Parce qu'une saga telle que celle là ne meurt jamais ...
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Visite (peu) matinale.

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Alexiane Célia Sawer
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MessageSujet: Visite (peu) matinale.   Dim 28 Oct - 17:39

Alexiane s'était levée du mauvais pied ce matin-là. L'absence de sa fille s'était fait cruellement sentir, dans une maison fleurant la peinture fraîche. Fleurant ? Quelle odeur détestable ! Et elle était encore plus désagréable lorsque l'on avait à la supporter dans la solitude.
Elle s'était cognée dans quelques murs, et était entrée plusieurs fois dans la salle de bain alors qu'elle cherchait la cuisine, avant d'arriver enfin devant le four. L'odeur des muffins brûlés se mêla bientôt à celle d'un appartement neuf, et Alexiane fut obligée de battre en retraite. Attrapant au passage un paquet de gâteaux, elle se réfugia dans sa chambre, où elle avala son frugal petit-déjeuner en toute sécurité, laissant cramer les différents meubles de sa cuisine. Oui, avec une odeur aussi forte, ce devait être tout l'appartement qui flambait.
Après petite vérification et s'être rendue compte que non, l'appartement ne brûlait pas, mais que les muffins avaient fini de se consumer, elle retourna s'habiller, jetant un oeil à son horloge pour vérifier qu'elle ne ferait pas attendre les éventuels clients. Onze heures et demie. Bon. Onze heures et demie. Quoi ?! Onze heure et demie. M*rde ! Onze heure et trente et une minute. Bon, tant pis, journée sabbatique aujourd'hui...

Après avoir finalement prit de bonne humeur le fait que l'appartement n'ait pas flambé, qu'elle ait cassé l'horloge à force de la secouer et qu'elle ait mit tellement de temps pour se préparer, elle enfila une écharpe rose par-dessus ses vêtements de velours noir, releva ses cheveux en une haute queue de cheval et décida d'aller s'inviter chez Louis, ce bon vieux Louis, ce cher pote qui l'accueillerait volontiers le temps que l'odeur ait disparu de chez elle. Quelques semaines, donc.
Elle descendit les marches qui menaient à la boutique, et se rendit compte qu'elle avait oublié de retourner le panneau Ouvert/Fermé avant d'aller se coucher. Elle se fit un devoir de chasser à coup de sac à main, d'ongles et d'écharpe les quelques clients persistants qui étaient entrés et avaient attendu malgré l'apparent vide de la boutique, retourna le panneau en position Fermé et tira la porte derrière elle. Entendit le son de la cloche. Rouvrit la porte. Ding Dong. La referma.

Elle s'amusa encore dix minutes avec la porte, s'émerveillant du son (peu) cristallin de la clochette. Encore une chose que la magie ne remplacerait pas. A moins que... ? Elle s'empressa de vérifier que la sonnette n'était pas magique, et, rassurée, tourna définitivement les talons, oubliant de fermer à clé le magasin.
Elle erra dans le village durant quelques minutes, essayant de se rappeler ce qu'elle projetait de faire. S'en étant enfin rappelé, elle se dirigea à grands petits pas (c'est comme ça qu'elle qualifiait elle-même sa démarche) en direction de la cabane hurlante. Si elle se rappelait bien, c'était là que Louis lui avait dit qu'il passait le plus clair de son temps. Lorsqu'elle passa la porte délabrée, il était finalement midi et demi. Le temps qu'elle réussisse à décrocher son écharpe du clou qui dépassait du mur, et à se retrouver dans le dédales de couloirs poussiéreux. Elle arriva enfin dans une pièce mieux aménagée, plus spacieuse. Une table ; non, une étagère ; enfin, une table à tiroir trônait au milieu de la pièce.

Après avoir désespérément cherché Louis dans tous les recoins de la pièce, et s'être rendu compte qu'il n'était ni sous la table, ni caché dans l'armoire bien vide d'ailleurs, et avoir tout de même vérifié qu'il n'y avait rien dans le four, ni Louis ni muffins - ben quoi ? Elle se méfiait, elle était quand même venue là pour échapper aux muffins pyromanes ! - elle se décida à faire comme tout le monde, appeler.


- Loooooooouuuuuiiiis.


Oui, bon, appeler, mais évite de te faire remarquer, Alexiane.

Ah bon ? Quoi ? C'est pas l'écho qui fait ça ? C'est moi ? Oups, pardon !


- Louis ! reprit-elle alors, commençant à s'impatienter alors qu'elle n'était arrivée que depuis quelques secondes.


[Excusez le post délire, j'avais besoin de rire Razz]
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Louis Satergeaux
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MessageSujet: Re: Visite (peu) matinale.   Mar 18 Déc - 22:06

[Vraiment désolé du retard, j'avais pas vu Embarassed ]

Lui s'était éclipsé un bon quart d'heure, presque une demie heure à vrai dire, avec son Fléreur.
C'est ainsi qu'il commençait ses journées, il se levait tôt, prenait un thé chez lui, puis allait promener son Fléreur pour rentrer chez lui juste avant midi et ouvrir sa boutique.
Enfin.. elle était déjà ouverte mais lui n'était pas en bas donc il n'y avait pas grand chose d'exposé.

Son Fléreur Smiss dressa toutes droites ses oreilles lorsqu'il sentit une présence à son domicile, il le fit comprendre à son maître et s'élança joyeusement jusqu'au coin de la rue pour se retourner et d'un geste de la tête fit comprendre à Louis qu'il devait se dépêcher.


"Smiss! Tu ne veux quand même pas me faire courir dans cette tenue j'espère?"

Le Fléreur lui répondit dans un miaulement rauque et fort persuasif, puis une fois Louis à son niveau, se plaça derrière lui et le poussa.
Le Français se cambra et avança en sautillant légèrement.
Soudain le sorcier entendit son nom venir de son domicile, et cette voix là ne lui était pas inconnue, rien que la façon de prononcer son prénom de façon correcte pas comme ces bouchers d'anglais.
Une fois sur le seuil de sa porte d'entrée, il s'arrêta, tapa machinalement sur son pantalon et sa veste pour dissiper une éventuelle poussière. Il réajusta son col mais Smiss lui sauta dans le dos pour le faire entrer et le français pris au dépourvu roula littéralement à l'intérieur de son magasin, son haut de forme vola, mais il n'eut pas le temps de lancer un sort de lévitation que son Fléreur l'avait récupérer entre ses dents habiles.
Il se redressa donc, lançant un regard assassin au Fléreur qui s'en fichant alla accrocher le haut de forme à sa place. Il savait presque tout faire celui là.
Puis Louis se tourna face à son amie un grand sourire. Malgré sa chute, il n'avait rien perdu de sa fierté.
Mais en la saluant, il chercha quelques secondes son haut de forme sur sa tête, par habitude afin de se découvrir devant une femme. Oui, il avait oublié qu'il ne l'avait plus mais celà lui revint rapidement à l'esprit.


"J'espère ne pas trop vous avoir fait attendre Alexiane."

Il se dirigea vers son petit bar et après un petit murmure correspondant à une formule, les portes s'ouvrirent sur une belle collection de boissons en tout genre.

"Avant de m'énoncer l'objet de votre visite, vous n'aurez rien contre un petit rafraîchissement je présume.
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Alexiane Célia Sawer
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MessageSujet: Re: Visite (peu) matinale.   Mer 19 Déc - 18:49

[Pas grave Smile ]

Louis était adorable, vraiment. Toujours poli et aimable, respectueux... Et ce fut avec étonnement qu'Alexiane vit son ami rouler dans la pièce. Une entrée phénoménale dont elle ne le croyait pas capable. Se retenant d'éclater de rire en voyant Louis le gentilhomme couché dans la poussière, elle fit un pas vers lui, dans l'intention de lui tendre la main pour l'aider à se relever ; mais il n'en avait apparemment pas besoin, étant donné qu'il se retrouva sur ses deux jambes dans la minute qui suivit. Son regard se tourna alors vers le Fléreur, et Alexiane le suivit. Un sourire aux lèvres, elle observa Smiss, qui savait tout faire et ne manquait pas d'étaler ses exploits à la vue de tous.
Elle se tourna de nouveau vers son ami. Etrange. Sa silhouette paraissait vraiment bancale, sans son haut de forme. C'était comme si il manquait quelque chose. Imaginez vous quelqu'un sans tête. C'est à peu près l'impression que Louis donnait à Alexiane en ce moment. Certes, il se découvrait devant les femmes, en bon gentleman, mais Louis sans son haut de forme et sa canne vous laissait toujours une impression bizarre...

Le vouvoiement la fit sursauter. Elle ne s'y habituerait jamais. Les étranges manières de Louis étaient certes galantes, mais tellement vieux jeu ! Elle aimait beaucoup passer quelques heures avec lui, à parler et à jouer aux échecs, mais... Quelques heures par mois étaient bien suffisantes ! Louis était, du moins de l'avis d'Alexiane, de ces personnes que l'on prend énormément de plaisir à revoir, mais dont il faut impérativement être séparé.
En revanche, elle aimait passer un peu de temps avec lui, occasionnellement, certes, mais cela faisait tellement de bien de sortir du train train quotidien, de jouer en compagnie d'un ami, de pouvoir abandonner ses soucis. Ils n'étaient pas proches, et ne se confiaient pas réellement, mais ils entretenaient une relation plutôt complice.


- M'avoir fait attendre ? Non, je ne crois pas avoir attendu, et puis, après tout, je n'avais pas prévenu de ma visite.


Il se déplaça, se dirigea vers le bar. Un peu gênée sans savoir pourquoi, Alexiane pivota sur ses talons, le suivant dans son mouvement. Elle le suivit à pas mesurés vers le bar, et le regarda en déclencher l'ouverture. Quel gadget ! Ne pouvait-il pas avoir une cave ou un placard, comme tout le monde ? Alexiane se demanda, avec un demi-sourire, qui chercherait à voler des bouteilles dans un salon de jeu dans les sous-sols de la cabane hurlante, mais se retint de poser la question, qu'elle jugea impolie et inutile.
Inconsciemment, elle avait formulé des phrases sans avoir à parler de Louis. Elle évitait les "tu" ou les "vous", comme toujours. Elle ne savait jamais comme s'adresser à lui. Là, par exemple, son esprit cogitait pour essayer de trouver une formulation de phrase dans laquelle elle n'aurait pas besoin de tutoyer ou vouvoyer. Haussant imperceptiblement les épaules, elle décida de lui rendre la pareille et de lui dire "vous". Après tout, le tutoiement pouvait lui paraître impoli. Louis était de la vieille école, et elle le savait. Elle pourrait lui parler Anglais, sinon, le "you" simplifiait tout. Quels malins, ces anglais, de ne pas s'embêter avec des vouvoiements !
Elle parla, mais elle ne put s'empêcher de s'exprimer en français.


- Faut il un objet pour visiter un vieil ami ?

Oh, elle avait réussi à formuler une phrase parfaite, conforme, exactement comme elle le voulait ! Elle enchaîna :


- Mais il est vrai que je ne refuserais pas une boisson...

Elle s'accouda au bar, la tête inclinée :

- A vrai dire, je suis venue... A cause de muffins calcinés ? A cause de la solitude, du nouvel appartement ? Non, ce n'était pas ça. Lorsqu'elle était venue, elle n'avait dans l'idée que la joie de revoir un vieil ami, de se faire battre encore une fois à une partie d'échecs, de parler français. Elle était venue dans le bonheur, et non pour pleurer contre une épaule réconfortante. Pour parler à un ami, pour quoi pas jouer aux échecs, pour voir, enfin, cet endroit dans lequel vous vivez. Pour vous remercier de m'avoir fait venir ici, dans ce village calme et enchanteur.

Elle se rendit alors compte qu'elle s'était introduite chez lui, sans prévenir de sa visite, et que, peut-être, il avait autre chose à faire. Elle regarda autour d'elle, l'air un peu perdu :


- Mais je peux repasser une autre fois, quand vous serez disponible, si vous préférez ?


L'intégralité de ces paroles était en français.
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Louis Satergeaux
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MessageSujet: Re: Visite (peu) matinale.   Mer 19 Déc - 23:26

[Pis au passage, la poussière dans la cabane hurlante oui, dans la partie habitée par Louis nan!]

Il continua de bricoler dans son bar, cherchant frénétiquement parmi les nombreux tiroirs ce qu'il avait en tête.
Comme tous ses meubles, celui ci était scellé par un sort, et si on l'ouvrait sans rien avoir prononcé, on se retrouvait nez à nez avec une bonne trentaine au moins de petits tiroirs insignifiants, même pas digne d'accueillir un jeu de carte.
L'avantage de ce bar magique qu'il avait acheté dans l'un de ses nombreux voyages, est que ses tiroirs extensibles gardent leur contenu tel qu'il était lorsqu'on l'a déposé.
On trouve donc un tiroir glacé, qui contient les glaçons, un tiroir humide qui contient les rondelles de citrons bref la chaleur, le goût, tout est préservé.
Il trouva enfin sa grande theiere bouillante dont les effluves délicates tout comme le goût si particulier du thé blanc.

Il sortit deux magnifiques tasses en porcelaines qu'il posa sur sa grande table.
Il en proposa à Alexiane, toujours en l'écoutant.

Avant de s'asseoir, il pointa sa canne vers la porte d'entrée et lança un faible:
"Dandolina Excelis"
Tout à coup les lampes se rassemblèrent toutes dans la pièce principale et la porte se ferma à clef tandis que la petite pancarte qui y était pendue se retourna pour afficher: Fermé
Il n'y avait pas de quoi s'offusquer, un simple sort de marchands, qu'il avait un zeste amélioré.

Elle lui avait parlé d'échecs?
Il passa ses mains sur sa grande table en tapotant légèrement des doigts et au deuxième creux il appuya afin dé débloquer le couvercle du jeu, qui était oui, dans la table elle même.
En soulevant son couvercle, le jeu s'éleva lui aussi afin de dominer un petit peu la table.
Il se permit de se passer des commentaires sur les pièces, car Alexiane savait qu'elles se trouvaient dans le deuxième tiroir à sa droite lorsqu'elle prendrait place à sa chaise favorite.


"D'une, je n'avais point prévenu de mon absence matinale, de deux il n'y a jamais de visite sans objet!
Ce serait comme un bain sans eau! On les préfère au chocolat!
"

Puis il s'arrêta et la regarda un instant, les mains croisées sur sa canne, l'air figé, sérieux .

"
Passons passons je vous prie mon amie sur ces faits futiles et passés, dont votre charitable bonté m'accuse à tort de vous avoir donné.
Je n'ai fais que vous parler de cet endroit mystique et tout à fait mythique dans lequel j'avais projet de m'installer, et ce n'est qu'à votre curiosité que vous devez par une étrange félicité vous éveiller chaque matin dans cette délicieuse contrée.
"

Smiss vint pointer le bout de son nez dans la pièce en ayant entendu parler d'échecs.
Il sauta sur la première chaise venue et attendit avec impatience que le jeu commence.
Non pas qu'il puisse comprendre les règles du jeu, mais il était à la fois intrigué et amusé par le jeu des pièces sur le plateau. Voir des petits hommes délibérer sur des vieux sujets perdus dans les méandres du passé, et pouvoir en un coup d'oeil leur insuffler une peur malsaine selon certains points de vus, et tout à fait hilarante du sien.
Louis avait remarqué celà il y a peu, et se demandait s'il comprendrait un jour les règles du jeu.
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Alexiane Célia Sawer
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MessageSujet: Re: Visite (peu) matinale.   Sam 22 Déc - 0:41

[Ah, tiens, oui... Bon, ben, disons que c'est une figure de style, hein ^^]

Alexiane était accoudée nonchalament au bar, et observait son ami. Elle regardait avec curiosité le contenu des différents tiroirs qu'il ouvrait. Lorsqu'enfin il en sortit une theière, c'est avec étonnement qu'elle remarqua qu'elle était bouillante. Une theière chaude dans un tiroir ?
Son regard curieux effleura les magnifiques tasses en porcelaine, et c'est avec déférence qu'elle se saisit de la sienne. Elle la maintint entre ses deux paumes fraîches, formant comme une coupe autour de la tasse. Lorsqu'elle la porta à ses lèvres pour goûter le thé bouillant, elle fit attention à ne pas renverser de la boisson, et à ne pas faire tomber la tasse. Elle était si maladroite, et la belle porcelaine si fragile ! Plus d'une fois, elle avait renversé des objets précieux sous les yeux de Louis ; et elle en était d'autant plus embarassée que c'étaient de ces objets qu'elle n'aurait jamais pu posséder...
Il y avait, malgré la gêne, quelque chose de rafraîchissant dans la compagnie de Louis. Ce luxe français, enrobé d'élégance et de bonnes manières, était si différent du quotidien d'Alexiane ! Elle avait l'impression de traverser le temps, et, en même temps, d'être dans un lieu intemporel. C'était agréable et frais que de passer quelques heures de luxe chez Louis.

En parlant de fraîcheur, Louis en avait une drôle de notion ! Avait-elle rêvé ou lui avait-il bel et bien proposé un "rafraîchissement" ? Et il lui offrait du thé ? Etrange.

Mais elle n'eut pas le temps de réfléchir à la question, et trouva inutile de la poser. Déjà, Louis utilisait un de ces sorts dont il avait le secret. Un sourire se dessina sur les lèvres de la sorcière lorsqu'elle vit les gadgets dont son ami s'entourait. La table, le bar, les sorts... Elle qui n'arrivait pas à se rappeler la couleur des chaussettes qu'elle avait mises ce matin ne risquait pas de s'y retrouver dans cet amoncellement d'engins techniques...
Elle s'assit à son tour devant l'étrange table qui avait tant attiré sa curiosité la première fois qu'elle était entrée dans cette antre. Elle inclina la tête pour essayer de trouver le mécanisme qui aidait le plateau de jeu à se surélever, en bonne moldue. Elle avait toujours du mal à s'habituer au fait que la magie résolvait quasiment tous les problèmes du quotidien. Sa main survola les tiroirs de gauche, hésitante. Où étaient déjà ces satanées pièces ? Parmis tous ces tiroirs et tous ces meubles étranges, elle n'arrivait jamais à s'y retrouver.
Dans un sursaut de souvenir, elle porta sa main vers la droite, hésita sur le premier tiroir, le dépassa. Elle glissa son ongle dans l'encoche du deuxième tiroir, souleva le couvercle et libéra les pièces d'échec. Elle aimait bien cette version du jeu. Elle avait toujours trouvé le jeu moldu ennuyeux ; et les échecs étaient bien la seule chose qu'Alexiane accordait au monde magique comme un progrès. Elle jeta un coup d'oeil inquisiteur vers Louis, et tendit ses deux points fermés devant elle, par-dessus la table. Sa main gauche serrait un pion blanc, l'autre une pièce noire.


- Voyons qui mènera le combat...

La tête occupée à chercher le bon tiroir, Alexiane n'avait écouté que d'une oreille ce que Louis avait répondu. Attitude blamable, elle le savait, et elle se le reprocha intérieurement. Elle avait saisi au vol les dernières paroles, et se contenta de répondre d'une voix douce :

- Et bien, dans ce cas, je vous remercie d'avoir éveillé ma curiosité... Mais passons, si vous le voulez.

Elle avait toujours du mal avec ce langage qu'elle trouvait ampoulé, mais pourtant, c'était ce qu'elle aimait ici. Le charme de ce lieu, de ce langage, de cet ami, du Fléreur près d'eux. Alexiane observa d'un air amusé l'animal, couché sur la chaise, le museau au ras du plateau. Cette passion pour les échecs qu'avait Smiss était curieuse, et Alexiane aimait voir ses réactions face à leur jeu, leurs attaques et leurs défenses.

- Il y avait longtemps que nous ne nous étions accordé un peu de temps ainsi, pour jouer et parler... Comment vous portez vous, Louis ? Oui, je sais, je suis confuse de proférer ainsi de telles banalités, mais...

Elle se redressa sur sa chaise, et changea totalement de sujet, affichant un air conquérant :

- Je ne me suis pas améliorée depuis. Prêt à me battre à plates coutures ?
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Visite (peu) matinale.

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