Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
 
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 Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)

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Avril Larkin
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MessageSujet: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Dim 17 Fév - 21:24

Si l'atmosphère était glaciale, le ciel était bleu et l'air portait de bonnes odeurs de feu de bois. Le garde-chasse, quelque part sur les terres, devait faire brûler le bois sec dans lequel aucune bûche n'avait put être taillée. Assis en tailleur sur les marches de pierre qui descendaient vers les Terres, en contrebas du château, Avril profitait de l'instant présent. Un livre posé sur la laine de ses mitaines - l'une jaune, l'autre noire - elle semblait aussi paisible que si la journée avait été celle d'un été radieux. Tout lui plaisait, alors : la neige répendue comme du sucre glace sur les talus, les rameaux couverts de givre, le parfum de l'air, le chant des petites sitelles dont les rémiges bleutées passaient parfois dans le coin de son oeil... et le ciel, grand et pur, qui allait se perdre bien loin derrière le lac au delà des collines. En dehors du village du Pré-au-lard, nulle présence humaine ne semblait peupler la région, aussi loin que le regard puisse se perdre. S'asseoir là, c'était s'unir pour un moment à toute la quiétude du monde.

Avril tourna une page puis se mit à fouiller d'une main dans sa besace de daim souple sur laquelle étaient cousues de grandes fleurs de feutre coloré. Sans même détacher ses yeux des lignes de son ouvrage relié de cuir vert usé, elle tira de son sac un petit sachet brun. Alors, seulement, elle plaça son marque page sur le papier parcheminé et plongea sa main au fond du kraft pour en tirer un abricot sec, orangé et velouté. Elle déposa le sachet ouvert à côté d'elle et reprit sa lecture, sans un mot, mais avec un vague sourire.

Dans la plainte des flammes, le perdreau silencieux
A cessé tout appel à la Dame des cieux.
La forêt qui murmure a réveillé la Lune,
L'oiseau de proie s'envole dans le ciel nocturne.
L'onde rousse à nos pieds a volé les étoiles
Et les entraîne au loin comme on emporte un voile.

Un heaume sombre au sol, une fronde, un fourreau,
Une lame oubliée dans les blancs endymions.
L'étendard déchiré et le triste clairon
Ont abandonné Mars couché au bord de l'eau.
La clameur est tombée et la nuit n'a laissé
Que le sang du soleil sur les mousses d'été.

Bedegraine s'est tu, les arbres ont succombe
Au retour des vainqueurs, au départ des blessés.
Le second jour s'épuise, alors que sous les saules
Disparaît un soldat, arbalète à l'épaule.
Les dragons de sinoples sur l'écu adossés
Ont brandi haut le fer qui sur l'herbe est tombé.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 21 Fév - 12:43

Se faufilant dans les couloirs du vieux château, invisible et silencieux, par dela la lourde porte de chêne, gardienne des nuits de Serdaigle, un souffle vint, dans une caresse gelée, déposer un froid baiser, sur l'un des corps ensommeillés. Arthur frisonna. Ses yeux se décollèrent avec peine, suffisamment pour constater qu'il ne rêvait plus et que, une fois encore, ses couvertures s'étaient enfuies au bas de son lit. Il grogna, à moins que ce ne fut un baillement...

Le gamin, chaudement habillé, impeccablement coiffé et élégant comme à son habitude, se remettait de son petit déjeuner dans le parc. L'air frais qui l'avait éveillé, vivifiant et glacé, était un régal. Chaque brin de brise le rendait plus vivant, son visage se piquait de quelques points rouges à mesure qu'il progressait sous les timides rayons du soleil. Passé le dolmen, amas de pierres soupoudrè de neige, élégante pièce montée, Arthur apperçut une élève. Assise sur les marches brûlantes et glacées, seule, perdue dans ses pensées et le labyrinthe de lignes qu'elle tenait entre ses mains : Blonde à la peau très claire l'adolescente, livre en main, apparut un instant au Serdaigle, ici, sur ce fond immaculé et à la faveur du jour naissant, sous une lumière quasi divine. S'il aimait et respectait quelque chose en ce monde, plus que lui même, plus que ses proches, c'étaient bien les livres et par conséquent les lecteurs. Peut-être souriait-il d'un air idiot quand, d'un pas mesuré pour ne pas troubler l'harmonie de ce tableau, il décida de s'approcher quelque peu.

Une marche, deux marches, trois marches, Arthur glissa sur la suivante, sans doute prisonnière d'une couche de glace. La neige amortit sa chute, la pierre non...


- Aïe, fit-il une fois confortablement étalé sur le sol. Plus que la douleur du choc, un froid brûlant lui courrait sur le bas du dos, il se ramassa, lentement, pour péniblement commencer à se relever. Enfin il osa un timide regard vers la lectrice qui...
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Avril Larkin
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 21 Fév - 16:27

... avait relevé la tête de ses alexandrins en entendant la chûte du garçon.

Il était assez jeune, bien que de taille déja honorable pour son air juvénile. Avril crut se souvenir de lui, envoyé à Serdaigle par le vieux chapeau de cuir et d'étoffe. Cette pensée traversa son esprit aussi rapidement que les rayons du frais soleil de ce jour, car il sursauta en découvrant que le garçon était déja à terre.

La nuit avait été froide et avait laissé se répendre une fine couche de givre sur chaque herbe, chaque grain de sable, chaque morceau d'écorce. Sur les pavés, près du chateau et dans les escaliers mêmes qui descendaient vers les Terres, la jolie couche brillante prenait le nom de verglas et était fatale pour les souliers propre à l'uniforme scolaire. Depuis longtemps, Avril les avait délaissés au profit de chaussures à bout rond assez semblables, mais faites de daim souple au lieu du cuir raide et cousus de fleurs à la bride. Parfois, elle poussait le vice jusqu'à porter des chaussettes hautes à rayures, voire des guètres jaunes ou noires par dessus. C'était là sa façon à elle que de se soumettre à l'uniformité vestimentaire qui était de rigueur les jours de classe. Ce matin là, elle était libre de toute obligation scolaire et avait choisi d'aller dans un accoutrement plus décontracté - plus invraisemblable, aussi - qui lui avait permis de descendre allègrement par le talus et d'éviter les glissantes marches jusqu'à l'une d'elle où elle avait pris place. Le givre avait fondu autours d'elle, révélant la pierre.

"Tu ne t'es pas fait mal ?" demanda-t-elle en posant sur le garçon ses yeux myosotis, encore un brin rêveurs, et avec un mouvement vers lui, prête à l'aider.

Elle avait elle même manqué de trébucher plus d'une fois dans ces escaliers inégaux, au cours de ses années passées à l'école. Parfois, elle s'était laissée emporter par la légèreté de son pas, croyant survoler la descente, et avait été ramenée à la réalité par un glissement de semelle.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 21 Fév - 17:56

- Non, merci Merlin, j'aurais pu me rompre les os. Répondit le Serdaigle de sa voix fluette, grimace de circonstance accrochée aux lèvres et d'une prose au ton solennel et poli. La tête haute, le buste droit, les yeux posés sur son interlocutrice, ainsi avait il été éduqué. Chaque mot avait été correctement articulé, chaque syllabe détachée avec élégance, aussi avait il appris à justement marquer chaque liaison. Et merci à vous...

Le gamin, curieux d'en apprendre un peu plus sur le vieil ouvrage qui reposait au plus près de la Poufsouffle, fut toutefois saisis d'un certain malaise : Un insatiable besoin de...
Il sourit timidement avant de détourner le regard et de contempler ses atours. Quelques flocons restés collés à la toile noire de son pantalon furent rapidement chassés, de même pour ceux qui avaient élu domicile sur ses coudes.
Je savais bien que la bibliothèque m'aurait offert un tout autre confort... Arthur réajusta ensuite la longueur de ses manches, frisonna, que lisez vous, si ce n'est pas trop-indiscret, bien entendu, glissa-t-il tout en réhaussant le noeud de sa cravatte avant de vérifier le pli de son col. Enfin ses doigts tatonnèrent avec précaution le haut de son crâne, le choc n'avait apparemment pas réveillé les quelques épis qui somnolaient, reclus, dans la jungle apprivoisée et entretenue de ses cheveux chatains. Mis à part les tâches d'eau qui troublaient l'unité de son costume il était tout à fait présentable, comme toujours d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 21 Fév - 22:28

Avril remarqua instantanément à quel point tout était soigné chez son jeune interlocuteur. De son attitude à ses paroles, de son apparence à sa façon de se relever du sol glacé. Il n'était pas commun de rencontrer semblable façon d'être chez un élève de première année, et elle en fut silencieusement étonnée. A côté du jeune garçon, la cinquième année semblait colorée et lumineuse à outrance, bien plus débarillée dans ses vêtements amples de laine et de lin... et avec ses mitaines dépareillées qui serraient toujours son livre de cuir vert.

Lorsqu'Arthur lui dit que tout allait bien et qu'elle remarqua qu'il ne montrait le moindre signe de douleur aigüe, Avril fut quelque peu rassurée et lui adressa un sourire doux. Il avait eu de la chance, car la chûte dans des escaliers inégaux et verglacés pouvait être une fort mauvaise aventure pour débuter une journée. Mais l'aile médicale ne semblait pas devoir les recevoir pour l'heure.

Lorsqu'il fit allusion à son livre, la jeune fille blonde baissa les yeux vers la page qui était toujours ouverte sur ses genoux.

"Les dragons de sinoples sur l'écu adossés ont brandi haut le fer qui sur l'herbe est tombé"... lut-elle délectation.
"Ce sont les oeuvres inachevées de Myrrdin Glendower".

L'ouvrage était fort connu, même si l'on n'en trouvait que rarement des éditions retranscrites en lettres modernes. Myrrdin le faiseur-de-vent avait écrit en alphabet druidique, et la traduction de ses vers avait donné du fil à retordre à des générations de linguistes sorciers.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 21 Fév - 23:20

Myrdinn Glendower, Myrdinn Glendower... Non ce nom ne lui disait décidemment rien. Il hocha toutefois la tête, d'un air savant, avant de sourire et dire :

- Belle plume, je tâcherai de retenir ce nom, sait-on jamais si un jour, dans notre bonne mère bibliothèque je... Un sourire maladroit vint ponctuer son discours, une fois encore il s'était oublié, une fois encore, volontier, il s'était perdu dans le labyrinthe de ses pensées, pensées toutes consacrées aux rayons chargés de livres de son sanctuaire favori.

Un jour peut-être, par égoisme et au prix d'une brillante carrière sans regrets sacrifiés, il serait bibliothécaire, gardien du savoir avide de lecture, passionné et aux verres pareilles à des loupes : Un bibliovore sans cesse à la recherche de mets plus apétissants les uns que les autres, affamé de connaissance, assoiffé de savoir...


- Oui, je regarderai sans doute s'il se trouve dans la bibliothèque du chateau. Il chassa quelques grains immaculés du bord de sa manche. Il frisonna, son pull était un peu trop fin et... Sa mère le tuerait sans doute si elle savait qu'il était sorti par ce temps sans sa veste... Il frisonna à nouveau, d'effroi...
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Sam 23 Fév - 12:54

La phrase que le jeune Serdaigle avait commencé n'avait pas semblé sybilline à l'oreille d'Avril, quiéprouva un étonnement mélé de bienveillance lorsqu'Arthur entreprit de redire une seconde fois la même chose avec des mots jugés plus naturels. Bien sur, Avril connaissait la propension de ses semblables à surveiller leur image, à faire voir à leur interlocuteur ce qui lui semblerait acceptable, ou raisonnable. Mais il suffisait de la regardée, avec ses grandes chaussettes rayées, son pull de laine à grosses mailles, ses cheveux coupés par ses propres soins en laissant au soleil le soin de faire le reste, pour comprendre qu'elle même aspirait à livrer son être en toute transparence. C'était à prendre ou à laisser, et elle n'en changerait pas une phrase.

"Tu veux ma veste ?" proposa-t-elle en sentant le frisson de son jeune camarade.

Ce qu'elle désigna par se terme était le très long manteau de laine grise déposé à côté d'elle, piqué d'orchidées de feutre jaune à trois endroit et se terminant par une capuche aux allures de bonnet de lutin. Il était vraisemblable que le vêtement soit son œuvre, et il fallait y reconnaître une certaine dextérité, même si Avril aurait sans aucun doute eu du mal à percer sur le marché de la mode sorcière en raison de ses idées tordues.

En contrebas, dans la forêt, quelques cris d'animaux mystérieux se firent entendre. La chose n'était plus étonnante pour les habitants du château, dont la proximité de la Forêt Interdite était alors devenue familière. Les yeux d'Avril se posèrent immédiatement sur la canopée hivernale, à la recherche d'un signe de ce qui pouvait avoir révélé sa présence.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Sam 23 Fév - 17:38

Arthur jeta un coup d'oeil intrigué à la veste qui lui était proposée, un vêtement apparemment très chaud et fait d'une laine soyeuse. Posé à côté de la Poufsouffle, plus ou moins replié sur lui même, ce fut tout ce que l'esprit de l'apprenti sorcier sut affirmer. Il descendit deux trois marches avec précaution, regardant Avril avec toute l'insistance que la politesse lui autorisait de posséder : Il ne s'était qu'à peine rendu compte que l'adolescente n'était pas plus couverte que lui... Certes il était de nature fragile, comme se plaisait de lui rappeler sa mère, certes il était plus jeune, mais... Elle était une demoiselle et... Ce genre de proposition était l'apanage des hommes non ?

Quelques cris s'échappèrent de la forêt en contrebas, mieux vallait cela que leurs propriétaires. Arthur ne put toutefois s'empêcher de tourner la tête, sait on jamais, ne disait on pas que la prudence était... Rien, sinon l'inquiétante ombre qui bordait les bois et soulignait l'austérité des lieux dès l'orée. Qu'on se le dise, jamais ilne mettrait les pieds en un tel lieux et pas seulement par égard pour ses souliers impeccablement cirés...


- Euh... Je veux bien... Sourire gêné. Il fait vraiment froid... Dit il tout en s'arrachant des profondeurs de la forêt, couper court à son imagination débordante avant que cette dernière ne rencontre, au détour d'une clairière, un troll ou un ogre...

Le gamin descendit prudemment les dernières marches qui le séparait de sa bienfaitrice.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Dim 24 Fév - 12:46

Les yeux toujours rivés sur les branchages sans feuilles de la Forêt Interdite, Avril sembla détailler intensément chaque ombre dansante, chaque mouvement de lumière. Elle espérait visiblement y déceler quelques indices quant à la présence de ce qui avait poussé un cri, mais rien ne vint. La créature semblait bel et bien décidée à rester dans les profondeurs des sous-bois.

Elle ne remarqua pas la mine discrètement étonnée qui traversa le visage du jeune Arthur. Son sens de la politesse ne pouvait résulter, à son âge, que d'une solide éducation ayant transmis des valeurs centenaires fort solides et fort raffinées. La spontaneité d'Avril remettait sans nul doute les choses à leur injuste place. Mais chez elle, l'instinct maternel - même inconscient - était plus fort que les préceptes de bienséance. Elle reposa à nouveau les yeux sur le jeune Serdaigle lorsque celui-ci accepta sa proposition. Ses doigts pâles émergeants de la laine de ses mitaines quittèrent le livre qui resta posé sur son genou et vinrent se glisser sous l'étoffe du manteau qu'elle souleva et tendit à son jeune camarade.

"Ne te fais pas de bile", dit-elle avec un sourire un entrevoyant son sourire gêné.
"Tu en as plus besoin que moi. Et s'il traine par terre, ne t'en soucie pas".

Le sus-nommé manteau avait déja connu bien des courses sur les Terres, s'était déja accroché à bien des ronces et avait ramassé d'immenses quantités de boue. Une brosse, un sortilège, et il n'y parraissait plus.

Avec un sourire et dans un rayon de soleil frais, Avril tourna la page et laissa une nouvelle fois les longues lettres danser sur le parchemin.

J'ai cherché bien souvent à dominer le Verbe,
A tisser les paroles alors laissées éparses
Par la Voix des Lumières en leurs plumes acerbes
Qui les couvrirent un jour du sang de Menelars.

Au milieu du silence, aux mots d'onyx et d'ambre,
j'ai changé le regard et donné le pardon
Pour avoir mainte fois visité leurs méandres,
Et en ouvrant mon âme entendu leur Raison.

Le Blanc, le Juste, par ses yeux entrouverts
M'a opposé le joug de celui qui ne sait rien.
Si ma parole est pure, ma conscience est amère
Et l'univers restera dans le creux de ma main.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Jeu 28 Fév - 17:41

S'il paraissait doux et chaud le manteau était aussi bien plus lourd qu'il y semblait, chose que Arthur, bras tendus, constata avec une surprise contenue mais réelle. Il l'enfila, paresseusement.

Les manches étaient trop longues, ses mains restaient prisonnières de la laine et protégées de la morsure glacée et matinale. L'habit était long à moins que ce ne fusse le Serdaigle qui fut trop court, quoi qu'il en fut le constat était unique et unanime : Affublé du manteau, Arthur avait chaud certes, mais dégagé un certain comique. Le contraste entre ses soulliers cirés, d'un noir éclatant, et les fleurs de feutre, colorées et ayant poussé sur la laine comme des coquelicots dans un champ de céréales, était assez sympathique. Les efforts répétés du gamin pour tenter d'ajuster les épaules prêtaient aussi à sourire, résigné, il finit par abandonner...


- Merci, dit-il sans même relever la tête, les yeux rivés sur un fil, résidu de couture, qui dépassait disgracieusement d'une fleure et de quelques millimètres. Il me va comme... Relevant la tête il constata qu'il troublait encore la quiétude de sa camarade, li qui détestait tant être dérangé lorsqu'il lisait... Bouche ouverte, il s'était tût, de toute façon il cherchait ces mots...



[HRP] Je trouvais plus le chemin du forum... Non c'est pas vrai... Désolé pourle retard, j'avais vraiment pas la motivation, puis j'attend désespéremment une réponse avec Magrat... [/HRP]
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Mar 4 Mar - 9:35

Avril ne fit aucun commentaire lorsqu'Arthur vint se perdre dans l'étoffe de laine du manteau, sensiblement trop vaste pour lui. D'autres qu'elle aurait au moins sourit en apercevant les souliers vernis du garçon contraster avec les grosses fleurs de feutres. Mais elle même ne riait jamais d'autrui, même amicalement, et surtout pas dans une telle situation. Ce qui comptait avant toute question d'apparence était qu'Arthur n'ait plus froid.

"... Comme un grand manteau de laine à fleur", dit-elle en terminant la phrase du jeune serdaigle.

Alors, seulement, elle se permit de sourire, avec la fraîcheur qu'on lui reconnaissait généralement et une certaine douceur dans le regard. Elle était heureuse de pouvoir aider ses camarades de première année. Malgré toute la force, la volonté et la motivation que l'on pouvait dégager à onze ans, s'intégrer dans une école millénaire n'était pas chose aussi simple que l'on pouvait le croire. Elle savait, pour l'avoir vécu, que chaque regard, chaque signe de la part de ses aîné, lui avait donné un peu plus confiance en elle.

"Où allais-tu, avant de rencontrer cette malheureuse marche ?" demanda-t-elle alors en refermant sur ses genoux la couverture de son livre. Dans les bois, la créature poussa un nouveau cri, plus bref, et lui fit à nouveau plisser les yeux.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Dim 9 Mar - 13:36

Malgré l'agréable et neutre remarque d'Avril Arthur ne put s'empêcher d'examiner son éphémère accoutrement sous toutes les coutures pour finalement comprendre que sa camarade avait raison. Plus important il n'avait plus froid, seule une douleur jusqu'ici latente lui transperçait le bas du dos, d'une morsure paralysante et gelée. Il repensa alors au confort brûlant des draps qu'il avait quitté une demi heure auparavant, à la tiédeur bienveillante des fauteuils de la bibliothèque et aux nombreux ouvrages tous plus réconfortant les uns que les autres qui ne demandaient qu'à être parcourus. La Poufsouffle lut alors dans son esprit, la question qu'elle lui posa suivait étrangement bien le cours de ses actuelles pensées.

- Euh, nul part en particulier. Je me promène souvent dehors après les repas, j'aime bien, puis ma mère m'y a habitué...

Sa mère lui répétait souvent d'ailleurs que sans ces ballades le soleil ne le verrait jamais... Arthur était en effet un enfant très casanier, toujours à l'intérieur, livre en main, sur un lit, un fauteuil, sur le sol contre un mur, peu lui importait. Un autre cri s'échappa de la forêt en contrebas, il tourna la tête.


- Sais-tu de quel animal il peut bien s'agir ?


Plus âgée que lui, sa camarade suivait certainement des cours de soins aux créatures magiques et serait peut-être en mesure d'identifier l'auteur de ces lugubres cris...



HRP : A nouveau désolé pour le retard, j'aurais pu répondre hier mais je suis, hélas, allé perdre mon temps sur un forum sans intérêts aucuns ( et abandonné depuis longtemps par ma plume... ) Bref, je suis là jusqu'à lundi soir si tu veux avancer.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   Ven 11 Avr - 20:06

Nul part en particulier ? La réponse sembla convenir à Avril, qui esquissa un sourire doux tout en regardant à nouveau vers la forêt. Il était bien rare que les élèves de cette école se rendent sur les terres "pour rien", ce qui n'était finalement qu'une autre façon de désigner le simple plaisir de se trouver là. Fort souvent, on regardait Avril de travers, simplement parce qu'elle s'asseyait une heure dans l'herbe à regarder au loin. Pour la plupart des gens, il fallait une raison à chaque instant vécu, une utilité, une finalité.

Lorsqu'un nouveau cri s'éleva de la forêt, le jeune Arthur regarda lui aussi à la cime des arbres et risqua une question. Avril décroisa ses jambes pour les recroiser dans l'autre sens et rammener son manteau contre elle. Elle révéla ainsi ses grandes chaussettes à rayures jaunes et noires, ainsi que les guètres jaunes de laine qui tombaient sur ses chaussures.

"Les sombrals sont en parade...", dit-elle tout en rouvrant son livre et en cherchant des yeux la ligne où elle avait put s'arrêter. On aurait dit que cette considération était pour elle une évidence. En parade ? La chose pouvait sembler incohérente, tant les cris qui s'élevaient des bois étaient déchirants. Quelle sorte d'animal aurait espéré séduire une femelle par tant de larmes rassemblées dans un éclat de voix sauvage ?

"... et pour une semaine encore", termina-t-elle en suivant du doigt une ligne de son poème et en s'arrêtant sur un mot qui lui plaisait.
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MessageSujet: Re: Le froid, l'odeur du bois brûlé et quelques abricots(libre)   

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