Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?

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Alexiane Célia Sawer
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Age et liens familiaux: 36 ans ; deux enfants : Alix, 11 ans, et Aeden qui en a 14.
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MessageSujet: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Jeu 13 Mar - 0:31

Le regard transparent d'Alexiane parcourait la foule. Les enfants se poursuivaient dans les allées, tendaient des cacahouètes aux éléphants malgré les panneaux l'interdisant. Les parents marchandaient avec un marchand de glace, perché dans son camion.
Les mains serrées sur ses cuisses, elle se rappelait le temps où elle aussi réclamait une barbe à papa en s'esclaffant devant les chimpanzés. Il y avait eu une époque durant laquelle elle avait porté des collants rayés, des cheveux roux, des robes à fleurs. Le jour du zoo était un jour de fête. Aaron la taquinait comme n'importe quel grand frère, et elle avait même parfois le droit d'emmener une amie.

Une petite brune passa en courant devant le banc de bois sur lequel était assise Alexiane. Elle fut bientôt rattrapée par la bande d'enfants, et, après une vive discussion, ils décidèrent d'aller s'attaquer aux girafes.

Alexiane se sentait désormais très loin de tout cela. Ce passé qui s'imprégnait dans ses robes grises, dans son expression maussade. La joie qui avait tout de même existé dans son enfance avait été effacée pour céder la place à l'amertume. Elle s'était perdue dans son passé, dans le refus de vouloir s'adonner au présent.

Ses yeux glissaient sur tous ces Moldus, ces gens sans pouvoirs magiques. Le temps avait passé, le temps n'existait plus. Elle se souvint qu'elle n'avait pas voulu de la magie la première fois qu'on lui en avait parlé. Premier contact prémonitoire, ou influence de la première impression ? La suite n'avait pas amélioré sa relation avec ses pouvoirs. Mais, aujourd'hui, elle était une sorcière à part entière. Elle s'était habituée à utiliser plus souvent sa baguette que ses mains, et ne saurait sûrement pas s'en passer.
Ses mains tirèrent sur sa jupe pour la ramener sur ses genoux. Elle remarqua ses ongles rongés jusqu'au sang, ses doigts qui ne s'étaient pas décrispés depuis des années. Elle songea qu'à force de se replonger dans le passé, elle était devenue un souvenir vivant. Elle était une photographie, de celles de l'ancien temps que l'on ressort parfois des tiroirs.

Mais cela allait changer. Finie, l'époque où on courbait l'échine ! Plus question de compter sur ses enfants pour la soutenir. Les rôles avaient été inversés, et il n'était plus du ressort d'Aeden et Alix de s'inquiéter pour elle. Elle n'avait plus quinze ans, que diable !

Mais le changement était radical et la rendait mal à l'aise. On était loin de la petite broche orange, de la légère ceinture de couleur. Depuis plusieurs jours déjà, elle réfléchissait à son comportement puéril. Mais elle n'avait pu agir, pas là-bas, à Pré-au-Lard. Au coeur de la foule de Moldus, Alexiane se sentait rassurée. Il n'y avait ici personne pour la juger, personne pour la connaître. Personne pour l'assurer qu'on comprenait ce qu'elle ressentait. Libre, elle pouvait vivre sa résurrection.

Assise sur un banc, l'air de rien, devant le flot de gens, les yeux perdus du côté de l'enclos des girafes, là où les enfants avaient disparu, elle respirait. Mais avec difficulté. C'était comme essayer de prendre son élan, et de faire un faux pas. On se retrouve le nez contre le sol ; Alexiane, elle, avait le front qui cognait contre un mur. Elle n'avait pas de regrets, pas de remords, mais un petit quelque chose qui...
Mal à l'aise, elle se tortilla. Son regard quitta doucement le groupe d'enfants de moins en moins distinct pour s'attarder sur sa tenue. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour s'affronter. Mettre de côté ses robes de none, et l'espace d'une journée, voir une Alexiane de son âge. Trente-six ans. L'âge d'évoluer.

Sa robe au large col - c'était tout de même l'hiver - avait des manches longues fendues au poignet, et s'arrêtait au niveau de ses genoux. Court, pour l'herboriste. Des collants noirs et des ballerines sobres complétaient sa tenue de combat.

La robe était rose fluo.

Une nouvelle fois, la sorcière grise qui ne l'était plus tant tira sur le bas de la robe. Une goutte d'eau tomba sur son genou gauche. Une autre atterrit sur son nez. Une pluie fine, anglaise, se répandit sur chaque surface, mais la sorcière ne bougea pas.

[Et un peu de pathos, encore T_T]
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Sam 12 Avr - 14:16

Lilian se baladait tranquillement avec ses parents dans la partie moldue du zoo. Tout allait bien. Il faisait plûtôt beau pour un journée d'hiver, rien de mauvais à l'horizon. Pourtant le coeur de la jeune enfant était emplit de tristesse. D'une sorte de brume que le pâle soleil hivernale n'arrivait pas à chasser. La monotonie de la vie de la petite sorcière se faisait de plus en plus sentir. Rien de nouveau et ses deux frères étaient maintenant à Poudlard pendant qu'elle se morfondait et s'ennnuiait sans relâche.

Que faire pour rompre le chemin droit et fatiguant de la vie? Pas de nouveau amis, toujours les mêmes et à 9 ans quand on ne va pas à l'école les occasions de se voir sont minces. Surtout ces temps ci avec l'apparition d'un certain "Ordre des Secrets", d'après ce qu'elle avait compris, elle n'avait que rarement le droit d'être seule ou de bouger. Ces parents la collaient constamment et comme ils étaient assez pris par leurs travail ils n'avaient que très peu de temps pour faire prendre l'air à Lilian. Qui se sentait de plus en plus comme un chien qu'on promène, vite fait, puis qu'on laisse poirauter au domaine familial.

A quoi tout cela rimait? Elle avait vraiment l'impression d'être une sorte de fardeau pour ses parents et de toutes façons elle en avait assez de cette vie toujours pareille et dénuée de relief. Elle devrait attendre deux ans pour aller à Poudlard mais même cette perspective d'être un jour dans l'école ne la réjouissait plus. Après tout ce ne serait que des cours identiques les uns aux autres et sans véritable but. Elle n'avait que 9 ans mais elle rêvait déjà d'aventures, le mélange Ginny-Harry avait donné 3 enfants hors du commun et Lilian elle avait hérité d'une témérité et d'un désir de bouger, d'un goût du risque plus exactement, sans limites.

Perdue dans ses pensées moroses et sans fin. Et également sans queue ni tête, selon elle qui commençait à se perdre dans le flux continu et étrange des sentiments. Cerataines personne le décrive comme un fleuve, mais dans le cas de Lilian un torrent serait plus juste, l'on comprendrait mieux l'état de la jeune fille dont les idées se bousculaient dans sa tête comme l'eau qui se jette sur les rocher.
Donc, perdue dans ses pensées, Lilian ne faisait plus attention à ceux qui l'entourait. Elle rentra dans quelqu'un, elle marmona un brève excuse et continua sa route sans être troublé plus que ça.

Elle soupira. *Pense à autre chose!* se dit-elle. Tout cela est trop compliqué. Et pas reposant en plus. Elle ferait mieux de profiter de la promenade. Elle releva la tête et regarda devant elle. Son coeur s'emballa d'un coup. Elle regarda à droite à gauche, mais elle ne trouva rien. Elle était toute seule et perdue au milieu des moldus. Le zoo était le plus grand de Londres, il était vaste et s'était la première fois que Lilian s'y trouvait, avant elle n'allait que dans la partie réservé aux sorciers. Aujourd'hui ses parents avaient choisit le quartier moldu.

Elle se forca à se calmer et à respirer lentement. Certes elle aimait être seule et se débrouiller sans l'aide de personne, mais elle n'était pas stupide, quand elle se promenait seule elle allait dans des lieux qu'elle connaissait. Pas n'importe où. Et pas en plein zoo moldu où un policier moldu pourrait l'arreter pour savoir ce qu'elle faisait seule et se retrouver avec lui jusqu'à ce que ses parents la retrouvent. *Aucune envie de cela* pensa-t-elle. Mais il pouvait avoir pire, un moldu vicieux et fourbe pourrait l'emporter, et elle serait livrée à elle même, car elle ne maîtrisait pas encore bien la magie pour se défendre d'un homme plus âgé et bien plus fort qu'elle. Cette pensée là était sans doute la plus déplaisante.
Mais elle se dit qu'elle pouvait aussi être écrasée en cas de mouvement de foule, car elle était très petite et elle ne resortait pas beaucoup dans le paysage. Elle imagina aussi qu'un enclos quel qu'il soit vienne à casser et à laisser sortir des animaux rendu méchants par la captivité. Elle continua à imaginer pleins d'histoires lugubres et pas joyeuses, la plupart n'avaient aucunes chances de se réaliser mais elles effraiyaient quand même la jeune enfant.

Que faire pour se sortir de là? Bon. D'abord se calmer. Ce qu'elle avait réussi temporairement, mais après elle avait échaffauder trop de destins affreux qu'elle était à nouveau morte de peur. Elle arriva quand même à faire ralentir à nouveau les battements de son coeur.
Elle regarda le ciel. Il était sombre. Il allait pleuvoir. Comme pour l'ui donner raison une goutte d'eau s'écrasa sur son nez en trompette. Rapidement sa robe argentée fut trempée. L'eau dégoulinait de ses cheveux lâchés qui devenaient de plus en plus foncé, passant de roux, à roux fonçé et maintenant il paraissaient presque rouge dans ce monde gris. Lilian n'aimait pas la pluie. Elle avait peur. Une larme roula le long de sa joue. La pluie se mêlait aux larmes salées de Lilian.

La jeune sorcière, le coeur en peine, s'assit sur un banc. Il y avait déjà une femme, mais la petite n'y fit pas attention. Bien que la robe rose fluo de celle-ci accrochait terriblement le regard, au même titre que les cheveux de Lilian. Toutes les deux se détachai particulièrement et beaucoup de gens se tournaient vers elles en marchant. Mais aucunes ne s'atardaient pour réconforter la petite. Qui désanparée cherchait à voir ses parents dans la foule.
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Alexiane Célia Sawer
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Dim 27 Avr - 20:08

[Joli post, je m'incline ! Désolée du retard]

Alexiane était aveugle. Ses pensées nostalgiques l'empêchaient de prêter attention à ce qui l'entourait, et la pluie masquait le paysage sous un voile grisâtre. Les parapluies, ultimes taches de couleur, se déployaient. Autour d'elle, tous s'agitaient, se pressaient pour échapper aux trombes d'eau que le Ciel délivrait. Bousculée par cette foule, une petite fille semblait perdue. Si Alexiane avait cessé de penser à elle-même, toujours à elle-même, peut-être l'aurait-elle remarquée.
Mais elle s'enlisait dans ses souvenirs, dans sa tristesse mélancolique. Son combat contre elle-même ne semblait pas lui faire de bien. Elle avait rêvé d'une délivrance, d'un changement radical, d'un sentiment de liberté. Au lieu de cela, le poids qui lui écrasait les épaules semblait plus lourd que jamais. Il lui semblait qu'elle était encore moins capable de se prendre en charge, affaiblie par son affrontement intérieur. Ses pensées contradictoires la fatiguaient.

Frissonnante, elle resta assise sur son banc, les yeux dans le vague. Elle regardait sans les voir les gens, la pluie, les animaux dans leurs enclos. Elle observait la grâce des girafes au long cou, l'agileté des singes aggripés aux grillages. La pluie ajoutait encore du charme au lieu enchanteur, mais rien de tout cela ne touchait la sorcière grise.

Elle dégoûlinait, et l'eau lui prêtait une apparence fantômatique. Si elle avait été vêtue de ses longues robes grises, tous se seraient enfuis sur son passage, persuadés de croiser le chemin d'une morte ou d'un esprit des eaux. Ses cheveux tombaient en de lourdes mèches humides sur son front et ses épaules. Sa peau nue était d'autant plus pâle qu'Alexiane commençait à se sentir frigorifiée. Des gouttes d'eau perlaient sur ses cils, reflétant le gris irréel de ses yeux.

Un poids léger appuyant sur le bois, un craquement du banc, Alexiane sentit plus qu'elle n'entendit ou ne vit une présence. Ses cils papillonnèrent comme si elle se réveillait d'un long sommeil, faisant couler les gouttes qui s'y étaient perchées. Son visage se tourna imperceptiblement vers la petite fille.

Elle était aussi bien habillée que l'adulte, dans une robe couleur d'argent. Ses cheveux rouges détonnaient aussi bien que la robe rose. Alexiane sentit un lien, une sorte d'empathie entre elles. Toutes deux trempées, l'air triste, différentes. Car en effet, la petite fille semblait perdue, hagarde. Il semblait à Alexiane qu'elle lisait dans ses yeux de la peine et de la peur.

Que faisait une enfant si jeune, seule ici ? Pourquoi ne cherchait-elle pas à échapper à la pluie, à courir vers la voiture de ses parents ?
C'est alors qu'elle remarqua que la pluie n'était pas seule à mouiller les joues de la fillette. Celle-ci, en effet, sanglotait, discrètement.

Une sorte d'instinct maternel se réveilla en Alexiane. Elle fut prise d'une envie subite de protéger cette petite, de la réconforter, de l'aider. Il lui semblait qu'elle revoyait Alix à cet âge - il n'y avait pas si longtemps.

Elle se pencha lentement vers la petite fille, sans vouloir la brusquer ou lui faire peur. D'une voix douce, presque maternelle, elle s'adressa à la petite fille.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu es perdue ?

Elles devaient offrir un fameux spectacle, trempées jusqu'aux os, au banc des mélancoliques.
Pendant ce temps là, le zoo se vidait, la foule de gens s'écoulant comme un long fleuve, en direction des grilles du zoo. Le personnel rentrait les animaux, et, bientôt, l'endroit déserté aurait l'air aussi fantômatique que la femme assise sur un banc, penchée sur une petite fille, gênée par sa robe trop voyante.
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Lun 28 Avr - 21:42

[Merci. Les tiens sont mieux que les miens si je puis me permettre. Et pas grave pour le retard.]

Lily pleurait. Ce qu'elle pouvait se sentir mal. Tous ses rêves d'être libres de se débrouiller seule venaient de partir en fumée. Elle venait de réaliser quelque chose d'important pour arriver à grandir. Elle était une petite fille, pas une adulte et elle était morte de peur.

Soudain une voix douce retentit aux côtés de Lily. La femme qui était assise sur le banc c'était tournée vers elle et elle lui parlait.
Elle était vêtue d'une robe rose fluo, très voyante. Elle avait des yeux gris que la petite sorcière jugea magnifiques, elle aimait la profondeur de son regard et surtout l'originalité de la couleur qui rendait à ses yeux la jeune femme devant elle dotée d'une apparence execeptionnelle.

Après avoir détaillé la femme le coeur de Lily fut prise d'une peur sourde. Qui était cette femme? Que lui voulait-elle? Etait-elle méchante? Fallait-il avoir confiance en elle?
Et cette dernière question était sans doute la plus effrayante et troublante de toutes.

Mais elle se rappella de sa voix. Si douce... Tellement rassurante. Empreinte d'une telle tendresse. Elle lui faisait penser à sa mère quand elle faisait un cauchemar et qu'elle venait la bercer doucement pour calmer sa fille.
En deux seconde elle prit sa décision. Cette femme était très gentille. Elle ne lui voulait que du bien. La sorcière miniature le sentait au fond d'elle-même. Sa confiance grandissait dans son coeur.

Bizarrement ses sanglots redoublèrent à cause du soulagement. Elle n'était plus seule. Elle allait s'occuper d'elle. Sans plus tergiverser elle sauta dans les bras de sa protectrice et se blottit au coeur de ses bras. Elle se sentait toute petite et ses sentiments de grande fille capable de l'impossible disparurent totalement. Elle avait reçu une belle leçon d'humilité mais elle s'en moquait. Tout ce qu'elle voulait c'était que la jeune femme la serre fort contre elle. Après elle lui expliquerait. Pour le moment elle devait calmer ses peurs.
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Alexiane Célia Sawer
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Lun 12 Mai - 18:35

Alexiane sentit que la petite fille la scrutait, et eut l'étrange impression d'être analysée, de ne pouvoir rien cacher à ce regard. C'était comme si on l'observait sous toutes ses coutures, comme si le bout de sorcière qui lui faisait face sondait son âme. Mal à l'aise, les mains d'Alexiane se crispaient sur ses cuisses, tirant sur le bas de sa robe pour tenter de la rallonger. Elle avait l'impression d'assister à un procès - non, pas d'y assister, mais plutôt d'y jouer le rôle de suspect n°1.

La petite fille semblait prise d'un chagrin immense, d'une tristesse aussi vieille que le monde. Alexiane se demanda ce qui avait pu se passer pour que ce petit visage se retrouve trempé de larmes. Elle semblait encore jeune - pas plus de dix ans, peut-être onze. Que pouvait-elle faire, seule dans ce zoo, seule sous la pluie ?
Ceux qui ne craignaient pas l'eau erraient encore, abrités sous des parapluies de toutes sortes et de toutes les couleurs. Mais aucun ne s'attardait pour prêter attention à la femme et à la petite fille, pourtant si voyantes sur leur banc de bois vermoulu. Plus ils s'éloignaient, plus la pluie masquait leurs silhouettes, et brouillait les couleurs. Ils n'étaient plus qu'ombre, arpentant les allées, contemplant des cages vides et des enclos désertés.
L'adulte avait l'impression de vivre dans le reflet du monde. Oui, ce devait être ça. Quelque part, quelqu'un regardait dans un fleuve, un lac ou une rivière. Et il voyait la scène, le déluge sur les deux exclues, les deux perdues, les deux à part. Quelque part, la pluie martelait le fleuve, et chaque goutte troublait la masse placide de l'eau, et le bruit était semblable à celui d'une cascade. Oui, certainement, si l'homme - le seul, certainement, le seul véritable être, véritable vivant - qui les observait touchait de sa main l'onde, tout disparaîtrait. Il n'y aurait plus d'Alexiane sur son banc, dans sa robe rose, et, avec elle, oubliés le zoo, les parapluies, les ombres. Il n'y aurait plus de doute, plus de questions, plus de pleurs et de chagrins.
Mais il n'y aurait plus non plus de petite fille aux cheveux rouges, ni d'espoir.
Et Alexiane se surprit à prier pour qu'aucune main ne vienne troubler son monde tourmenté.

Alexiane distinguait la scène que présentait le zoo du coin de l'oeil, n'osant pas détacher son regard de celui de la fillette. D'une certaine manière, elle craignait que ce geste ne fasse pencher la balance du mauvais côté, et que l'on plaide coupable. Coupable de quoi, coupable quand, coupable où ? Elle n'en savait rien, mais tempérait ses gestes, veillait à ne pas bouger trop brusquement, comme si elle était face à une bête sauvage. Même plongée dans ses pensées, elle n'avait pas bougé, immobile. Elle était pleinement dans la peau de l'accusée droite sur son banc, en attente de la décision.

Lorsqu'enfin les yeux noisettes quittèrent ceux gris d'Alexiane, celle-ci se demanda quel était le verdict.
La réaction de la fillette l'étonna d'autant plus qu'elle était bien contraire à cette impression de procès. Un instant, elle se dit que cette enfant était vraiment inconséquente. Que lui serait-il arrivé, si elle avait eu de mauvaises intentions ? Accordait-elle donc sa confiance si facilement ? Mais l'instant passa, et Alexiane préféra se dire qu'heureusement elle n'était pas ce genre de femme.

Et ses bras accueillirent la petite fille comme ceux d'une mère. Elle hoqueta un moment, secouée par ses sanglots, blottie comme une enfant peureuse. Alexiane n'osa la serrer trop, de peur d'augmenter ses craintes, mais elle entreprit de murmurer des paroles de réconfort. Les mots sortaient de sa bouche sans qu'elle s'en rende compte, ils s'écoulaient, comme contre sa volonté. Elle ne savait pas du tout ce qu'elle disait, mais elle continuait. Jamais un mot n'allait plus haut que l'autre ; sa voix constituait un fleuve tranquille, monotone.

Lorsqu'enfin, la fillette sembla calmée, sa voix mourut. Elle ne se rappelait pas ce qu'elle avait dit, et cela n'avait aucune espèce d'importance. Elle resta un instant silencieuse, serrant la fillette dans ses bras. Lorsqu'elle jeta un coup d'oeil alentour, elle se rendit compte que la vie avait continué. Des silhouettes indistinctes, sans noms, arpentaient encore les allées. La pluie faiblissait, sans pour autant s'arrêter totalement.
Elles étaient toutes deux trempées, dégoulinantes. Les cheveux d'Alexiane lui tombaient sur les yeux comme un chien aux poils trop longs. Mais la pluie ne semblait pas les déranger. Le froid conférait à leurs bras un aspect bleuté, mais aucune des deux ne tremblait.

Enfin, Alexiane dessera l'étreinte, et, fixant la petite fille de ses yeux gris, proposa d'une voix claire, mais tout aussi rassurante :


- Bon. Et si tu me racontais ce qui t'arrive, maintenant ? Qu'est-ce qui peut bien rendre si triste un si joli minois ?

Elle lui adressa un sourire doux, emprunt d'une nostalgie incompréhensible. Elle semblait loin, ailleurs. De l'eau dégoulina de ses cheveux et atterrit sur sa langue. Elle avait le gout amer de la tristesse de la petite fille.
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   Lun 2 Juin - 21:28

Lily écouta la voix de la jeune femme, blottie contre elle. Elle sentait le rassurant bambam dans sa poitrine, le même que celui de ses parents quand elle était petite et qu'ils la prenaient dans leurs bras pour sécher ses larmes.
Au bout de quelques minutes, la respiration de Lily s'appaisa, elle se sentait moins seule. Mieux, elle n'était plus seule et elle n'avait plus peur. La femme est robe rose fluo lui demanda enfin pourquoi elle était dans cet état. Au début Lily bafouilla une phrase inintelligible. Puis elle se reprit, elle tenait son ange gardien. Elle n'allait pas le laisser s'envoler. Elle commença d'une petite voix.


" Je me suis perdue. Mes parents ont disparu dans la foule. Et la pluie m'a surprise. "
Elle avait dit tout cela très vite et elle ne s'en rendit compte qu'à la fin, sans respirer. Elle pris une grande bouffée d'air. Elle avait confiance en la femme.
" Je suis Lilian Potter. Et toi? "

Le tutoiement avait fusé, naturel. Les deux sorcières se comprenaient parfaitement. Elle n'avait ni le même âge, ni les mêmes problèmes. Mais elles étaient perdues toutes les deux.
Un éclair déchira le ciel et le tonnerre retentit, fort. Effrayant. Lily poussa un cri appeuré. Elle avait toujours eu peur des orages. Elle n'avait pas peur de grand chose pour une fille de son âge mais les orages la terrifiait. Elle serra un peu plus sa protectrice de ses petits bras.


" J'ai peur! S'il te plaît empêche la fouder de me tomber dessus!! "
Sa phrase se finit dans un cri suppliant.
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MessageSujet: Re: Le passé, le présent, et qui sait... l'avenir ?   

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