouvoir l’emprisonner dans quelques barreaux d’argent. Il était aussi vaporeux que l’air que l’on respire au sommet d’une montagne, il avait de ces parfums insaisissables invitant au voyage. Une promesse à l’horizon qu’elle avait bien envie de suivre, souvent. Parce que nul ne peut se suffire à lui-même, à moins de mourir lentement d’asphyxie, l’autarcie n’a pas réussi à bon nombre d’états, pourquoi pourrait-elle sauver un esprit et apporter la plénitude à une âme ? Quoiqu’il en fut, Madurei avait au moins une personne sur laquelle elle pouvait compter, même si elle n’était pas toujours d’une langue fort déliée. Ses troubles, le fondement même de sa rage mêlé parfois d’une sombre tristesse, elle ne le confiait jamais verbalement, mais Roy savait : il avait été témoin de sa chute et de sa reprise d’espoir. Elle avait la conviction, et le soulagement, d’être comprise sans avoir à parler.

Parler… C’était le meilleur moyen de détruire tout ce qu’il y avait de sacré… Madurei ne pouvait poser des mots sur qu’elle pensait sans en affaiblir considérablement la force. C’était le cas de tous, du commun des mortels, mais elle était orgueilleuse, et elle voulait échapper à cette règle injuste. Elle répugnait à devenir un cas, un classique, et voir sa souffrance cataloguée, bien mise à plat dans la grande Bible des malheurs. Son mal ne devait pas être diagnostiqué, jamais… Aussi ne sortirait-il jamais de sa bouche, aussi le garderait-elle secret. Elle appréciait en Roy la discrétion dont il faisait montre sur le sujet, il n’était pas de ces pseudo psychologues imbéciles qui tentent de vous presser comme un citron pour tirer le jus nécessaire à leur analyse banalisante.

C’était une raison pour laquelle le cœur de Madurei était resté imperméable à l’amour, elle nourrissait le désir intense et presque obsessionnel de ne pas sombrer dans cette banalité qui, selon elle, ne ferait qu’enlaidir son esprit et l’affadir. Devenir la moitié de quelqu’un c’était comme accepté d’être le composé de la moitié d’un grand rien. S’il y avait du vide en elle, il ne serait certainement pas comblé par un autre gus de passage.


« Une grande nouvelle ? Tu me mets l’eau à la bouche… »

dit-elle presque sur un ton de reproche. Vilain tonton railleur ! Ce petit jeu devait l’amuser, et même si elle commençait à avoir l’habitude, elle gardait son côté bougon.
Elle dégagea une longue mèche noire perdue sur son épaule, et ressentit comme un manque à l’absence de Siegfried de dessus son épaule : elle avait tellement l’habitude de garder cet animal perché sur elle qu’il en était devenu une partie de ce corps longiligne. A Poudlard, d’ailleurs, il lui servait quasiment de signe distinctif et de carte de visite
.

« Mmmh, je suis en réalité une enfant adoptée… »

tenta-t-elle, un peu pince sans rire. Elle se doutait bien que ce ne serait pas de cet ordre-là, même si le fait de ne pas être attachée à une telle famille d’abrutis congénitaux constituait une idée des plus séduisantes.
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Roy Kinnàn
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Jeu 15 Mai - 22:42

Roy sourit mais se retint de rire tout de même. Les parents de Madurei n’étaient pas des plus ouverts d’esprit mais il n’oubliait pas qu’ils faisaient encore partis de sa belle-famille. Même si sa femme était décédée, il considérait qu’ils étaient toujours liés par le deuil. D’ailleurs, au contraire de sa nièce, Roy ne détestait pas la famille Wrytten. Il les respectait et s’accordait à comprendre leur répugnance pour la sorcellerie et le sang sorcier qui coulait dans les veines de leur fille. Il ne les jugeait pas, ce n’était pas son genre. Pour lui, personne ne pouvait détenir la Vérité Absolue. Leur peur n’était pas si irrationnelle que ça, on a toujours peur de l’Inconnu avec un grand I…

« Non, je pensais à une bien meilleure nouvelle… » répondit il en se remettant à arpenter les quelques mètres de planches poussiéreuses.

Il songea un instant à faire durer le plaisir et à lambiner à lui dire de quelle nouvelle il s’agissait. Il s’amusait à faire monter la pression chez sa nièce, pour voir avec quel air renfrogné elle lui répondrait. Elle semblait avoir autant de sang chaud qu’il avait de sang froid. Mais il revint finalement sur sa décision et se décida à cracher le morceau tout de suite :


« Je vais m’installer à Londres pendant un moment… J’ai loué un appartement en centre ville et je vais exercer comme Guérisseur à Sainte Mangouste… »

Il eut un sourire qui n’était plus railleur mais visiblement satisfait. Il s’arrêta de marcher pour observer la réaction de Madurei. Il espérait qu’elle soit contente qu’il pose enfin ses valises. Cela signifiait qu’il pourrait passer plus de temps avec elle. Pendant des années, il n’avait pas arrêté de vagabonder aux quatre coins du monde pour faire des recherches sur des spécimens intéressants de plantes ou autres. Il s’arrangeait pour garder contact avec elle, même à l’étranger mais ils se voyaient très occasionnellement. Il lui arrivait parfois de la voir débarquer avec valises et corbeau dans son petit trou à rats en Ecosse, quand elle était sûre qu’il était là. Il ne lui disait que très peu – voire pas du tout – mais il était très heureux de la voir à chaque fois.

Siegfried était toujours perché sur son bras, et Roy caressait doucement son plumage sombre avec deux doigts, comme pour lisser ses plumes. Jusqu’ici, l’oiseau avait été leur seul vrai lien. Roy lui avait offert quelques années plus tôt, en gage de son affection. Que Madurei garde cet oiseau était, pour lui, une garantie qu’elle gardait confiance en lui. Il n’en demandait pas plus. Il avait été touché par cette enfant, petite en âge mais déjà bien grande en esprit. Il n’avait pas insisté lorsqu’elle l’avait rejeté, la première fois qu’il lui avait tendu la main. Mais ce n’était que pour mieux revenir après. Quand on cherche à apprivoiser un animal, on lui tend sa main pour qu’il apprenne notre odeur et s’habitue à notre présence. Il se peut qu’il nous morde les premières fois. Mais il finit par se faire à cette présence étrangère jusqu’à ce qu’elle devienne familière. Et un beau jour, c’est l’animal qui vient vers nous…

Roy avait agi un peu de la même manière. Nul besoin de presser la jeune fille. Elle devait venir à lui d’elle-même, accepter sa présence sans qu’il ne l’y force. Madurei n’était pas un animal, bien sûr, mais elle avait ce tempérament fougueux et indépendant qui nécessitait qu’on mérite la place qu’on prendrait près d’elle. Il voyait la situation de cette manière : il devait mériter cette intimité avec elle.


« Tu seras bien sûr la bienvenue si tu veux venir pendant les vacances… et j’insiste : uniquement pendant les vacances… Ce sera déjà mieux que te savoir en train de vagabonder dans des endroits sordides comme celui-ci… »

Sa voix n’exprimait aucune tentative d’autorité. Juste une légère fermeté. Jouer les petits chefs autoritaires ne lui plaisait pas, il ne jouait pas de ce genre d’arrogance-là. Mais il faisait ainsi comprendre ainsi à Madurei que le marché était à deux sens : pas de bras, pas de chocolat !
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Madurei Wrytten
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Jeu 22 Mai - 0:35

On pouvait toujours essayer n’est-ce pas ? Ce bel espoir de n’être point la fille de Sir Frédéric l’avait caressée telle une aile de papillon, et ainsi que le glorieux insecte, il avait été écrasé par la langue gluante et sans gêne de cet ignoble crapaud que l’on nomme la vérité. Madurei sortit sa baguette à son tour, car Roy reprenant sa marche emportait avec lui le soleil, et la pénombre retombait sur les paupières de la jeune fille qui s’offusqua presque de ne plus voir le visage de son interlocuteur qu’à travers un voile d’ombres. D’un petit geste sec, elle s’éclaira, et comme si ses oreilles avaient eu besoin de lumière, il lui sembla mieux l’entendre. Mais peut-être n’était-ce dû qu’à la qualité de ce qui lui coulait dans les tympans ainsi, il mettait pour un temps ses innombrables pèlerinages suspension. Londres n’était pas très éloignés de Poudlard en terme de réseau de cheminée. Comme on disait au service des postales des moldus : pour une nouvelle…

« C’est une bonne nouvelle… » dit Madurei, abaissant sa baguette pour qu’il ne voit pas l’ampleur de son sourire, elle n’aimait pas se montrer démonstrative. Mais c’est dans sa voix qu’il fut visible : quand le visage ne trahit pas, le corps trouve toujours un moyen de s’exprimer… dans une intonation, dans une larme, dans un souffle. Les yeux de Madurei restaient désespérément secs, c’était presque une coutume, mais que sa bouche était plus bavarde que le sel de son regard. Il y avait toujours une pointe, un son, pour dévoiler ses véritables pensées. Mais ce n’était pas un mal, elle aimait la franchise, encore plus lorsqu’elle était spontanée, et non pas calculée.

« J’espère que tu ne regretteras pas de me l’avoir dit… » poursuivit-elle, un brin de malice la gagnant. Elle avait presque oublié la situation dans laquelle elle ne s’était faite prendre –Aucune ambiguïté!- et ses muscles se détendaient, son caractère nerveux perdait de sa superbe tandis qu’elle retrouverait une impression de chez soi.

A Poudlard, elle n’était pas vraiment chez elle, elle demeurait une Sang-De-Bourbe parmi les serpentards. Et même si elle avait la force de caractère nécessaire pour passer par-dessus ce genre d’obstacle, si son orgueil était tel que l’opinion des autres n’avait aucune prise sur son âme rebelle et ambitieuse, elle n’était pas insensible à la chaleur d’un foyer, même si elle se faisait rare. Aussi, quand elle pouvait la saisir, elle n’hésitait pas.
Malgré tout, elle n’avait jamais agis comme une enfant en quête de câlin envers son oncle. Passé le jour, passé la fête, dit-on, elle n’avait pas reçu d’amour parental dans son enfance, elle aurait eu bien du mal à recréer ce qui n’avait jamais existé. C’était donc une affection différente qu’elle avait envers cet homme qui lui servait de modèle et de pied à terre, sans le sens où il l’enracinait au monde réel. (Sait-on si Madurei, avec ce gouffre qui lui sert de poitrine, n’aurait pas plongé dans l’abîme sans cette présence rassurante ?) Dans les actes, elle conservait une forme de distance qui était à la fois respect, faroucherie et gêne. Le rapprochement se jouait sur un plan plus sentimentalement intellectuel. Oxymore étrange, et qui vacillait parfois.


« De toute façon, ils ne nous laissent pas rentrer chez nous les week-end, et la concierge est particulièrement douée dans l’art de la traque… » soupira-t-elle, elle en savait quelque chose.

« Sordide mais désert… » ajouta-t-elle. « J’en suis même déçue, si je ne t’avais croisé, j’aurais passé une bien triste soirée, à compter les plumes de Siegfried… »

Elle leva son bras et fit un léger sifflement pour rappeler sa bestiole. Le corbeau croassa doucement, et sans hâte, il revint se percher sur sa petite maîtresse. Il aimait quand Roy était là : devant lui, Madurei n’oserait pas s’énerver. Il pouvait même mordiller les mèches de ses cheveux sans craindre de se retrouver le bec planté droit dans le sol. Mais comme il était sage, contrairement au piaf de la fable, ils se contenta de bouger ses plumes par moment, gratouillant le bout du nez de Madurei, qui fronçait les sourcils, prise d’une envie d’éternuer.

« Cela ne te manquera pas de voyager ? Je veux bien prendre un pari sur le temps que tu tiendras en place… » demanda-t-elle à Roy en caressant Siegfried pour le prier de se tenir tranquille. Elle ne paraissait pas perplexe, mais tout de même, c’était une question à se poser.
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Roy Kinnàn
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MessageSujet: Re: Retrouvailles ! [Roy]   Lun 2 Juin - 20:48

« Prendrais-tu le risque de parier les deux mois de vacances prochains chez tes parents ? » répondit-il avec un léger sourire en coin.

Il était vrai que Roy avait pris l’habitude de voyager. C’était devenu comme dans une seconde nature, il ne pouvait pas rester en place plus d’un certain temps d’affilé. Il avait besoin de bouger, de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux horizons. Rester ancré au même endroit, pour lui, était synonyme de la fin de sa vie. Pas dans le sens où cela provoquerait sa mort physique, mais cela le plongerait dans un ennui mortel. Et cela était fort dommage. Quand on le voyait, il ne donnait effectivement pas l’impression d’être le genre de personne qui aspire à jouer aux dominos à longueur de journée en attendant que mort s’ensuive. Sans doute continuerait-il ses errances jusqu’à ses derniers vieux jours. Et peut-être était-ce aussi pour lui une façon de ne pas trop s’attacher aux autres. Il mettait une distance géographique entre eux, minimisant ainsi les liens d’affection. C’était un exemple type de son égoïsme même s’il ne le voyait pas ainsi. Mais on ne s’attardait plus à lui poser la question de savoir pourquoi il agissait ainsi. Car il avait alors toujours la même réponse agaçante : « Si je meurs, vous m’en voudrez moins… »


« Enfin, ceci dit, je ne dis pas que je m’installe définitivement… J’ai bien précisé que ce serait pour un moment… indéterminé pour l’instant… Je verrai comment les choses tournent à l’hôpital et si je ne deviens pas trop nostalgique de mes vieilles recherches en Forêt Amazonienne… »

Derrière ces mots anodins transparaissaient aussi un brin de mélancolie qu’il tentait toutefois de laisser de côté. Evoquer ses voyages, c’était reparler de cette époque où il avait connu sa femme, la tante de Madurei. C’était le seul être auquel il s’était réellement attaché. Du moins, de façon visible et pas avoué qu’à demi-mots seulement. Il avait promis de l’aimer jusqu’à ce que la Mort les sépare et c’est ce qu’il avait fait. Aujourd’hui encore, il gardait le souvenir précieux de sa jeune épouse, pleine de vie et souriante. Ce qui expliquait qu’il ne recherchait rien d’autre chez les femmes qu’un peu de bon temps et de bonne compagnie ; son âme-sœur était partie et il savait qu’il n’en trouverait certainement pas d’autre. Le voyage était aussi un moyen pour lui de ne pas devenir un homme aigri et assailli par le chagrin et la nostalgie perpétuelle des jours anciens. Malgré cela, malgré la disparition d’Amédée, il continuait à vivre au jour le jour et à profiter de ce que la vie pouvait offrir… tant que cela était encore possible…

« Alors, si tu me disais un peu ce que tu étais venue faire dans ce coin… » reprit-il en revenant à des sujets plus immédiats.

Il ne comptait pas rabrouer Madurei de toute façon. Il avait fini par s’asseoir sur un bout de planche branlante pour pouvoir discuter plus à son aise. Si l’on exceptait les toiles d’araignée, la poussière et cette obscurité lugubre, on aurait presque pu penser qu’ils tenaient salon. Mais Roy ne semblait pas gêner par le décor : il s’habituait à toutes les occasions, à tous les lieux… Aussi, discuter dans le sous-sol d’une cabane à l’abandon ne semblait pas être particulier pour lui. Il avait probablement vu déjà pire.

La lumière de sa baguette éclairait les traits de son visage. Le temps paraissait n’avoir aucune emprise sur lui. Ou du moins, pas le genre d’emprise qui avilie le visage et le rend ridé et flasque. Certes, Roy était loin d’avoir l’âge des rides et de la peau flasque ! Il arrivait peu à peu à l’aube de ses trente ans, et le temps avait joué avec ses traits, semblant les avoir affirmés et aguerris. Il affichait un sourire encore juvénile et railleur mais dans ses yeux, on lisait également une certaine expérience.

Dans tous les sens du terme, Roy était un homme à multiple facettes et il n’était jamais là où on l’attendait ; il était toujours entre deux eaux, quelque part entre l’amusement et le sérieux, entre la sagesse et la folie, entre l’élégance et le négligé… Il ne rentrait dans aucune norme stricte et c’est ce qui faisait à la fois sa différence et sa capacité à s’adapter à tout moment. Cela n’avait rien avoir avec de l’hypocrisie. Au contraire, Roy était tout ce qu’il y a de plus franc et honnête. Si son attitude donnait l’impression d’être entre le mensonge et la vérité, c’est uniquement parce que les gens ne le connaissaient pas vraiment. Il entretenait cette ambigüité comme on entretient un potager. Il y prenait grand soin parce que cela le faisait sourire doucement de soulever tant d’interrogations. Pourtant, il agissait simplement et honnêtement. Sans doute était-ce parce qu’ils vivaient dans une époque de trouble et de mensonge, où le port d’un masque est presque obligatoire pour pouvoir aller dans ce monde… L’honnêteté n’étant plus de mise nulle part, il s’agissait d’une qualité qu’on ne savait plus reconnaître ni déceler chez les autres…
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